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21/10/2013

Roms, Lampedusa : petites phrases et vrais enjeux.

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        Riche, immensément diverse est l'actualité. Pourtant, notre champ de conscience a été abondamment rempli ces derniers jours par deux sujets : une jeune fille expulsée de France avec sa famille et par ailleurs des dizaines et des dizaines de noyés dans le naufrage survenu au large de Lampedusa. Les langues se sont déchaînées, chacun a joué son rôle, un peu celui qu'on attendait. On pourrait dire, dans certains cas, que l'un ou l'autre de nos personnages publics et surtout politiques a même joué son numéro, médiatique ou électoral, ou les deux à la fois.  

        En profondeur, il s'agit de problèmes qui sont ceux de l'Europe avec elle-même (les Roms sont européens au plus haut point) d'une part, et de l'Europe avec les migrations internationales d'autre part, plus particulièrement avec l'Afrique. Il convient d'en tenir compte, et de ne pas en rester à des petites phrases ou à des émotions parfois trop bassement politiciennes... Il convient de sortir de la prison des mots qui font de toutes ces souffrances, de tous ces enjeux, des os à ronger pour affrontements sur fond de racisme, sur fond de peur de l'autre, avec un assaisonnement bien dosé de dénigrement généralisé.  

 

        1. Un poème, c'est (en peu de mots parfois) une vérité plus forte que les mots, plus grande que les phrases, plus essentielle que les raisonnements. Lampedusa est aussi une tragédie dans l'éclair de l'acte poétique.

        Il s'agit d'un poème de Tahar Bekri, qu'on a pu lire, exposé dans un musée à Lampedusa, dès 2011. Voir le site de Babelmed. Lien : Lampedusa tragédie poème.

 

        2. Le naufrage si abondamment commenté survenu à Lampedusa, cela ne représente pas seulement cent, deux cents ou plus encore de personnes qui ont péri en Méditerranée ce jour-là : il faut se souvenir des 17000 morts de ce genre survenues dans le cadre des embarquements désespérés d'Africains, notamment, qui souffrent suffisamment pour oser l'impossible. Il faut donc pleurer, certes, et chanter sa douleur en poèmes. Mais il convient aussi de réfléchir aux causes, et aux moyens à mettre en oeuvre pour y remédier sérieusement.  

        Tidiane Diakité, situant sa réflexion dans le cadre de l'Afrique, pose donc la question : "Pourquoi reste-t-on à la surface, à l'écume des choses, dès lors qu'il s'agit du continent africain ?", et il indique quels sont selon lui les "questions primordiales", sans oublier les actions indispensables pour (dans le cas plus précisément du Mali) "éviter l'émigration des jeunes Maliens vers l'Europe, tout particulièrement vers la France". Et sa réflexion nous emmène encore plus loin sur le chemin de la connaissance qui nourrit la pensée et dirige l'action. C'est sur le blog de Tidiane Diakité, 19 10 2013. Lien : Lampedusa Afrique migrants causes.  

 

        3. Victimes, voyageurs par choix, dans bien des cas voyageurs par nécessité, ils sont aussi européens, ils peuvent être tziganes, ou roms, français ou non. Ici se dresse la stature immense d'un homme qui se fait parole vaste et profonde comme le tragique shakespearien, appel poignant à notre bon sens et à la profondeur de notre humanité.

        Cet homme, cette voix, c'est "Alexandre Romanès, poète, luthiste baroque et directeur du cirque tzigane qui porte son nom". Vaste et splendide coup de gueule, ou cri du coeur avec intelligence, qui nous livre à la fois des épisodes de sa vie personnelle, des vérités sur le cirque, le don des langues étrangères, la culture, sans oublier nos propres moeurs politiques, nos habitudes de pensée, nos façons surprenantes d'obérer nous-mêmes l'avenir de notre société ;  sans oublier non plus ni Lampedusa, ni les Roms, ni les tziganes, ni Léonarda, ni les lois que nous nous sommes données, ni Gandhi, ni le baccalauréat, ni certains inquiétants souvenirs du "bruit assourdissant des bottes".

        Tout ça, c'est trop, ça fait un affreux mélange, ça ne peut pas être vrai, direz-vous... Oui : dans Shakespeare aussi, il y a trop, et c'est trop intense, et la façon de mélanger, si l'on peut dire, pourrait faire présager du pire résultat, alors que le résultat est complet, équilibré dans la transcendance ; et profond, même dans le plus concret et le moindre détail ! Certains, voyez-vous, ont du génie. Le coup de gueule de monsieur Alexandre Romanès nous rappelle que ce monsieur-là, précisément, a du génie. Voir Libération, 17-18 10 2013. Lien : Alexandre Romanès visionnaire du monde.

 

On n'y peut rien : 

la vérité ne se sent pas à l'aise

dans les frontières des esprits mesquins.

Au diable les petites phrases,

et vivent les paradis

du coeur et de l'intelligence

lorsque, fort heureusement,

il se trouve qu'en France,

ça résiste !

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14/10/2013

"Roms" : coeur, culture, musique, école, vivre ensemble !

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        Il est ici question des gens, voisins, musiciens, membres d'associations, politiques, maires, les gens qui vivent, les gens vivants dont le coeur bat au rythme de ce qui est à la fois beauté et bonté, droit de vivre et de grandir, d'aller à l'école, mais aussi de chanter, de partager, d'espérer. Accepter de vivre pleinement, humainement, c'est une forme très haute et parfois héroïque de résistance à l'avilissement des coeurs. Cela demande parfois des efforts, du courage, du discernement, de l'indépendance d'esprit.

 

        Or, tout cela, nous le voyons à l'oeuvre. Osons le dire : il n'est pas fou d'espérer, il n'est pas maladif de partager, il est carrément bon d'être ensemble. La joie est présente parmi nous ! 

 

        A.  Nous renvoyons à un article qui est un hommage à la qualité humaine, à la culture, à la vie du coeur et de l'esprit par la musique d'un peuple qui est à la fois profondément européen et profondément musicien. On se retrouve en compagnie de Maria Tanase, de "lautaris", d'artistes tels Oana Catalina Chitu, Saban Bajramovic et Esna Redzepova. Cela se passe dans le cadre d'enregistrements sur disques ("CD"), et c'est un régal en matière de contemplation  et de plaisir musical. Lire l'Humanité, 11 10 2013. Lien : ROM CULTURE MUSIQUE CD.

 

        B.  Municipalité, population, la grande métropole voisine, tous ont oeuvré, tous ont réussi : des roms ne sont plus dans la boue, dans l'attente de la prochaine expulsion après celle qui les a mis dans le lieu précaire du moment ! Tout au contraire, ils commencent à construire leur insertion, l'assIduité scolaire, la possibilité de penser un futur et de le préparer... L'emploi, l'alphabétisation sont aussi de la partie. Les Roms du "camp" préfèrent désormais parler de leur "petit village", quand d'autres disent plus volontiers "village d'insertion". Mais tous y mettent leur coeur, leur travaux et leurs efforts. Le maire d'Indre a fait preuve d'une belle détermination, sans laquelle la boue et les expulsions renouvelées seraient encore le seul horizon pour les personnes concernées... Lire Frédéric Potet, envoyé spécial à Indre, près de Nantes, in Le Monde, 10 et 12 10 2013. Lien : ROM VILLAGE INSERTION

 

        Il est une résistance aussi simple que la simple vie : car elle est la vie !

 

La France n'étant pas une dictature, 

il convient, et il importe 

d'examiner et considérer librement 

ce qui précède. 

 

23/09/2013

Pauvres parmi nous... Aider ou condamner ?

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        On verra dans les exemples auquels nous renvoyons ci-dessous que malgré le mépris instinctif dont sont victimes les pauvres, les petits, les étranges, les étrangers, il existe bien des façons de réagir dans l'autre sens : celui de la compréhension, de l'intelligence, de l'ouverture d'esprit, sans oublier un réel engagement dans l'action.

 

        a.  Des idées reçues, des condamnations automatiques parfois simplement par le jeu du langage, il en existe beaucoup et elles envahissent facilement nos habitudes, régnant souverainement sur nos pensées et nos émotions, sans être remises en question. Eh bien, un livre "répond point par point à plus de 80 de ces idées reçues sur la pauvreté". Ceci parce qu'il conviendrait plutôt de "se connaître au lieu de s'ignorer". Et pour dépasser les "discours faciles". A voir sur le site des Editions Quart Monde, 2013. Lien : PAUVRES VICITMES de PRéJUGéS.

 

        b.  Les préjugés et les idées reçues n'épargnent pas les Roms ! Des mises au point, solidement étayées par des sources sérieuses, sont apportées sur le site de Romeurope. Lien : ROMS PRéJUGéS

 

        c.  Constatant la présence de personnes victimes de l'exclusion sociale, Vinci Park et la SNCF joignaient leurs efforts et se mettaient au travail. Cela remonte à 2011. Voir Categorynet, octobre 2011. Lien : SANS-ABRI AIDE COORDONNéE

 

        d.  Un jeune a commis des actes très graves, et il a été condamné à la réclusion à perpétuité. MAIS il était mineur au moment des faits. L'instinct (qui nous habite plus ou moins, et qui est susceptible de surgir plus ou moins fortement...) peut pousser à trouver cela convenable. Pourtant, ce n'est ni certain, ni légal ! Il convient donc de lutter pour que ne disparaisse pas la justice qui tient compte de la minorité, et pour que soit respectée la charte des droits de l'enfant ! Site de Défense des enfants international (DEI-France), 12 09 2013. Lien : JUSTICE MINEURS DROITS de l'ENFANT.  

 

        Bonnes lectures, la France vit au rythme de ses indignations humaines et engagées. 

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22/07/2013

Des uns, des autres, et des Rroms

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        a/  Devant un campement de 120 personnes, une voix du Front national se fait entendre : expressions, vocables, style, on lira ce que nous en révèle Charlotte Rotman in Libération, 25-26 04 2013. Lien : UNE VOIX AUTORISéE DU FRONT NATIONAL

        b/  Au bidonville de Ris, au bord de la nationale 7, une petite communauté de fortune avait vu le jour. Les difficultés posées à la ville étaient réelles. Réelle également, la situation exécrable de ces personnes en situation très difficile. Les politiques, les habitants, les associations et d'autres encore adoptèrent des attitudes et des comportements fort variés... La ligne d'horizon, c'était le 3 avril 2013 à 4 heures du matin, point de rebondissement dans le tragique ! Lire Agathe Logeart in Nouvel Observateur, 24-27 04 2013. Lien : BULLDOZER à RIS

        c/  Présence de la présidente du Front national devant un campement de personnes. Son attitude est mise en perspective avec celle d'autres acteurs politiques, ainsi qu'avec la façon dont la presse fait grand cas de certains faits et peu de cas de certains autres faits. Pourquoi, par exemple, ignorer les paroles, les actes, le courage et l'exemplarité de telle personne, Rrom, alors que rien ne semble justifier un tel traitement, un tel silence, un tel manque d'engagement ne serait-ce qu'intellectuel, informatif ? L'article est assez sévère, et malheureusement ce n'est pas forcément à tort, loin de là ! Lire Laurent Ott, instituteur, in Rue89, 27 04 2013. Lien : Roms, médias, vérité humaine

 

        d/  Pour des personnes bien définies, et de façon renouvelée, le tragique s'est montré capable d'acharnement. Incendie d'une usine où elles s'étaient réfugiées, plusieurs décès à déplorer dans cet incendie, puis logement provisoire dans un gymnase avant un nouveau retour à la rue ! Un député réagit dans le même sens que le MRAP, des associations s'expriment... Un enfant ne doit pas être mis à la rue comme si ce n'était rien ! On parle même de "honte" : car la résistance à la bête cruauté n'a pas disparu de la France, pardi. Hier encore, dans la France en guerre, un cardinal déclarait qu'un enfant juif qui souffre est un enfant : de même pourrait-on dire aujourd'hui qu'un enfant Rrom qui souffre, c'est un enfant qui souffre...  Mais revenons aux faits de la période actuelle. Lire Delphine Roucaute in Le Monde, 29 05 2013. Lien : ENFANT à la RUE UNE HONTE

        e/  Dans un communiqué, la Ligue des droits de l'Homme dénonce des propos tenus à Nice par le "président d'honneur du Front national", propos jugés scandaleux. La LDH lance un véritable cri d'alarme : le Front national montre là son "racisme" et sa "xénophobie", sa "haine de l'autre". Site de la Ligue des droits de l'Homme, 05 07 2013. Lien : RACISME XéNOPHOBIE HAINE DE L'AUTRE.

        f/  Les diverses attitudes d'hostilité envers l'étranger, ou celui qui est différent de nous, ou celui qui nous gêne, la haine de l'autre, toutes ces choses et d'autres encore ne relèvent pas stricto sensu de l'appellation de "racisme". Mais tout cela existe et il nous faut le voir en face si nous voulons essayer de nous comprendre nous-mêmes, et de comprendre aussi notre histoire, pour faire face plus lucidement aux problèmes présents et à venir.  Une solide culture historique et critique au sujet du racisme, notamment, ne fait jamais que du bien à l'intelligence et au coeur, et ne peut que fonder et éclairer la conduite de l'action sous diverses formes. C'est pourquoi, dans la mesure où tout cela est pris en compte à merveille dans un ouvrage qui nous est cher et qui approfondit les préoccupations que nous venons d'exprimer, nous aimerions signaler une nouvelle fois à nos lecteurs la parution du "Dictionnaire historique et critique du racisme", par et sous la direction de : Pierre-André Taguieff. Voir la présentation faite sur le site de France culture. Lien : P.-A. TAGUIEFF DICTIONNAIRE HISTORIQUE CRITIQUE RACISME.

 

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        Il n'est pas question de faire ici une élégante synthèse des informations diverses, voire disparates que le lecteur pourra puiser dans les référneces données ci-dessus par des liens hypertextes. Mais on constatera, tout particulièrement si on se plonge dans le bel ouvrage de Pierre-André Taguieff, que les mots ont un sens, que notre histoire est d'un intérêt passionnant, qu'elle est riche en enseignements, et que les horreurs du présent ne paraîtraient pas totalement nouvelles, encore moins inédites, à nos parents, grands-parents et même plus loin dans le passé. 

        On verra aussi, à la lecture des informations au présent, comme à celle du "Dictionnaire" cité, que des discours et des théories abominables peuvent s'installer de façon dominante et dominatrice dans une population à une période donnée de l'histoire. Des discours et des théories abominables peuvent se glisser dans l'air du temps. Dans ces moments-là, même des chercheurs, des écrivains, des artistes peuvent être corrompus par l'erreur en vogue. Erreur du sens, erreur du coeur, erreur commise par chaque personne ou par des peuples entiers ? L'histoire nuance ses propres vérités et les combine à l'extrême. Il faut vraiment se plonger dans la lecture de ce "Dictionnaire", sans oublier de lire le quotidien, l'aujourd'hui, cette préparation de demain. Chères lectrices, ou lecteurs, bonnes lectures, bonnes vacances peut-être !

 

Estival.

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28/04/2013

Les Français veulent un roi

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        "... ... le plus impopulaire des présidents.... ..."

(d'après un sondage)

 

 

 

        Mais partons de quelques réalités plus ou moins sondagières, justement ! 

 

        A.  Un sondage donne 75% des Français partisans d'un "gouvernement d'union nationale". Cela n'est pas sans évoquer les idées de François Bayrou et son ambition de "rassembler" en transcendant les frontières politiques. JDD, 27 et 28 04 1013. Lien : SONDAGE UNION NATIONALE.

 

        B. On pourrait profiter de cette occasion pour voir ou revoir ce qu'était le programme économique du candidat à l'élection présidentielle Françoois Bayrou : sinon, comment parler sans connaître ? Voir L'Expansion, 19 03 2013. Lien : PROGRAMME CANDIDAT BAYROU.  

 

        C.  L'utilisation des sondages est-elle une façon de faire donner par le peuple des leçons de bonne conduite au président de la Répuglique ? La publication régulière des résultats de sondages peut-elle guider les pas d'un Prmier ministre ? Toujours est-il que le sondage mentionné ci-dessus (A. ) indiquerait d'abord et avant tout en quel piteux état se trouve l'opinion publique en France : face aux réalités, la France a peur ; face au monde politique et à ses responsables, la France se situe dans le manque de considération. De quoi désespérer. Pas forcément de quoi tisser une union nationale ! Lire Pierre Haski, Rue 89, 28 04 2013. Lien : FRANCE OPINION EN RUINES

 

        D. Si la fable "Les grenouilles qui demandent un roi" ne peut évidemment pas rendre compte de la situation politique actuelle, elle ne manque pas d'un certain à-propos quant à notre façon de nous comporter collectivement, et à l'insatisfaction permanente dont nous faisons preuve depuis longtemps dans notre pays (voir dans ce blog ce qui relève du "dénigrement"... Site Poésie webnet. Lien : GRENOUILLES ROI

 

        E.  Nous avons eu des rois, en France. Lorsque François Hollande nous engage au Mali, il retrouve les pas d'un passé qui a, plusieurs siècles avant le nôtre, préparé la figure d'une partie d'un grand continent, notre voisin... "Louis XIV et l'Afrique noire", ouvrage de Tidiane Diakité, montre la complexité, l'humanité et l'importance pour les siècles suivants de ce qui concernait notre ancien monarque et l'Afrique, d'hier à aujourd'hui. Le roi, en ce temps-là, agissait selon son pouvoir, certes, mais aussi selon les exigences et les immenses ressources de la relation personnelle, fortifiée par l'amitié, l'estime, la compréhension. Il y eut des erreurs, de la grandeur, toutes sortes de valeurs bonnes ou moins bonnes de part et d'autre ! Mais la lecture de ce livre récemment paru est bonne conseillère, et d'excellente culture pour l'esprit, même si elle n'est pas de nature sondagière ! Voir  site des éditions arléa. Lien : ROI FRANCE HIER AUJOURD'HUI

 

POURQUOI PARLER DE "ROI"

SI LES SONDAGES N'EN PARLENT PAS ?

 

        D'abord, parce que les sondages n'ont pas posé la question. Ce que France résiste aurait pu oser faire. Mais les personnes interrogées se seraient sans doute montrées surprises, hésitant bien souvent à donner une réponse immédiate à une préoccupation si inhabituelle. 

 

        Alors, en fin de compgte, les Français ne veulent peut-être pas d'un roi : un roi, on n'en change pas tous les sept ans, voire depuis peu tous les cinq ans, quinquennat oblige ! Un roi, ça n'est pas issu des urnes, encore moins des sondages ! Un roi, ça ne se remplace pas au bout d'un an au lieu de cinq parce que le peuple a faim d'emplois réels (ça, c'est bien) et d'effets d'annonce à effet garanti (ça, on y a trop goûté pendant cinq ans) !

        Mais les Français veulent un roi : un roi, on peut le critiquer et le tourner en ridicule, quand il est capable de ne pas vous intenter un procès pour outrage à roi ! Un roi, on peut le placer au-dessus des pouvoirs régionaux, au-dessus des batailles de partis, des féodalités, des rivalités ! Un roi, c'est une forme de sérénité, une sorte de confiance lointaine, que même les critiques populaires ne sauraient atteindre. Une sorte de François Hollande divinisé. 

        Car les Français ont déjà un roi : avec son pouvoir de diriger lui-même le gouvernement, avec ses querelles de palais ! Avec son caractère, son vocabulaire et ses façons d'agir. Avec son peuple qui gronde. Avec, en matière de politique internationale, ses relations personnelles très humaines quand il le faut, très décidées lorsque cela convient.

        Alors, pourquoi un "gouvernement d'union nationale" ? Parce qu'avec ça les Français seront servis : ils auront un gouvernement de féodalités opposées, les rigoristes contre les relanceurs de pouvoir d'achat, les européens contre les nationalistes, les pro-Merkel contre les contre-Merkel ! Ils auront tout cela, qu'ils ont déjà ! Mais en plus, ils l'auront dans la même équipe ! Pour tirer en sens inverse, ils s'y mettront à tous, à Matignon, sur la même ficelle ! Et pendant ce temps, les critiques de la population se multiplieront comme jusqu'à présent, mais les critiques pourront tirer dans tous les sens, sur "tout ce qui bouge" au gouvernement ! Et la vérité, c'est que plus rien ne bougera, les forces contraires se neutraliseront mutuellement, si bien que la seule chose bien vivante en France sera la tension. Ou plutôt, peut-être, la critique. Ou plus encore, sans doute, le découragement. 

         Surtout, il faut à la France un roi : non pas pour rêver devant la beauté de ses fastes ou la hauteur de sa fonction, comme pourraient le faire des nations étrangères . 

        Non, en France, si nous devenions monarchie, nous aurions un roi pour le tourner en dérision ! Et nous aurions le pouvoir d'en changer : un roi remplaçable pour cause de besoin d'une nouvelle cible pour le sport favori des Français : le dénigrement !

        Alors, si nous en arrivons un jour à ce point de perfection dans l'art de dénigrer, alors paraîtra l'étoile de l'espoir populiste extrême, l'étoile de la haine et du racisme, l'étoile du dénigrement dirigé vers des cibles préalablement désignées : sans-papiers, Roms, immigrants venus en barques ou bateaux de fortune, si bien que le mécontentement des Français aura enfin une bonne, une vraie cible, sur laquelle un consensus sera établi.  On aura enfin élu un roi qui saura détourner de sa personne l'animosité du peuple, un roi qui sera capable de diriger la colère, d'orienter le mécontentement ! Quelques personnes humaines en feront peut-être les frais, mais l'ordre régnera de nouveau, et ces personnes ne seront pas nommées et respectées comme des personnes mais feront partie de catégories : arabes, musulmans, priants "de rue", sans-papiers, illégaux : par exemple... Et qu'est-ce que vous pariez que le royaume alors fondé sur de telles bases sera plus stable ? Il sera devenu, peut-être, aussi solide, aussi durable, aussi "pérenne" (drôle de mot...) que le règne de monsieur Vladimir Poutine... (Voir ce mot dans le blog "France résiste", et chercher celles ou ceux qui ne le vomissent pas, voire qui l'admirent peut-être, depuis la Norvège jusque chez nous)... 

        Les Français, telles les grenouilles de la fable, réclameront jusqu'aux cieux qu'on leur donne un autre roi, lorsqu'ils auront fini par souffrir de la belle royauté stable et solidement établie, impossible à modifier tous les sept ans, tous les cinq ans, tous les ans. Mais la réponse sera la même que sous la plume de Jean de La Fontaine. Dès lors, les Français devront apprendre à dénigrer, critiquer, se moquer, ridiculiser le pouvoir comme ont appris à le faire, depuis des siècles jusqu'aux jours de Poutine, les Russes. 

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24/10/2012

Misère, enfants roms, mineurs en détresse et devoirs de l'Etat

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        A.  Des roms quittent leur "camp". On se pose des questions sur l'attitude des habitants du quartier, on évoque ce qu'en a dit une responsable politique, et on s'interroge au sujet de l'application (ou plutôt de l'inhumain manque d'application) d'une circulaire d'août 2012. Le maire, UMP, incite et invite à la raison. Du côté de la Ligue des Droits de l'Homme, la prise de position est non seulement claire, mais de nature à réveiller les consciences. Nous sommes ici confrontés à toute l'épaisseur, complexe et riche, de la dimension humaine d'un problème de campements roms. Et de tout ce qui l'entoure. Le Monde, 28 09 2012. Lien : ROMS DéPART INTERROGATIONS

        B.  La police française vient au secours d'enfants roms qui étaient "obligés de voler". Et s'ils ne volaient pas de façon suffisamment efficace, ils étaient victimes de mauvais traitements. Une action a été menée, parallèlement, en Roumanie. Ce qui tend à montrer que justice, humanité et bonne entente internationale sont non seulement des rêves, mais aussi des réalités. Il est juste et équitable de se souvenir que sous le précédent quinquennat un bon travail avait été fait pour mettre en place l'action concertée avec les autorités roumaines. NouvelObs, 25 09 2012. Lien : ENFANTS EXPLOITéS

        C.  "Concorde", association d'éducation populaire, accueille des mineurs isolés. Un jeune rom se trouve dans l'une de ses "maisons" parce que le patron chez qui il travaillait, ainsi que la police française, l'ont aidé à rejoindre ce lieu, véritable secours et chance inespérée pour lui : il ne savait pas comment se soustraire aux agissements d'un père qui ne le laissait pas en paix. On trouvera d'autres exemples du rôle joué par des responsables de foyers "Concorde" dans le reportage de Fabrice Tassel, in Libération, 27 09 2012. Lien : JEUNES VEULENT VIVRE

        D.  Le gouvernement se rend-il compte qu'il menace de priver des enfants roumains de leur scolarité ? "Défense des Enfants International-France" élève une protestation vigoureuse, d'une absolue rigueur juridique et intellectuelle. Le gouvernement ne peut que se grandir s'il en tient compte et lui fait droit. DEI-France, 01 10 2012. Lien : ENFANTS ROUMAINS DROITS HUMAINS

        E.  L'évacuation d'un camp de roms à Noisy-le-Grand s'est faite, encore une fois hélas, sans qu'interviennent les mesures prévues officiellement pour accompagner ce genre d'événement. Pendant que l'autorité parle de "décision de justice", les roms et les associations qui les soutiennent invoquent le droit de "vivre" ! On remarque à cette occasion la présence et la détermination du mouvement associatif. NouvelObs, 15 10 2012. Lien : ROMS VIVRE

        F.  C'est par une pléthore d'associations et mouvements de défense des droits de la personne humaine qu'a été signé le communiqué du 17 octobre 2012, à l'occasion de la "journée mondiale du refus de la misère". Il est tristement question de graves souffrances qui concernent des "enfants", des "bébés". Il est question aussi du manque d'application des mesures officielement prévues en matière de relogement, de scolarisation, d'accompagnement social lors des évacuations de camps. La révolte de tous ces mouvements et associations est à la hauteur du scandale humain. Ce n'est pas peu dire ! A voir sur le site de DEI-France, 18 10 2012. Lien : ROMS OBLIGATIONS DE L'ETAT

Nous venons de faire un petit tour en France 

et nous avons croisé pas mal de monde. Et voilà qui 

donne sérieusement à réfléchir. 

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12/08/2012

"Roms" : Romeurope, associations, ministre de l'Intérieur, riverains solidaires

 

     a. / Au Secours catholique, quand on pense "Rroms", on pense aussi au collectif Romeurope, et à la lettre par laquelle ce collectif s'est adressé au Premier ministre pour lui demander la mise en place d'un moratoire sur les expulsions. Pour le Secours catholique, comme pour d'autres associations d'aide humanitaire, "roms" évoque le soutien apporté quotidiennement, la défense de la dignité des personnes, la lutte pour la scolarisation des enfants ou en faveur d'un retour "viable" dans le pays d'origine... Site du Secours catholique, 05 07 2012. Lien : DIGNITé.

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        b. / A Rue89, dans le regard de Laurent Burlet et Leïla Piazza les roms sont inséparables des habitants, voisins, sympathisants, membres d'associations qui les ont soutenus aussi activement que possible. Il est question aussi d'expulsions, d'errance, de discours (en progrès par rapport au précédent gouvernement) et d'actes (encore très problématiques, ou du moins pas du tout assez rassurants). Pour ce qui est de la cohérence entre discours et actes, on a constaté une absence aussi bien de concertation que de propositions de relogement ! Et ceci précisément est contraire aux discours. Voir l'article de Laurent Burlet et Leïla Piazza dans Rue89, 09 et 10 08 2012. Lien : DISCOURS ACTES

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        c. / Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, parle de "concertation", de "fermeté", et vise l'accès au logement et au travail pour ces roms en faveur desquels il n'a, de toute évidence, que les meilleures intentions. NouvelObs, 08 08 2012. Lien : INTENTIONS.  

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        d. / Nouvelle variante de la sensibilité et des mots si l'on se rapporte à l'article signé par trois parlementaires et un membre du CNDH Romeurope : les roms sont des citoyens européens, ils sont justifiés à accéder au droit commun, et sont pourtant victimes de marginalisation, de "discriminations quotidiennes", contraints de partager ce genre de souffrances avec de nombreux autres citoyens. Et ils relèvent, tout comme leurs compagnons en infortune sociale, du domaine de compétences de la ministre chargée de la lutte contre l'exclusion. Lire Pouria Amirshahi, Christian Favier, Jean-Yves Leconte, Laurent Ghozi in Le Monde, 08 08 2012. Lien : CITOYENS EUROPéENS

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        e. / A propos d'Europe, justement, la Commission européenne s'inquiète et décide de veiller à la façon dont la France applique la réglementation européenne à laquelle elle a adapté sa propre législation. Législation, application, "obligations internationales" (de la France envers les citoyens européens) sont donc les termes en lesquels la réalité "roms" est présente dans les préoccupations de la Commision, inquiète. Le Monde, 10 08 2012. Lien : INQUIéTUDE

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        f. / S'exprimant à nouveau, le ministre de l'Intérieur répond à ces inquiétudes. Il est donc question d'actions légales, qui se trouvent ainsi fort justifiées, certainement... On a parfois affaire à des "campements insalubres", ou à des personnes de nationalité étrangère "en situation irrégulière". NouvelObs, 10 08 2012. Lien RéGULARITé 

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        g. / Des voisins, des riverains, des sympathisants, des membres d'associations ont exprimé leur soutien à ces roumains qui ne causaient aucun problème et qu'on se promettait d'expulser. L'expulsion, a-t-on appris, était annulée : pour de bon, ou simplement repoussée, s'interroge le blog de LibéLyon daté 10 08 2012. Lien : SOUTIEN ROUMAINS

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        h. / Revenons encore aux amis des roms avec Alain Fourest et sa lettre au ministre de l'Intérieur, datée du 30 07 2012. "Est-ce bien vous qui avez... ?", interroge-t-il ; et il répète la question à plusieurs reprises, comme étranglé par l'indignation. Pour lui, la réalité "roms" est un appel urgent (notamment en ce qui concerne le ministre en question) à se ressaisir, à écouter... C'est aussi la réalité des "bulldozers", comme celle de l'indignation de "quarante neuf prêtres"... Lire la lettre d'Alain Fourest sur le site de Romeurope. Lien : INDIGNATION

 

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     Comme on le voit, le sort de centaines de personnes porte en lui non seulement les complications de la responsabilité politique, mais aussi celles des problèmes matériels, humains, administratifs inévitables (hélas !), ET AUSSI la part essentielle faite (dans notre pays) à la valeur (la haute valeur) de nos pensées et de nos actes. Le ministre ne doit pas se sentir seul, nous ne devons pas l'abandonner lorsque sa tâche est particulièrement délicate : nous sommes tous prêts à penser droit, agir juste, c'est à dire conformément au droit, à la dignité, à l'humanité. Personne n'en doute, ni lui ni nous ? Mais cela va encore mieux en le disant, tiens, pardi ! Puisque, ainsi que nous nous évertuons à le redire, ces choses-là sont difficiles... Ce qui n'est point excuse, mais plutôt "raison de plus" pour bien faire. Vigilance, es-tu là ?    

 

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