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24/07/2012

"Musulman" : islamophobes, précédente majorité, nouvelle majorité

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     1./ Pour les auteurs de certaines inscriptions, une mosquée ou une tombe musulmane n'ont pas de place dans le langage du beau ou du sacré, il n'y a pas lieu d'admirer, de se recueillir, de prier, d'aimer, de comprendre, de faire la part des choses... Cela, et bien d'autres attitudes sans doute, ne fait pas partie du langage (si l'on peut dire) de ceux qui s'autorisent ce qui revient à des "profanations" ! Leur langage, c'est cette forme de violence bien particulière, ce sont des actes symboliques, des actes qui rendent à nouveau présents les méfaits d'une autre période de notre histoire ! Cela existe encore chez nous, un exemple en a été fourni en mai de cette année, pratiquement au moment où le pouvoir changeait de mains. Voir Libération, 17 05 2012. Lien : ISLAMOPHOBIE

    2./ Mais une grande mosquée vient d'être inaugurée à Cergy. Il est intéressant de voir comment elle a pris corps, on pourrait dire comment elle a pris corps devant nos yeux mais aussi dans les esprits. Prenant la parole lors de l'inauguration, Manuel Valls a en quelque sorte tourné la page d'une ère politique désormais révolue. Et c'est tant mieux ! On pourra lire Bernadette Sauvaget dans Libération, 06 07 2012. Lien : DROIT D'ÊTRE MUSULMAN

    3./ Les actes anti-musulmans ont-ils diminué depuis les dernières élections ? Oui, si l'on en croit le président du CFCM ; et même si l'on doit se contenter d'un optimisme prudent, suivant la formule bien connue. Mais tout de même, là encore nous avons peut-être le signe qu'une page vient d'être tournée. Au moment où il relève ce motif d'espoir, le président du CFCM s'exprime aussi sur d'autres points d'actualité. Voir NouveObs, 20 07 2012. Lien : SOCIALISTES APAISEMENT

    On est parfaitement en droit de se demander si, par hasard, la présence des socialistes à l'Elysée, à Matignon et dans les deux Assemblées ne serait pas tout simplement propice à une vie apaisée ; plus que ne l'était, semble-t-il, l'influence de la précédente force de Pouvoir... On peut se le demander ; on a le droit de se poser la question...      

 

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25/06/2012

"Lieu" : chômeur, musulman, étranger, sans-abri, pauvre

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    a  Le chômeur trouve-t-il, comme on le supposerait volontiers, un lieu pour rencontrer de futurs employeurs ou du moins des personnes capables de l'aider dans ses recherches ? Ce lieu, à savoir Pôle emploi, s'avère bien plutôt l'endroit rêvé pour ne pas faire de rencontres ! Une dizaine de témoignages illustrent, et plus rarement tempèrent cette triste impression... Le Monde, rubrique Economie, 25 06 2012. Lien : PÔLE EMPLOI FURTIF

    b  Le croyant, de religion musulmane, trouve-t-il dans sa mosquée le lieu d'une prière apaisée, fidèle, discrète et porteuse d'une amicale bonne entente avec les habitants du quartier ? C'est ce qui apparaît en tout cas si l'on considère ces pratiquants dont la mosquée présente le charme du "sous-sol d'une maison traditionnelle" dans un quartier ordinaire... Le Monde, blog de Frédéric Potet, 25 06 2012. Lien : MOSQUéE DISCRèTE

    c  Pour l'étranger, venu en France dès 1996, et dont l'aîné de ses deux enfants est autiste, le territoire français est aussi le territoire où il lui est possible de faire face à la terrible épreuve, où il lui est possible de vivre heureux avec son épouse et leurs enfants (tous deux nés sur le sol français). Mais pour l'autorité, en avril 2012, l'étranger était surtout l'objet d'une OQTF (obligation à quitter le territoire français). Le père a été soutenu par des amis, des solidaires, des membres de RESF parmi lesquels Madame le maire ! Un recours a été introduit, on attend maintenant de savoir quelle suite lui sera donnée... Le territoire français, terre d'asile, terre de salut, terre de bonheur familial est aussi terre d'expulsion, mais encore terre de solidarité et d'amitié fraternelle. NouvelObs, 23 06 2012. Lien : TERRITOIRE FRANçAIS SOLIDARITé

    d  Pour le pauvre, le sans-abri, la rue est le lieu du dernier espoir : peut-être celui de la rencontre, de l'amitié, du partage ? Et peut-être en fin de compte l'occasion de trouver un abri ? Que nenni ! La rue est le lieu qui suffit pour mourir dans l'indifférence et l'oubli, le lieu aussi des promesses politiques non tenues. Le "Collectif des morts de la rue" n'est pas indifférent, il n'est pas le complice silencieux de cette indignité et de cette inhumanité. Lire Christian Sauvage, journaliste et éditeur, in Rue89, 21 06 2012. Lien : RUE MORT INDIFFéRENCE

    A lui seul, le mot "lieu" est une scène de théâtre. Ou plus exactement le théâtre complexe aux mille visages de notre vie, de nos vies. Et souvent, le lieu auquel on pense n'est pas du tout ce que l'on croit : il faut s'y rendre pour voir, et pour croire... 

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04/02/2012

Racisme, xénophobie, islamophobie : discours ? actes ?

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    1.  C'était à Montbéliard. Un lieu de culte musulman a été incendié. Et que faut-il penser de discours qui encouragent la xénophobie ? Site du parti socialiste, 10 11 2011. Lien : MUSULMAN MONTBéLIARD.

    2.  A Villeneuvet-sur-Lot : tentative d'incendie de la mosquée, inscriptions nazies. Mohammed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman, condamne et rappelle que c'est le quatrième acte de ce type en deux semaines ! Site de Oumma.com, 20 11 2011. Lien : MOSQUéE VILLENEUVE-SUR-LOT.

    3.  Peut-on parler d'une "islamophobie galopante" ? Sur le sujet, rien de tel que de se reporter à d'aussi bonnes sources que la Sous-direction de l'information générale (SDIG), ou encore M. Zékri, président de l'Observatoire de l'islamophobie, grâce à Oumma.com, 03 02 2011. Lien : ISLAMOPHOBIE.

    4.  Des tombes d'anciens combattants, à Carcassonne. Certains ont remarqué que ces anciens combattants étaient musulmans, et ont éprouvé le besoin (?) de s'exprimer (?) par des inscriptions racistes et des croix gammées. La finesse (?), si l'on peut dire, de la démarche est condamnable et ces actes sont effectivement condamnés par le secrétaire d'Etat aux anciens combattants. Notons que les injures mentionnaient "juifs" et "arabes". De la finesse, donc ! Du goût ! Est-on en France ?  cf. Nouvel Obs, 26 et 27 12 2011. Lien : INJURES CARCASSONNE.  

    5.  Mosquée de Déclines, dans la banlieue de Lyon : les faits sont "d'une extrême gravité", et l'on évoque de nouveau, comme le faisait le parti socialiste (voir ci-dessus 1.), certains discours tenus en haut lieu, plutôt de nature à encourager qu'à décourager des idées fort répréhensibles ! Cette fois, la protestation contre le racisme est émise par l'UJFP, Union Juive Française pour la Paix. Communiqué du 20 12 11, sur le site de l'UJFP, 21 12 2011. Lien : MOSQUéE DéCLINES

    6.  Il fut un bal, à Wien (Österreich), capitale de la musique de Mozart à Shcoenberg et autres "grands" de la plus merveilleuse beauté ; et dans cette ville, il y a peu, dansèrent des personnes aux idées fort intéressantes ! Une dame de chez nous fit le déplacement. On peut se demander qui étaient ses relations, et si c'étaient ses amis, avec qui elle avait décidé de danser. On peut également constater qu'en France on réplique parfois à l'horreur par l'humour, on sait organiser un bal ouvertement non raciste, et ce n'est pas étonnant car on s'appelle du reste Sos racisme et UEJF (organisation étudiante). Rue89, 29 01 2012. Lien : BAL POUR VIVRE ENSEMBLE.

La France n'étant pas une dictature,

il importe, et il convient de considérer

et examiner librement ce qui précède.

 

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02/05/2011

Quel est le contraire de l'incitation à la haine ?

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    Le contraire de l'incitation à la haine, ce n'est pas le prêchi-prêcha.

    Le contraire de l'incitation à la haine, c'est peut-être un site web, ou un conseiller politique auprès d'un grand mufti, ou encore un pape dont on a beaucoup parlé en ce début du mois de mai, comme probablement chacun s'en est rendu compte.

    C'est peut-être un site web, en effet, car il nous donne l'occasion de lire tout le bien que pense de Jean-Paul II monsieur Mohammad Al-Sammak, conseiller politique du grand mufti au Liban. Il est impossible de résumer le texte de ce musulman convaincu : rien ne peut "rendre compte" des précisions données sur les actes du célèbre pape en matière d'ouverture d'esprit et de rapprochement avec l'islam ; et rien ne peut non plus "rendre compte" de l'émotion de monsieur Mohammad Al-Sammak telle qu'on peut la "lire", la percevoir dans cet article plein d'admiration, de reconnaissance, d'estime... Même si ces émotions ne sont pas forcément dites de façon explicite, on est saisi par elles et on les éprouve comme s'il s'agissait d'un récit, d'une histoire. Pourtant, il s'agit de réunions, de projets, de prières !

    Ce n'est pas le but de ce blog que de faire l'inventaire des sujets religieux aussi bien quand ils contrarient la paix que quand ils la favorisent. Pourtant, force est de constater que l'air du temps est à parler beaucoup de religions, de communautés, de rites ! De prières, de mosquées et de rues ! Et il se trouve qu'au lieu de calmer les passions, cela semble favoriser plutôt la peur, la méfiance, la division...

    Alors, une fois n'est pas coutume : bien qu'il arrive que de mauvais esprits mettent, trop souvent, la religion au service du ressentiment et de la division, le contraire aussi se produit ;  par exemple lorsque des religieux, tranquillement, disent adieu au temps des croisades et se mettent à prier ensemble, y commpris les uns pour les autres. Et entament une nouvelle ère de compréhension, de respect mutuel, de paix. 

L'article est un peu long : c'est une vraie lecture, merci à l'auteur ! Et à Oumma.com en date du 01 05 2011.

10/04/2011

Etranger, qu'est-ce à dire ?

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    L'étranger (pour dire les choses en dix points, de 1 à dix) :

    1./  voile une partie de son visage 

    2./  a pour religion la religion musulmane 

    3./  essaie de s'introduire, pour y vivre, entre un grillage et une muraille 

    4./  excite le Pouvoir au point de lui faire oublier que la Constitution française commence par l'Article 1er 

    5./  profite, aux frais du contribuable, du confort et du réconfort que prodiguent nos "lieux de rétention" 

    6./  est parfois venu en France de façon légale, mais même sous cette forme la venue d'étrangers n'est pas forcément comprise comme une bonne chose par certains

    7./  est susceptible de s'arrêter miraculeusement aux frontières de la France, comme semble en rêver tel proche du Pouvoir

    8./  fut gratifié, en des temps très antiques, d'adjectifs flatteurs et bienveillants : étaient-ce donc des temps barbares ?

    9./  fut religieusement associé, d'une façon hautement sacrée et divine, au verbe "accueillir", et justement, ô merveille, ces temps-là étaient à l'origine des nos origines chrétiennes si revendiquées

    10./  donne lieu, chez certains en France, à une lueur d'espoir et d'humanité, oui, il s'agit toujours de l'étranger, nous ne nous sommes pas égarés. Voici du reste, ci-dessous, quelques liens pour lectures complémentaires et justificatives de ces dix "points".

§

    1.//  Le niqab est interdit en France. Elle ne porte qu'un voile, comme autrefois nos religieuses catholiques portaient une infinie variété et diversités de voiles (formes, couleurs, avec ou sans cornettes...) : voilà qu'on lui refuse l'entrée dans le collège de son enfant ! Vive la concierge ! (rue 89, 08 04 2011). 

    2.//  Le Pouvoir donne l'impression de croire que si une personne adhère à la foi musulmane, elle est étrangère. Cela surprend, mais on peut tenter de comprendre en lisant libération 09 12 2009

    3.//  Tels les vagabonds qui inspiraient l'effroi dans les siècles passés de l'histoire de France, ils poussent le Pouvoir à les pourchasser, ils sont "harcelés par les autorités françaises" qui va les chercher entre mur et grillage. C'est dans rue89 07 04 2011

    4.//  Il ne renâclait pas à l'idée de mettre à mal l'Article Ier, le Pouvoir, en demandant des mesures ciblées de façon ethnique ! Il a fallu que SOS Racisme s'en mêle, pour éviter le pire à notre Constitution ! Site de SOS Racisme, 07 04 2011

    5.//  Parce qu'ils sont étrangers, ils ont droit à l'un de nos "lieux d'enfermement des étrangers". Un sénateur et une sénatrice s'en sont allés voir ça de près. Site de la Cimade, 01 04 2011

    6.//  Le Pouvoir donne des signes qui semblent permettre de penser qu'il pourrait avoir des vélléités de s'en prendre à l'immigration légale. Incroyable ! Le pavé est lancé dans la mare (mot d'origine scandinave, "marr", soit dit en passant), et cela fait beaucoup de vagues, du tintamarre, si bien que même à droite y en a marreFrance terre d'asile 08 04 2011

    7.//   L'un des ministres du Pouvoir percevrait-il mal la réalité ? S'imaginerait-il que les tunisiens arrivés à nos portes ne pourraient que s'arrêter, figés sur place comme dans un miracle, au moment de franchir nos frontières ? Une autre personnalité politique déclare à propos de ces tunisiens qu'ils "ne rentreront pas en France". Evidemment, ils ne "rentreront" pas, car il faudrait pour cela qu'ils fussent d'abord entrés puis repartis et revenus vers notre cher pays pour y entrer une nouvelle fois ("r"entrer). Surtout, de tels propos, de telles idées donnent envie de constater plus en détail ce qui se passe dans les hautes sphères, au-dessus de nos têtes et du niveau habituel de notre vie de petits français. L'info est venue par rue89 08 4 2011

    8.//  L'étranger se vit adresser la parole. C'était il y a fort longtemps, et on s'adressa à lui par ces mots : "vénérable étranger", ou "noble étranger". Le site de Philippe Remacle nous dévoile ces immenses réalités du langage et de la civisilisation, on peut aller voir aux numéros 406 et 461, en descendant dans la page qui s'ouvre

    9.//  Nous voici maqintenant dans un lieu au sens figuré du mot "lieu" : nous sommes dans la Bible (vous savez ? Nos racines chrétiennes, non ?) et le mot "étranger" ne peut pas être séparé du mot "accueillir" : c'est sacré. Qu'on le veuille ou non, ce sont nos racines, et il faudra bien s'y faire ! Site Steinbach68 : "Accueillir l'étranger dans la Bible".  

    10.//  Changeons d'époque, comme de lieu, voire de local : dans un Centre Régional de Documentation Pédagogique, l'air est laïc, la pensée aussi. On s'intéresse à l'avenir, on apprend à vivre avec l'autre, avec celui qui est différent, ou encore celui qui vient d'ailleurs. C'est curieux comme les parallèles que sont la Bible et la laïcité* peuvent se rejoindre, et pas seulement à l'infini, pour une fois. Ici, près du futur, auprès des plus jeunes, l'humain est humain sans fausse pudeur, et l'amitié entre les peuples se bâtit dans la simplicité et le bonheur. Site du CRDP de Créteil.

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* (Il s'agit bien évidemment de la laïcité, et non pas du voile baptisé "laïcité" jeté négligemment sur le mot "débat" si bien que le mot "islam" se trouve caché (voilé) aux regards du public...).   

13/03/2011

Le Pouvoir s'intéresse à l'islam, aux musulmans, à la laïcité, à la liturgie

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    Tout cela fait beaucoup, mais le Pouvoir est généreux ! L'essentiel est d'occuper les esprits. On fixe l'attention des gens, on leur désigne un sujet de débat. Le mot "musulman" fait désordre ? Qu'à cela ne tienne, on parlera donc de la "laïcité". Marine se frotte les mains de joie et promet à qui veut l'entendre que son rival juré agit envers elle comme le plus aimable des alliés : en faveur de son élection (à elle !) à la présidence de la République ! 

    Tout cela divise. Tout cela agite, inquiète, trouble aussi bien dans le domaine des idées que dans celui, plus essentiel, des émotions. 

    Les mots disent "laïcité", mais les émotions retiendront : la peur de l'islam, la division entre citoyens français, ainsi qu'un sentiment d'insécurité au niveau politique. Tout cela décrédibilise la parole publique, et fragilise l'exercice de la démocratie.

     Tout cela est lamentable. 

    A quelque chose malheur est bon : l'indignation s'exprime, et pas seulement chez les vilains gauchistes, progressites et autres partisans des droits, du Droit, de la Constitution : l'indignation est partagée par des membres de l'UMP, des proches du Pouvoir, des musulmans engagés à droite et même aux côtés du Pouvoir. C'est pourquoi nous faisons ici quelques suggestions de lectures :

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  Le grand débat : laïcité, ou musulmans, prière etc... !

 

    1. Annuler le débat, tel est le souhait de Mohammed Moussaoui, président du CFCM : le monde en ligne, 09 03 2011

    2. Un bon et salutaire rappel des prises de position de l'homme au Pouvoir : sur la laïcité, la religion, les racines chrétiennes, comme sur sa propension à cajoler l'électorat musulman et plus souvent catholique par des déclarations, discours, démarches... La rétrospective et le sens à lui donner, c'est à lire dans l'article de Tristant Berteloot dans nouvelobs en ligne 06 03 2011

    3. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris ; Abdallah Zekri, militant UMP, en situation de responsabilité aussi bien à la Grande mosquée de Paris qu'au sein du CFCM, aumônier musulman; Abderrahmane Dahmane (voir ci-dessous n° 6) ; madame Chefia Mentalechta (s'exprimant au nom d'une association) : ils ont pris position, et c'est clair ! Cela va de "Ne touchez pas au sacré de notre religion" (il faut dire que le Pouvoir commençait à toucher à la liturgie, donc à un élément central de la religion) jusqu'à la destruction publique, par un musulman UMP, de la carte de son parti, en passant par des appels à ce que, dans ce blog, nous appellerions volontiers une certaine forme de résistance. Si vous ne devez lire qu'un seul article, s'il vous plaît choisissez celui-ci, qui figure dans libération en ligne 11 03 2011

    4. Laurent Wauquiez mérite lui aussi une place prioritaire dans le choix des articles à lire... On le croyait si proche du Pouvoir, mais ce qu'il dit est parfaitement clair, c'est même incisif quoique sans agressivité déplacée, et la découverte de ses déclarations est réconfortante pour la démocratie. Il prend position : laïcité, front national, islam, élections, tout y passe, c'est de la lumière, c'est la révélation d'un Laurent Wauquiez clair et précis qui ira jusqu'à voter PS si c'est le seul choix qui lui reste dans quelques jours. A ne pas manquer : nouvelobs en ligne 11 03 2011.

    5. Nathalie Kosciusko-Morizet fera le même choix au second tour des élections cantonales, si nécessaire. Car elle place les valeurs fondamentales de la République plus haut que le seul succès électoral d'un parti politique. Elle n'essaiera pas de gagner en disant que "tout se vaut" : elle fait donc preuve d'une belle capacité d'indignation, en pensée et en actes. C'est dans marianne2.fr du 09 03 2011

    6. Abderrahmane Dahmane, qui fut secrétaire national chargé de l'immigration à l'UMP ; puis, à l'Elysée, conseiller technique chargé de la diversité, s'exprime au sujet de la façon dont les choses se sont passées tout récemment pour lui... Et surtout il indique comment il perçoit le paysage politique autour de lui, et plus particulièrement comment il a observé chez le détenteur du Pouvoir des évolutions qu'il a trouvées regrettables, décevantes. Il répond aux questions de Mathieu Deslandes pour rue89 12 03 2011.  

Bonnes et saines lectures ! 

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20/12/2010

"Qu'ils disparaissent !" Tricadio, ou le conte pour un coeur endurci

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 Avertissement : à part le numéro 9, tous les liens 

contenus dans ce message renvoient à

des messages antérieurs dans ce même blog

(on les quitte donc par la flèche "retour", en haut à gauche).

Mais dans chacun de ces messages se trouvent

des liens dont chacun ouvre une nouvelle page...

    Il était une fois un petit bonhomme de quelques années nommé Tricadio. Il avait le nez rond, les yeux grands, et les oreilles fines. Comme il s'ennuyait chez lui, il sortit et partit à l'aventure.

    Dans le premier village qu'il traversa, il vit une troupe de femmes très tristes. Elles avaient beaucoup souffert, elles avaient trouvé un lieu d'accueil où on les aidait à reprendre espoir. Et puis, ce lieu fut fermé, elles ne furent plus aidées et devinrent profondément désespérées. Dès que Tricadio eut entendu leur histoire, son coeur se durcit, il se mit à haïr ces femmes et déclara : "Qu'elles disparaissent!" Aussitôt, les belles et jeunes femmes tristes s'évaporèrent, et formèrent un gros nuage placé si haut, si haut dans le ciel que nul ne pouvait le voir. Tricadio se réjouit et continua sa route. Et d'1

    Un peu plus loin, il remarqua un panneau qui indiquait la direction d'une grande ville. Il pressa le pas et se retrouva bientôt devant une édifice laid, crasseux et sordide dont il comprit plus tard que c'était un hôpital. Des gens étaient assis à même le sol et discutaient entre eux dans une langue étrange. C'étaient des demandeurs d'asile, qui avaient fui leur pays en guerre parce que des ennemis avaient détruit leurs maisons et menaçaient de s'en prendre à leurs vies... Un personnage revêtu d'une blouse blanche passa, et Tricadio lui demanda ce que ces étrangers faisaient là. Il lui fut répondu : "Ils veulent se faire soigner, mais ils n'ont pas de papiers, et ils sont malades, et ils ne sont pas français". Tricadio, dans son petit coeur enfantin, avait horreur des étrangers, des malades et des gens sans papiers. Il s'écria donc aussitôt : "Qu'ils disparaissent" ! Les demandeurs d'asile fondirent comme neige au soleil et se retrouvèrent quelque part si haut, si haut dans le ciel qu'on ne pouvait même plus les apercevoir. Tricadio fut heureux. Et de 2 !

    Habile comme il l'était, notre petit héros trouva le moyen de prendre le train, puis de se faire accompagner en taxi, mais gratuitement, jusqu'à un ensemble de tours et constructions diverses, le tout entouré de force barbelés, et équipé de dizaines de caméras de surveillance. Cela lui plut et il s'approcha. Il ne put rencontrer personne mais comprit, en lisant les quelques mots affichés sur la porte, que c'était un lieu d'accueil pour des gens que la France n'avait pas l'intention de garder sur son sol. L'idée d'accueillir ces gens-là, même pour quelque temps, déplut au plus haut point à l'enfant si suave, et il lança joyeusement : "Qu'ils disparaissent" ! Les portes s'ouvrirent et une foule de gardiens sortit en courant et en hurlant : "Les étrangers ont disparu, ils se sont évaporés comme des nuages". Tricadio savait bien, lui, que les étrangers de ce camp de rétention étaient quelque part dans le ciel, si haut que nul n'aurait pu soupçonner la présence de leurs ombres parmi la foule des étoiles. Il eut chaud au coeur. Et de 3 !  

    Comme il avait beaucoup aimé le train et tout ce qui s'y rattache, il revint à la gare et tomba par hasard sur un wagon isolé, apparemment abandonné, au bout d'un quai désert. Inspectant le wagon par pure curiosité, il entendit des cris : c'était un paraplégique, assis dans un petit fauteuil roulant, et que tout le monde avait oublié d'aider à descendre sur le quai. Arriva, sur le quai précisément, une bande d'étudiants à qui Tricardio essaya d'adresser la parole. Rien à faire : ils parlaient entre eux, et si fort qu'il n'y avait pas moyen de se faire entendre ! Figurez-vous qu'ils avaient passé un examen difficile, un examen écrit, dans des contitions épouvantables, sans même une table pour poser la feuille sur laquelle, en principe, ils devaient rédiger leur devoir... Ils parlaient donc de ce malheur, ainsi que de plusieurs autres : par exemple, des haïtiens qui n'avaient pas de papiers avaient été interdits d'entrée sur le sol français, et aussi une employée avait été traitée comme une bête de somme ou quelque chose comme ça... Tricadio, un peu comme le lecteur de ces lignes, commençait à en avoir assez et hurla : "Qu'ils disparaissent" !Dans le wagon, sur le quai, mais aussi en ville et même de l'autre côté de l'océan, des personnes disparurent et furent déportées bien loin, quelque part entre notre planète et la lune. Elles étaient donc là, perdues dans le vide, elles étaient devenues transparentes, translucides, invisibles... Ouf ! Et de 4 !

    Cette fois, Tricadio était fatigué de la ville. Il se rendit dans une grande banlieue et découvrit avec effroi le nombre impressionnant des gens qui se trouvaient là, en particulier des gens qu'il n'aimait pas. Ne me demandez pas pourquoi, mais il ne les aimait pas. En somme, il aurait bien voulu être seul dans sa grande banlieue. Ah, ça, c'est une idée, se dit-il. Et, se tournant vers tous ces gens qu'il ne voulait plus voir, il déclara tout doucement, en penchant un peu la tête pour avoir l'air tout doux, tout doux (c'était divin à voir, car 'en plus', il clignait des yeux...) : "Qu'ils disparaissent". Des milliers de gens s'envolèrent dans une grand fracas de battements d'ailes. Bientôt, la banlieue fut un véritable désert. Un gros nuage fait de milliers de 'gouttes de plumes' planait au fond du ciel, très haut... Tricadio soupira d'aise : "Et de 5 !" 

    La nuit fut calme, les logements laissés vacants offraient nourriture, télévision et de quoi dormir confortablement. Ce fut un repos bien mérité ! Et voilà notre jeune explorateur reparti en quête de nouveaux paysages dès le lever du soleil. Mais que se passait-il ? De drôles de chants résonnaient à ses oreilles... S'approchant, il trouva une foule de musulmans en prière. Quand le mot musulman parvint à son esprit, Tricadio fonça sans détour ni autre forme de procès : "Qu'ils disparaissent " !  Et de 6 !

    Ah ! Enfin la route retrouvée ! Quelle joie, après ce passage en ville ! L'espace redevenait ample, la marche se faisait plus souple, l'air était pur, une chanson vint fleurir sur les lèvres de l'enfant courageux. En tout cas, il ne s'ennuyait plus, et il se félicitait d'être sorti de chez lui. Ses parents se faisaient-ils du souci ? Le cherchaient-ils ? Un instant, Tricadio faillit prononcer la phrase magique qui aurait envoyé deux personnes de plus dans la foule des nuages et des astres.. Mais, sans trop savoir pourquoi, il ne dit rien. Perdu dans ses pensées, il n'avait pas remarqué qu'il se trouvait maintenant entouré d'une foule de chariots, caravanes, véhicules divers et personnages pittoresques. La conversation de tout ce brave petit monde allait bon train, évoquant le fichage ethnique, la police, des enfants placés en rétention... Or, c'étaient des roms et des gens du voyage, et tout cela déplut à Tricadio qui aimait les choses bien en ordre. Pensant aux roms placés devant lui, à tous les autres gens du voyage qui se déplaçaient en France en cet instant précis, à ceux de ces gens qui se trouvaient en sa présence avec la troupe des roms, pensant même aux enfants placés en rétention quelque part, il ne put s'empêcher de frémir de peur et de haine, et prononça sans le savoir les mots "Qu'ils disparaissent !", si bien qu'un grand vide se fit : d'abord autour de lui et tout de suite après en d'autres lieux de ce monde. Il éprouvait une intense satisfaction. Ouvrant larges ses bras d'enfant, le regard perdu dans le bleu du ciel, il se mit à chanter une vieille chanson. Quel bonheur ! Et de 7

    Tricadio se sentait maintenant à l'abri de toute rencontre. Car, faut-il vous le dire cher lecteur, et néanmoins chère lectrice, la vue d'une personne vivante était odieuse au coeur de notre jeune héros ! Donc, il se sentait libre, en sécurité, tranquille quoi ! Hélas ! Un enfant, juste un enfant, un seul, était assis au coin d'un bois. Il n'avait pas mangé depuis longtemps, il avait un ulcère à la jambe que personne n'avait soigné. Il avait son cartable d'écolier  à côté de lui mais ne pouvait pas aller à l'école. Il aurait pu remédier à tout cela à condition d'avoir un peu d'argent, mais il était totalement démuni de tout, il n'était qu'un enfant, un "mineur", perdu au milieu de nulle part, sans la moindre famille. Il ne parlait pas français. Tricadio piqua une colère dont il ne se savait pas capable. "Qu'il disparaisse !" sortit de sa bouche, de son gosier, de son coeur, comme un petit boulet de canon : boum ! Et l'enfant sans abri ni parents ni argent disparut dans une étincelle étrange, une étincelle orange, une étincelle de celles que fait ma soeur quand elle est en colère et se mêle de faire la vaisselle. Une étincelle que les mains de ma soeur renouvellent dans un bruit de crécelle. En tout cas, il ne restait plus rien : plus rien du jeune mineur étranger pauvre et non scolarisé. Cette fois, notre enfant Tricadio au caractère héroïque sentit sa poitrine se gonfler de bonheur (et de fierté). Il était au septième ciel, comme on dit. Et de 8 (voir plus particèlièrement vers la fin du message ainsi ouvert) !

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    Dans un souci d'honnêteté inellectuelle, et par respect pour la vérité, il nous faut (à notre grande honte) compléter cette histoire par une dernière information: Tricadio n'était pas tout à fait à l'abri d'une nouvelle rencontre, puisqu'il croisa, dans une modeste bourgade, l'Enfant Jésus. L'Enfant Dieu s'était transformé en une simple image, pour "faire plus sage" (c'est ce qu'il disait, mais pouvait-on le croire ?) et il trônait pour ainsi dire en pleine rue, sous le prétexte fallacieux que c'était "bientôt la Noël" ! Fou de rage, saisi par une sainte colère, Tricadio redit une fois encore : "Qu'il disparaisse !", et le célèbre enfant sage comme une image repartit vers l'endroit d'où il était venu, nom de Dieu ! Oh pardon, mon Dieu... Mais c'est vrai, après tout, il faut de l'ordre dans les choses, et le ciel est fait pour avoir ses propres locataires. Et de 9 (rue89 du 18 12 2010) !

Comme tout dans ce conte relève de la stricte vérité, nous nous e xcusons auprès de nos lecteurs et promettons de ne plus dire choses si tristes ! Promesses tenues ? On verra...        

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