Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/09/2014

Résister par les mots

.

        A. La nomination de Najat Vallaud-Belkacem a été saluée par les médias d'une façon qui, parfois, est étrangement révélatrice ! Certains termes utilisés ne résistent pas à la simple analyse de leur sens, et l'on voit alors qu'ils nous en disent plus long sur ceux qui les choisissent, ces mots, que sur la personne dont ils parlent ! C'est par la réflexion, l’intelligence que l'on peut résister dans ce cas à la fausse logique aveugle et sournoise de la haine raciale. Lire Mathieu OLIVIER in Jeune Afrique, 03 09 2014. Lien : LE POIDS RACISTE DES MOTS.

 

        B. Il est question ici de ce que les mots veulent dire : "réfugiés, apatrides, clandestins, migrants, exilés, déplacés". Non, il n'est pas possible de mettre tout le monde, comme l'on dit, dans le même sac ! Les mots un un sens, et connaître les mots, c'est respecter les situations, comprendre les personnes, accueillir dans son intelligence la diversité et la complexité des situations. Voilà un bon moyen de résister à la haine, et tout particulièrement à ce grand allié de la haine : l'amalgame simplificateur. On lira l'article écrit grâce à la contribution d'Anaïs GIROUX, site de Youphil, 29 07 2014. Lien : LES MOTS CONTRE L'AMALGAME RACISTE

 

        C. Non, on ne laissera pas se répandre tranquillement un "cocktail toxique à base de caricatures et de démagogie sur l'immigration et le droit d'asile". Non, on ne permettra pas, par un silence complice, que ce "fatras de mensonges" pollue l'air que nous respirons. Non, on ne permettra pas que soit oublié ce devoir fondamental des médias : veiller à éviter l'emploi "de raccourcis, de glissements sémantiques et d'approximations". Et dans le cas présent, on évitera ainsi que soit rabaissée, "un peu plus chaque jour", l'image que l'on a des demandeurs d'asile. Car la caricature, même constituée par l'utilisation de glissements sémantiques ou d'approximations, n'est pas acceptable !  Lire, donc, Pierre HENRY, directeur général de France terre d'asile, sur le site de France terre d'asile, 11 08 2014. Lien : Médias déformations approximations

 

        D.  Au moment de la rentrée scolaire, à laquelle tous les enfants d'âge scolaire ont droit, puisque tout simplement il s'agit d'un droit, leur droit, on ne doit pas se payer de mots. Un collectif y veille. Un site lui a donné en quelque sorte la parole, pour les enfants roms : le site de DEI-France, 01 09 2014. Lien : NE PAS SE PAYER DE MOTS

 

        CONCLUSION : les mots sont des actes. Les pensées sont des actes. Nous l'avons souvent dit ici même dans ce blog : la première conquête dont rêve l'Immonde, c'est celle de nos cerveaux. Lorsque nous participons, sans trop nous en rendre compte en général, à l'amalgame, à l'approximation, à la caricature, à une certaine discrétion de l'intelligence face au bruit ambiant, face à l'opinion à la mode, face à la mentalité qui a le vent en poupe, nous préparons, sans trop nous en rendre compte en général (bis repetita placent), l'infantilisation de nos esprits et de nos actes. Il faut, de toute urgence, comme nous en avons montré des exemples ci-dessus, que France résiste, résiste par les mots, par le sens des mots, par l'intelligence que la Bête abhorre.  

       Comprendre et aimer ne font qu'un. Certains n'aiment guère l'un, et négligent l'autre, ou l'inverse... En tout cas personne n'est à l'abri et la résistance commence en chacun de nous. 

       

        

 .

27/07/2014

La vision du mal hypnotise et tue le coeur.

.

        Les médias font bien, très bien même, quand ils rapportent les faits, décrivent les situations, brossent le tableau d'une réalité insupportable. Guerres, accidents, violences, haine, manifestations qui dégénèrent, tout cela est bien vrai, et il faut en parler, on doit en parler. Sans oublier bien sûr les faits divers et les gens qui "pètent les plombs".

 

       Cependant...

        Trop de conscience du mal qui sévit pourrait finir par détruire la capacité à réagir. Voir les choses en face, c'est bien. Mais gare à ne pas nous laisser hypnotiser ! Nous pourrions rester là, les yeux fixés sur les images de souffrance, et le cœur pétrifié, refroidi par la peur. Tout simplement et en toute innocence, nous pourrions sans nous en rendre compte glisser un peu plus loin, un peu plus bas vers davantage de haine...

        Alors, les nouvelles sont mauvaises ? __Oui, mais encore ? 

        Prenons pour exemple la guerre qui sévit à Gaza et les manifestations à ce sujet à Paris et dans d'autres villes de notre pays.

 

 

guerre,gaza,haine,images de souffrance,manifestations,médias,ong palestine,paix,peur,politique israélienne,réconciliation,soutien aux palestiniens

 

        1. En France, la haine a fait une apparition remarquée dans quelques manifestations de soutien aux Palestiniens. Faut-il ne plus penser qu'à environ quatre cents personnes  violentes dans un rassemblement d'à peu près quatre mille manifestants ? Au moment même où de nombreux autres rassemblements se déroulaient sans incidents ? Lire Benoit Floc'h, Faïza Zerouala, Emma Paoli in Le Monde, 27 07 2014. Lien : Manif excités.

 

        2.  En Israël même, tout n'est pas haine et désir de guerre. Faut-il donc passer sous silence ou réduire à la portion congrue le rassemblement, à Tel Aviv, de plusieurs milliers de personnes qui ont protesté contre la politique israélienne à Gaza ? Ces manifestants représentaient notamment des "organisations qui cherchent une solution de paix", même si cela déplaisait fortement à d'autres israéliens, d'extrême-droite, présents sur le même lieu. Lire Zafrir Rinat, sur le site de Youphil, 27 07 2014. Lien : Tel Aviv Israéliens pour la paix.

 

        3.  Le Comité israélien contre les destructions de maisons (palestiniennes), abrégé et en anglais ICAHD, est une organisation israélienne qui s'efforce de rebâtir, aussi bien au niveau matériel que dans les cœurs ! Les actes sont concrets, et la pierre maniée avec courage s'efface parfois devant le beau travail de restauration de la fraternité, là où la haine, fruit de la souffrance et de l'angoisse, avait fait son lit. On trouvera sur la page de présentation de l'ICAHD un lien vers son site internet, en anglais. Voir tout d'abord, donc, le site Plateforme des ONG françaises pour la Palestine. Lien : ISRAËL RECONSTRUIRE MAISONS ET ESPRITS

 

        4. Pour mieux connaître la "mouvance propalestinienne" en France, son histoire, ses composantes, les difficultés d'hier et d'aujourd'hui mais aussi les raisons d'espérer, rien de mieux que de recueillir la parole d'un expert en la matière : Marc Hecker, chercheur à l'IFRI (Institut français des relations internationales). C'est ce qu'a fait Faïza Zerouala, journaliste au Monde. Le Monde, 25 07 2014. Lien : PROPALESTINIENS divers et variés.

 

        5.  Pour en revenir à la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, elle comprend un grand nombre d’associations ou ONG "membres", ainsi que des "membres observateurs". Tout cela est présenté sous forme de liens qui ouvrent autant de sites web et permettent de se faire une idée précise sur ce long répertoire du militantisme éclairé. Comme cela, si la lectrice ou le lecteur éprouve le besoin de se montrer prudent et réservé à l'égard de telle ou telle ONG par exemple, il ou elle pourra exercer son jugement de façon concrète et bien renseignée. Et il en va de même dans le sens contraire, c'est à dire celui de l'approbation et de l'admiration. Voir (de nouveau) le site de Plateforme des ONG françaises pour la Palestine. Lien : MEMBRES PLATEFORME ONG POUR PALESTINE

 

        6.  La Paix Maintenant est l'expression, en France, des actes et des aspirations du mouvement israélien "Shalom Ackhshav", qui milite "pour la réconciliation avec le monde arabe". Voir le site de La Paix Maintenant. Lien : PAIX MAINTENANT.  

 

 

guerre,gaza,haine,images de souffrance,manifestations,médias,ong palestine,paix,peur,politique israélienne,réconciliation,soutien aux palestiniens

 

 

        CONCLUSIONS :

 

        Donc, les nouvelles sont mauvaises, la haine grandit dans le monde, la guerre éclate partout, la France est menacée par l'univers tout entier, les planètes, les galaxies, la crise, les étrangers, sans compter les autres, les trains ne vont pas bien, les avions déraillent et ceux qui ne déraillent pas tout seuls se font tirer dessus ou rencontrent des obstacles qui ne devraient "en aucun cas se trouver" sur la voie. Oui, les gens ont tendance à perdre la boule, l'économie va mal, la croissance n'est pas suffisante, tout se bloque, les éléments naturels eux-mêmes se mettent de la partie. Et alors ? Mais encore ? Et quoi de plus ? Et qu'allons nous faire ?

        __Rien, sinon sourire à tout ce qui est beau, accueillir tout ce qui est bon, allumer une chandelle dans la nuit éternelle et faire un geste constructif en pleine Apocalypse. Ce n'est peut-être pas très glorieux, mais c'est tout ce qui nous reste. Et ce sera aussi une façon de nous montrer moins injustes envers celles et ceux qui, dans des conditions bien plus pénibles que ne le sont les nôtres, gardent l'amour et le pardon dans leur cœur pourtant torturé par la guerre, l'insulte ou la misère. Dans la situation présente, c'est ainsi et pas autrement que, très modestement et très tranquillement, France résiste !

.

 

08/04/2013

Puérils ou responsables, qui sommes-nous donc ?

.

         L'atmosphère sulfureuse dont les médias se font l'écho présente presque des apparences de jeu : un jeu au cours duquel des choses bien réelles (hélas !) tendraient à attiser la consternation, l'indignation légitime, et aussi le dénigrement dont nous sommes nombreux à faire notre régal (hélas !)... Le dénigrement mettrait en pièces, encore hélas !, la classe politique. Puissent les lignes qui précèdent se révéler fausses et sans fondement !

        Toujours est-il que le jeu existe, même à l'état adulte si l'on peut dire, et de façon sociologiquement observable lorsque c'est le dénigrement qui en est l'enjeu (alinéas 1/ 2/ et 3/ ci-dessous). 

        Dans les cours de récréation, nos enfants jouent de façon dangereuse. Et proprement sidérante... (ci-dessous 4/).

        Or, le gouvernement lui aussi s'intéresse aux jeux. Ah, est-ce enfin l'espoir ? (ci-dessous 5/).

        Mais les règles du jeu peuvent changer, et c'est le cas lorsque ce qu'il est convenu d'appeler l'affaire Cahuzac devient, par un tour de magie sans trucage ni espièglerie, une heureuse "nouvelle" (voir 6/ ci-dessous). 

        Enfin, on passe de nouveau de l'horreur à la construction politique lorsque les inquiétudes éveillées par certains mots (Cahuzac, Augier) subissent tout à coup une métamorphose et prennent les allures d'un changement pour le meilleur... et pas pour le pire (ci-dessous 7). 

        Tout étant dit, ou presque, on est en droit de se demander si la France n'est pas en train de jouer avec ses propres peurs, ses propres miasmes, ses propres cauchemars. Et le résultat, c'est que nos cerveaux font un long cauchemar et se trouvent coupés de la réalité : une réalité beaucoup plus belle, dans laquelle des partis, des syndicats, des militants, des ministres, un président, construisent. N'y a-t-il pas dans ce jeu de la peur, dans ce cauchemar, une préparation profonde au populisme le plus bête qui soit, qui commencerait à régner sur nous par le dénigrement acharné, baptisé d'un nom savant commençant par "b" dont le sens n'est ni exclusivement anglais, ni le moins du monde chinois ? 

 

 

        1/  On a fait, avant même que n'éclatent les plus récents sujets de scandale et d'indignation, des critiques répétées, systématiques, particulièrement riches et variées en provenance de l'opposition de droite, à l'encontre du président François Hollande. Il fut même de bon ton d'appeler cela du "Hollande bashing", ce qui présente l'avantage de paraître savant (un mot étranger...) et moderne (un mot anglo ou saxon, ou quelque chose de ce genre ?). Et puis, quand on parle des gens qui font du "bashing", on se rémémore subconsciemment des sports tels le canyoning, le trekking, le karting... Peut-être n'est-il pas très bon de laisser des parfums de jeu, de sport, se mêler à l'acharnement dans la façon de dénigrer celui qu'on n'aime pas parce qu'il n'est pas d'un certain bord politique ? Ou parce qu'il a été élu, et se trouve donc bien placé, en France du moins, pour devenir une "cible" (voir notre référence à la langue chinoise, par pure coïncidence). Le "bashing" est une pratique de dénigrement qui s'inscrit dans le cadre d'un groupe. Lire Geneviève Bernard Barbeau, in Revue Signes, 30 01 2012. Lien : Revue signes Geneviève Bernard Barbeau.    

BERNARD BARBEAU Geneviève. Le bashing : forme intensifiée de dénigrement d’un groupe. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], 8. La force des mots : valeurs et violence dans les interactions verbales, 30 janvier 2012. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=2478. ISSN 1308-8378.

         2/  Le sens de l'anglais "bash" comporte le fait de frapper, l'idée de cogner, la possibilité de "rosser" une personne. Le mot en lui-même est un véritable acharnement ! Et c'est précisément l'un des charmes de ce mot anglais, que d'être assez bien traduit par l'idée, en français, de l'acharnement dans la façon de dénigrer : de façon collective, plus ou moins concertée, en tout cas concertante, concentrée sur une même cible... Voir Reverso Dictionnaire. Lien : BASH

        3/  Par pure fantaisie, on peut se demander ce que pourrait nous révéler le début de "bashing", c'est à dire "ba", en chinois mandarin.

 Rien de plus simple : après avoir ouvert le lien 3/ ci-après, écrivez ba dans l'onglet de recherche du site de Chine Nouvelle,

puis cliquez sur "options"

et cochez (ou simplement laissés cochés) le choix "caractères simplifiés",

et le choix "prononciation pinyin".

Ceci étant fait, lancez "Recherche", et découvrez que "ba' peut signifier "cible", c'est l'un de ses multiples sens.

Bien sûr, il ne s'agit là que d'une idée fantaisiste de l'auteur de France résiste, sans rapport avec la réalité du bashing appliqué à Hollande François. Site de Chine Nouvelle dictionnaire. Lien : CHINOIS

 

        4/  "Jeux dangereux et pratiques violentes", font l'objet d'une étude particulièrement bienvenue de la part de l'Education nationale. Et c'est horriblement "édifiant", si l'on peut dire... Ministère de l'Education nationale, bureau de la santé, de l'action sociale et de la sécurité, CNDP -CRDP. Lien : JEUX DANGER MONDE SCOLAIRE

 

        5/  Le gouvernement s'intéresse aux jeux vidéo. Enfin un espoir ? Enfin le service de l'enfant, de sa santé mentale, de sa sécurité, de son hygiène ? Enfin on se soucie de ce qui fait l'enfance de nos enfants et la jeunesse d'esprit des jeunes de notre pays ? Eh bien voilà : il est question de "l'innovation et la compétitivité", le confort neurologique de nos petits chéris ne figure pas au programme. Or, nos enfants font partie des utilisateurs de jeux vidéo, non ? Lire Laurent Checola, in Le Monde, 04 04 2013. Lien : JEUX VIDEO QUEL ENJEU

 

        6/  L'affaire Cahuzac nous montre que la France n'est pas laide, elle est belle. L'actuel exécutif s'est montré à la hauteur. France exemplaire, c'est maintenant ! Et en actes. Lire Laurent Neumann in Marianne, 04 04 2013. Lien : FRANCE EXEMPLAIRE

 

        7/  Répondant à Sud Ouest Dimanche, Marcel Gauchet s'exprime au sujet des affaires Cahuzac et Augier. Il y voit la possibilité pour le président Hollande de tenir ses promesses : tout particulièrement en s'attaquant au problème des paradis fiscaux, et en le faisant dans le cadre de l'Europe. Ainsi, nous pouvons estimer, avec plaisir, que les scandales ne servent pas seulement à alimenter notre manie du dénigrement : ils peuvent servir tout aussi bien à donner un coup de fouet au changement dans le bon sens, au changement pour le meilleur, et pas pour le pire. Sud Ouest, 07 04 2013. Lien : Scandales pour aller de l'avant

Dénigrement à la française,

sacré garnement,

en as-tu pris pour ton compte,

alors que je viens de m'acharner 

contre toi, 

comme on pourrait le faire 

à la foire 

en jouant au jeu de massacre

 contre des boîtes de conserve

ou des bouteilles qu'il faut atteindre,

   ou faudra-t-il te dénigrer davantage ?

            

04/03/2013

La violence envahit d'abord nos pensées

.

 

A. Le monde que nous leur avons fait !

 

        L'enfant s'éveille, il entend les oiseaux. Il pense à sa mère, à son père, sa grande soeur et son tout petit frère, il pense à tout ce qu'il aime, à tout ce qui est beau... Stop ! Ceci est absurde et nous devons revenir à la réalité, la vraie, celle du monde que nous avons fabriqué, et que nous imposons à nos enfants : ce monde-là n'est pas fait d'oiseaux et de beauté seulement, loin s'en faut !

        Si les notions qui envahissent nos cerveaux (par la force des images, des écrans, des "musiques", des publicités) se transformaient un de ces jours en menus gastronomiques, nos enfants profiteraient bien sûr des repas en notre compagnie et le menu offert serait par exemple :

 

Midi : pape

Soir : pape

Midi : pape et lasagnes

Soir : lasagnes et pape

Midi : lasagnes sans pape

 

        Jours suivants : lasagnes, et les épices habituels qui refont surface intensément, sous la forme d'assassinats, coups de poings, coups de couteaux, balles, fusils, armes à feu, cadavres, vengeance, règlements de compte, argent, drogue, désespoir, aliénation, chantage entre élèves. La liste n'est pas exhaustive. Le cerveau de nos enfants absorbe, conserve, grandit et se fortifie dans la "culture" qui les entoure et les imprègne : culture d'agressivité, de peur...

 

        Mais voici déjà l'heure de partir à l'école. La violence est au rendez-vous, et commence entre jeunes dès que la parole est utilisée. Violence du verbe, violence verbale. Un nombre hélas beaucoup trop grand d'élèves reviennent de leur journée de classe traumatisés, tendus, parfois même malades de peur : chantage, menaces, jeux violents ne conviennent pas forcément à la nature humaine ! 

 

        Les informations du soir, en famille, permettront de reprendre contact avec la succession des menus gastronomiques. Jugez plutôt :

Soir après la classe : mariage gay et une pincée de faits divers, on devine le genre

Midi en "wikend" : mariage pour tous et un soupçon de cheval dans les lasagnes

Soir : Violences d'une manifestation contre le mariagee gay  ou le mariage pour tous. Rappel de la cruauté en Syrie, deux ou trois coups du genre couteau ou arme à feu, un chantage, un cadavre retrouvé.

 

        Lendemain matin au réveil : Syrie, Tunisie, Mali, effondrement économique, effondrement boursier, catastrophes sur le plan des usines, de l'emploi, de la production, des échanges commerciaux.

 

         Messages de dernière minute : comme d'habitude, chauffeur agressé, policier agressé, épicière violentée, marchand de bonbons passé à tabac juste en face de la boutique du buraliste, chauffard ivre (en manque de sommeil, d'amour et de drogue), septuagénaire dévalisé, actrice enlevée, avion détourné, train en panne : la liste n'est toujours pas exhaustive. 

 

        Menu du soir, après un bon dimanche passé essentiellement devant des écrans : enfin un menu sans pape, ni lasagnes, ni mariages quels qu'ils soient, ni manifestations pour, contre, et autres ! Tout pour le sport : ouf ! 

 

        La part de la réflexion dans tout ça, elle a été très importante du côté des journalistes qui ont commenté, présenté... : car notre niveau intellectuel en France est intense,

 

        et de toute manière le propre du journal d'information est d'informer, y compris lorsque les nouvelles sont atroces. Les journalistes n'ont fait que leur métier. 

 

 

 Mais : 

 

        Comme la réflexion suppose une certaine prise de distance, ou de recul par rapport aux réalités de l'émotion, de la peur, de l'horreur, eh bien la réflexion n'a guère laissé de traces dans la mémoire, en particulier celle des plus jeunes de la famille. Ce sont les émotions, les violences, les horreurs qui ont "marqué" et laissé leur empreinte. 

 

        Tout ça, c'était un aperçu de notre petit monde d'aujourd'hui, imposé à nos enfants. Il faut y ajouter les jeux sur écrans, qui aideront peut-être l'enfant ou l'ado à finir sa journée tranquillement en apprenant à traquer, démasquer, viser, tuer...  

        Tout cela donne aux jeunes esprits de quoi "contempler", c'est à dire fortifier leur vie intérieure, l'enrichir dans la délicatesse et la beauté ? Oui ? Tu parles !  

 

 

 

B. Et le monde qui se prépare ?

 

 

        Il ne suffit pas de dresser un tableau même approximatif du monde que nous avons construit et que nous imposons à nos enfants ! Il importe de jeter un petit coup d'oeil sur ce qui se passe, sur les préparatifs, les inquiétudes, les bonnes ou les mauvaises intentions qui feront le monde de demain. Ainsi :

 

1/ quelques adultes de haute et grande autorité se préoccupent des conséquences que peuvent avoir les images violentes (il faut dire que ça, c'est "pas mal").

2/  avant même de s'intéresser aux plus graves problèmes de violence à l'école, on affirme en milieu gouvernemental que c'est au "climat scolaire" qu'il est urgent de prêter attention (à notre humble avis, cela n'a pas été fait au moment souhaitable : c'est à dire il y a cinquante ans, et chaque année, chaque mois, chaque jour depuis). Judicieux : car le "climat" pèse sur l'enfant chaque jour, et on l'avait un peu oublié, en soulignant surtout les épisodes les plus spectaculaires, les faits divers tragiques.

3/  Des forces idéologiques se mobilisent, de Moscou à Paris, pour créer demain une télévision identitaire sur internet. "Identitaire", cela pourrait nous renvoyer à des inquiétudes de la nature la plus grave ! Le mieux, pour voir de quoi il s'agit, est de lire attentivement ET DE TOUTE URGENCE l'intégralilé du message d'un blog du Monde auquel nous renvoyons notre visiteur par le lien n° 3 ci-après.

 

 

VOIR DONC :

 

1/ Le CSA soulevait il y a peu la question des conséquences que peuvent avoir des images réalistes, par exemple sur de tout jeunes spectateurs. Le Monde, 26 02 2013. Lien : IMAGES PAS ANODINES.

2/   De source officielle, le "climat scolaire" doit faire l'objet de nos préoccupations. Il convient même de former les futurs professeurs à ce sujet. Et de source officielle également, les moyens de communication actuels permettent, via le portable, d'envahir la vie d'un jeune, d'un enfant, même en pleine nuit, même pour le harceler ! Ouest-France, rubrique Education, 27 02 2013. Lien : HARCELER ENFANT VIOLENCE.

3/  L'extrême droite serait-elle impliquée ? Et des milieux proches du grand Poutine serait-ils comme une ombre planant sur la future télévision identitaire internet ? Voilà qui mérite, SURTOUT SI VOUS VOULEZ VOIR LES CHOSES EN FACE, la lecture du Monde, blog du Monde "Droites extrêmes", 29 01 2013. Lien : TV IDENTITAIRE PARIS MOSCOU.

 

        Certains régimes politiques visent à posséder les esprits et les coeurs. Notre monde technique, violent, envahissant, a déjà bien préparé le terrain. Avant de dire que "les jeunes" n'ont rien dans la tête, ou de demander sur un ton exaspéré "Mais qu'est-ce qu'ils ont dans la tête ?", demandons-nous plutôt ce que nous leur mettons dans la tête, avec le monde que nous avons fait pour eux ! Et celui de demain !   

 

        Jusqu'où ferons-nous preuve d'irresponsabilité devant les forces qui déshumanisent l'humain ?

.

02/12/2012

Les jaseurs occupent la place des acteurs

.

        Depuis des jours et des jours, les jaseurs sont là. Ils jasent sur les personnages importants. Les personnages importants sont ceux qui se disputent. Avant les personnages importants de l'UMP, il y avait déjà des personnages et des sujets de débat sûrement très importants, puisqu'on jasait beaucoup à leur propos. Dès qu'un ministre ouvre la bouche, sa compétence est examinée à la loupe. Dès qu'un représentant de la majorité garde la bouche fermée, son silence éveille la méfiance ou le mépris. Dès qu'un personnage public fait du bruit pour autre chose que le service d'un pays, le nôtre, qui est un malade en urgence, la voix retentissante des médias s'empare du bruit parasite et l'amplifie. Pendant ce temps, les acteurs agissent. Et comme on ne dit pas OU PEU, ou trop en arrière-plan ce qu'ils font, il est aisé de deviner l'impression ressentie par la population ! POURTANT...

 

        a/  Nous abordions dans un message du 08 11 2012 la question du pacte pour la croissance, la compétitivité (...). Nous renvoyons aujourd'hui le lecteur à un article des Echos dans lequel Jean-Marc Ayrault répond aux questions de Pierre-Alain Furbary, Nicolas Barre et Etienne Lefebvre. Sont abordés, notamment : le crédit d'impôt, l'affectation des ressources ainsi libérées, les contrôles de ces affectations, l'effort demandé aux français, et à l'Etat. Quant à la TVA, les socialistes font "deux fois plus pour la compétitivité que Nicolas Sarkozy" et "deux fois moins de TVA" ! A noter également : "... la baisse du coût du travail est trois fois plus forte que l'augmentation de la TVA". D'autres enjeux importants sont abordés, la lecture de cet article est indispensable : Les Echos, 07 et 08 11 2012. Lien : AYRAULT et la RELANCE.

 

        b/  Le feuilleton de l'UMP ne doit pas, ne devrait pas nous empêcher de voir ce qui se passe dans le pays au même moment. Il n'y a pas que l'UMP qui fait de la politique en France ces jours-ci ! Pensons à quelques exemples : le débat sur le mariage, le rejet par le Sénat du projet de loi de finances, l'adoption (par contre) de la loi "Duflot 2" sur le logement social, les nouvelles modalités de régularisation pour les sans-papiers, le consensus droite gauche autour d'une loi contre le terrorisme, la question de la prise en compte en France du vote blanc ! Sur tous ces sujets, une lecture est irremplaçable, celle de l'article du journal Le Monde, 29 11 2012. Lien : MAJORITé EN ACTES.

       

        On dirait que plus les jaseurs jasent, plus les acteurs agissent. Mais ce qui se passe dans nos têtes dépend-il des actes du pouvoir socialiste ou du bruit que nous faisons presque tous autour de toutes sortes de bulles dont la taille est parfois d'autant plus grande que la signification et la valeur humaine du contenu sont minuscules ? Les petites phrases ne nous sont plus distillées par le pouvoir de droite : devons-nous véritablement combler le vide en jasant beaucoup sur ce qui est vain, et en parlant trop peu de ce qui se passe ? Sommes-nous obligés de souligner ce qui est petit, méprisable, secondaire, anecdotique, de l'ordre du caquetage, au détriment de la réflexion franche, critique et constructive sur des actes dont beaucoup, heureusement, contribuent au rétablissement de notre pays ? A nous de choisir nos lectures, de préférer même telle page, telle colonne, tel titre... A nous, avec les acteurs des "médias", de mettre de l'ordre à l'intérieur de nos têtes... C'est cela aussi, résister !

        .

21/05/2011

Regard sur le monde

.

        Cher Marc,

        tu es las, me dis-tu, de voir, d'entendre et de lire presque uniquement, depuis huit jours, ce qui concerne le directeur (qui vient de démissionner) du Fonds monétaire international. 

        Je te commprends et je suis d'accord avec toi pour dire qu'il n'y a presque que cela dans l'actualité. C'est exact, le reste de la vie sur la planète n'a sans doute pas eu sa juste part dans nos pensées ces derniers jours.

        On aurait pu penser plus souvent à la Grèce, au Japon, à Ben Laden, à la Syrie et sa population, à la Palestine et ses problèmes, sa souffrance et celle de ses voisins israéliens, aux autres aspects aussi de la vie en France, qui ne se résument pas à un seul parti, à un seul homme, à un seul événement... C'est toute cette information qu'évoque Nouvleobs du 20 05 2011.

        On a peut-être un peu facilement oublié que le parti socialiste français vient de ratifier massivement son projet pour 2012 : au lieu de se décourager ou de tout penser en termes de personnalités, on travaille, on prépare, on s'unit plus que jamais autour du contenu politique qui doit animer la campagne et guider l'action. Voir Nouvelobs 20 05 2011 de nouveau.

        Et le Fonds monétaire international dans tout ça ? Le connaît-on ? En parle-t-on de façon compétente quand on l'approuve ou quand on le critique ? Belle occasion, en tout cas, pour apercevoir la somme de compétences, d'actions, de documentation et de moyens qui constituent la réalité du FMI ! On pourra voir quelles sont ses activités et ses plans en matière d'aides d'urgence, par exemple, et découvrir bien d'autres informations sur le site du FMI

        Pour ne prendre qu'un exemple, on pourra découvrir ce que fait cette institution pour aider les pays les plus concernés par le changement climatique, et pour qui l'épreuve financière que cela constitue serait insurmontable sans aide mondiale... C'est sur le site du FMI au 01 02 2010

        On aurait pu, cette semaine, sans supprimer bien sûr ce qui s'est dit ou écrit,  s'intéresser aussi au problème de sexe qui sous-tend la grande "affaire" en question : de quoi s'agit-il, est-ce un problème inéluctable, l'être humain est-il totalement libre, que doit-on, que peut-on faire ? Ou encore on pourrait s'interroger sur ces mystérieux Etats-Unis d'Amérique qui ne cessent de nous fasciner et de nous effrayer, et dont nous ne connaissons sans doute pas la profondeur et la diversité en bien des domaines... La Russie, avec son grand "modèle" d'homme politique qui en est l'actuel Premier ministre, offre un intérêt certain si l'on cherhche à savoir dans quelle mesure, en politique, on peut neutraliser les concurrents non désirés : quelques faits de l'Histoire récente donnent à réfléchir pour le plaisir de réfléchir (bien sûr). On pourrait, à l'occasion de l'"affaire", ouvrir en grand les portes de notre intelligence et de notre coeur, les ouvrir à des connaissances, des sympathies, des richesses humaines qui ne feraient de mal à rien ni à personne... Par exemple, on pourrait lire l'article "La Chine et les autres" et quelques autres textes pleins de réalités économiques, mais aussi de culture, de mondes différents et de convergenes profondes qui font de notre "aujourd'hui" quelque chose d'à la fois terrifiant et magnifique... Voir le site Passages 2050 à la date du 17 01 2011.

        Or, tout ce qui n'est pas directement l'affaire du jour est sans doute infiniment plus proche qu'on ne le croit de ladite affaire. Un directeur du Fonds monétaire international est relié à une infinie variété de problèmes, de luttes, d'enjeux. Personnellement, mais aussi parce que le monde est aussi fortement "un" qu'il est "divers".  

        Je te laisse, mon cher neveu, en te souhaitant un bon dimanche riche en agréables nouvelles et en espoirs, pour la France comme ailleurs dans le monde. L'avenir est à ceux qui consacrent toute leur attention à une seule chose, une seule affaire : celle du moment ; et qui, paradoxalement, consacrent de nouveau toute leur attention à tout le reste, à l'immensité du monde et de ses habitants, en toute laideur, en toute beauté, en toute soif d'apprendre et de comprendre : pour mieux agir.

        Affectueusement à toi, ton oncle Estival. 

   

16/03/2011

Socialistes, Verts et danger nucléaire

.

    J'entendais tout à l'heure sur les ondes radio que, sur la question du nucléaire, le parti socialiste était divisé. Bon ! C'est un refrain repris si souvent sur les ondes et dans les médias....

    Il se trouve qu'Aurélie Filipetti, députée socialiste, souhaite aller, disons, plus vite. Elle appelle le PS à "changer de doctrine en matière de risque nucléaire" et à saisir l'occasion d'une "nouvelle page à écrire entre le Parti socialiste et les écologistes". Aurélie Filipetti a raison : bousculons-nous, nous socialistes, pour converger sans cesse davantage avec les Verts et pour travailler avec eux !

    Sincèrement : vous voyez un appel à la division là-dedans ? Moi, j'y verrais plutôt une déclaration d'amitié en direction des Verts.

    Mais reste à savoir si le parti socialiste se cramponne à des dogmes qui interdisent toute amitié avec les Verts, ou toute recherche commune, réflexion commune, élaboration de réalisations politiques communes.

     Justement, Martine Aubry s'exprimait mardi matin 15 mars sur France info et disait notamment : "On ne peut pas sortir du nucléaire du jour au lendemain". DONC, c'est qu'elle envisage la possibilité de sortir du nucléaire ! Et du côté des Verts, qui a dit qu'il faut "couper le jus" dès ce soir partout à la fois ? Cessons les caricatures et les procès d'intention : il y a beaucoup d'espoir et de convergence dans ces diverses déclarations.

    Par ailleurs, il est question d'un débat sur le nucléaire. Citons encore Martine Aubry même jour, même émission : ce débat, "nous le porterons avec nos amis Verts". En outre, il en résultera en 2012 la "proposition d'une réelle politique énergétique pour la France et pour l'Europe". Qui peut voir dans ces paroles et dans ce calendrier de travail une déclaration d'hostilité envers les écologistes ? Et qui peut prétendre que le parti socialiste est divisé dès lors qu'il accueille, examine, envisage, et fait des projets dans une proximité toujours plus forte avec les Verts ? Alors, oui, bousculons les choses, allons vite, allons loin dans notre entente avec les écologistes...  

    Il est bon de prendre du recul avant de faire confiance, certes ! Mais il serait par contre bien regrettable d'infliger à l'opinion des formules en forme de refrains qui ne peuvent que décourager les esprtis, éloigner les électeurs et même peindre la vérité dans des couleurs bien sombres, simplement parce que le réel est plein d'espoir. C'est vrai qu'à force d'être témoins de tant d'horreurs partout et en tout genre, on perd peut-être une certaine capacité d'admiration... ou bien : peut-être l'avions-nous perdue depuis longtemps ? 

   .