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07/09/2014

Résister par les mots

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        A. La nomination de Najat Vallaud-Belkacem a été saluée par les médias d'une façon qui, parfois, est étrangement révélatrice ! Certains termes utilisés ne résistent pas à la simple analyse de leur sens, et l'on voit alors qu'ils nous en disent plus long sur ceux qui les choisissent, ces mots, que sur la personne dont ils parlent ! C'est par la réflexion, l’intelligence que l'on peut résister dans ce cas à la fausse logique aveugle et sournoise de la haine raciale. Lire Mathieu OLIVIER in Jeune Afrique, 03 09 2014. Lien : LE POIDS RACISTE DES MOTS.

 

        B. Il est question ici de ce que les mots veulent dire : "réfugiés, apatrides, clandestins, migrants, exilés, déplacés". Non, il n'est pas possible de mettre tout le monde, comme l'on dit, dans le même sac ! Les mots un un sens, et connaître les mots, c'est respecter les situations, comprendre les personnes, accueillir dans son intelligence la diversité et la complexité des situations. Voilà un bon moyen de résister à la haine, et tout particulièrement à ce grand allié de la haine : l'amalgame simplificateur. On lira l'article écrit grâce à la contribution d'Anaïs GIROUX, site de Youphil, 29 07 2014. Lien : LES MOTS CONTRE L'AMALGAME RACISTE

 

        C. Non, on ne laissera pas se répandre tranquillement un "cocktail toxique à base de caricatures et de démagogie sur l'immigration et le droit d'asile". Non, on ne permettra pas, par un silence complice, que ce "fatras de mensonges" pollue l'air que nous respirons. Non, on ne permettra pas que soit oublié ce devoir fondamental des médias : veiller à éviter l'emploi "de raccourcis, de glissements sémantiques et d'approximations". Et dans le cas présent, on évitera ainsi que soit rabaissée, "un peu plus chaque jour", l'image que l'on a des demandeurs d'asile. Car la caricature, même constituée par l'utilisation de glissements sémantiques ou d'approximations, n'est pas acceptable !  Lire, donc, Pierre HENRY, directeur général de France terre d'asile, sur le site de France terre d'asile, 11 08 2014. Lien : Médias déformations approximations

 

        D.  Au moment de la rentrée scolaire, à laquelle tous les enfants d'âge scolaire ont droit, puisque tout simplement il s'agit d'un droit, leur droit, on ne doit pas se payer de mots. Un collectif y veille. Un site lui a donné en quelque sorte la parole, pour les enfants roms : le site de DEI-France, 01 09 2014. Lien : NE PAS SE PAYER DE MOTS

 

        CONCLUSION : les mots sont des actes. Les pensées sont des actes. Nous l'avons souvent dit ici même dans ce blog : la première conquête dont rêve l'Immonde, c'est celle de nos cerveaux. Lorsque nous participons, sans trop nous en rendre compte en général, à l'amalgame, à l'approximation, à la caricature, à une certaine discrétion de l'intelligence face au bruit ambiant, face à l'opinion à la mode, face à la mentalité qui a le vent en poupe, nous préparons, sans trop nous en rendre compte en général (bis repetita placent), l'infantilisation de nos esprits et de nos actes. Il faut, de toute urgence, comme nous en avons montré des exemples ci-dessus, que France résiste, résiste par les mots, par le sens des mots, par l'intelligence que la Bête abhorre.  

       Comprendre et aimer ne font qu'un. Certains n'aiment guère l'un, et négligent l'autre, ou l'inverse... En tout cas personne n'est à l'abri et la résistance commence en chacun de nous. 

       

        

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14/07/2013

Education, Malala, yoga et neuropédagogie : quel sens ?

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       A/   Neuropédagogie

 

        Le professeur est de son temps, il se tient au courant des dernières acquisitions des neurosciences ; et sa technique d'enseignement est imprégnée de la richesse de tout ce travail de recyclage permanent, de recherche, de culture.

        Son attitude ou sa démarche vis-à-vis des élèves est humaine, elle est faite de service, d'attention et de délicatesse, dans le souci primordial de donner (ou de redonner) à l'élève cette confiance en soi qui, si souvent, va de pair avec la réussite scolaire.

        C'est à lire et à découvrir sous la plume d'Arnaud Gonzague, in Nouvel Observateur, 22 10 2012. Lien : NEUROPéDAGOGIE. 

 

        Notre commentaire :

        On doit garder présent à l'esprit le fait que la science est en perpétuel devenir. Il est sans doute prudent de mettre en oeuvre à son endroit un certain recul, voire une petite dose de lenteur dans la mise en application pratique des grandes découvertes. Le professeur dont il est question dans l'article d'Arnaud Gonzague n'a sans doute pas besoin de veiller particulièrement à respecter cette prudence, cependant il est peut-être bon de rappeler qu'elle est souhaitable d'une façon assez générale. 

        Pour ce qui est de l'attitude qui consiste à être attentif aux besoins des élèves, dans le désir explicite de travailler pour eux, à leur service, et non pas de façon impersonnelle, cette attitude demeure et demeurera toujours fondatrice du métier de l'enseignement. Elle guide les meilleurs pédagogues, les plus curieux de nouveautés, les plus fidèles à la réalité des personnes que sont leurs élèves, ces mêmes professeurs qui ne cessent de se cultiver, de se renseigner, d'approfondir leur propre valeur aux service de nos enfants.

 

 

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        B/   Yoga

 

        Le yoga rendrait-il service aux élèves en les mettant à même de profiter de toutes leurs capacités de concentration, entre autres ? A-t-il un rôle à jouer dans l'éducation et la pédagogie ? Apparemment oui : lire Pauline Garaude in Le Monde, 11 11 2012. Lien : YOGA PéDAGOGIE. 

 

 

        Notre commentaire

        Le yoga, lui, ne date pas d'aujourd'hui, ni même d'hier ! Et pour fondements, il n'a pas une science en perpétuel mouvement de recherche et de découvertes renouvelées : il s'appuie sur la sagesse ancestrale, elle-même intimement liée à des conceptions religieuses ou philosophiques, ce qui ne l'empêche pas de progresser et de s'enrichir. Comme technique, le yoga (mais aussi telle ou telle autre pratique orientale visant à un épanouissement de la personne) a été utilisé depuis des décennies par des pédagogues, notamment en musique pour les instrumentistes (méthode Marthenot pour les pianistes, par exemple, en lien avec des techniques japonaises de relaxation). En tant que technique (si l'on ose utiliser ce terme au singulier, un peu abusif car le domaine est riche et varié), le yoga et ces autres façons de procéder ont fait leurs preuves. Cependant, comme le rappelle l'autorité dans la dernière partie de l'article cité, une grande vigilance doit être observée !

        Quant à l'attitude de ces professeurs qui souhaitent que leurs élèves se sentent bien dans leur corps comme dans leur esprit : c'est une attitude plus précieuse que toutes les méthodes et toutes les techniques du monde. Un professeur se situe très haut en valeur non seulement humaine, mais aussi pédagogique, s'il a le souci et le don (qui se cultive) de déceler de quoi ses élèves ont besoin compte tenu du moment (des années) où se déroule leur enfance ! La société de prospérité n'est pas celle de la crise, les années des premiers ordinateurs ne sont pas celles des premiers magnétophones, les années de paix ne sont pas les mêmes que celles qui connaissent ou viennent de connaître la guerre. La mode médiatique intervient elle aussi pour façonner la société. 

        C'est pourquoi les besoins des élèves peuvent évoluer ; ainsi par exemple, si nous considérons des élèves d'une classe donnée (disons sixième de collège) : pendant quelques années, nombreux seront parmi eux ceux qui auront besoin qu'on les fasse travailler avec des images visuelles, sonores, ou qu'on leur donne l'occasion de réaliser concrètement, par des gestes, un cheminent vers une plus grande abstraction ; quelques années plus tard, pour une large majorité des élèves de ce même niveau (classe de sixième) le souhait inavoué ou clairement ressenti de leur part sera qu'on leur assène avec une autorité heureuse et une parole claire quelques principces fondamentaux qui leur donneront la confiance, les solides repères, les bases de la réflexion bien construite. Mais il suffira que quelques années encore passent, et le professeur se trouvera soudain en face de classes entières pour lesquelles le principal ennemi sera le bruit : bruit extérieur, bruit médiatique, bruit des idées, des violences, des images ! Et le silence, diverses sortes de silence même, seront alors les meilleurs amis de ces élèves...

        Bienheureux le professeur qui chemine au plus près de ces découvertes, car il ne cesse jamais non seulement de refaire et repenser ses heures de cours, mais également d'imaginer de nouvelles astuces pour être en phase avec les besoins souvent cachés, mais réels, de son public jeune et changeant, au fil des ans... Ce professeur-là se situe aux confins de la sensibilité des jeunes générations dans un monde qui leur crée des besoins et des façons de sentir sans cesse renouvelés. Notre monde change, ce que vivent les enfants change au même rythme. 

 

 

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        C/  Malala Yousafzal à l'ONU  

 

        Jeune, héroïque, exemplaire, elle se bat contre le Mal absolu qui a figure de cruauté, et dont le corps est fait de haine, cependant que la langue est perverse et la pensée fondamentalement faussée, obscurantiste, absolutiste ; Malala, tout juste seize ans, se bat et vient de s'exprimer devant l'Assemblée de la jeunesse mondiale à l'ONU. Elle a l'âge d'être élève, et revendique ce droit pour les enfants du monde. Voir Centre d'actualités de l'ONU, 12 07 2013. Lien : MALALA YOUSAFZAL ONU.  

       

 

        Notre commentaire

        La tragédie dont Malala Yousafzal a été victime, sa présence à l'ONU et le message qu'elle y a délivré sont autant de faits d'une importance immense pour l'Histoire, tout simplement ! Est-ce pour cette raison que, de façon incompréhensible, il en a été fait écho dans nos médias d'une façon parfois proche du néant ? Quelle faiblesse, au milieu du bruit médiatique et dans la rangaine des faits divers, quelle discrétion regrettable et incommensurable ! En d'autres temps, la présence de Nelson Mandela à l'ONU n'avait pas non plus envahi notre champ de conscience, certainement pas en tout cas d'une façon appropriée à l'importance et à la grandeur de l'événement. 

        Oui, l'intelligence est l'alliée de la démocratie, du respect de l'Enfant, des Droits de l'homme, des valeurs les plus essentielles de la vie ! Oui, l'intelligence se sert des sciences, de la sagesse antique, voire des philosophies et pratiques de pays très lointains. Oui, l'intelligence est attentive aux personnes, aux élèves. Et oui encore une fois, le monde que nous avons tendance à trouver moche et décourageant nous donne à découvrir le visage, la voix, le courage et l'appel de Malala ! Qui, désormais, oserait se lever le matin sans l'étincelle de la ferveur et la force de l'espérance ?

 

        AVERTISSEMENT 

        L'intelligence, ennemi redouté des dictatures et de la Bête immonde, n'est pas une arme absolue dotée de pouvoirs magiques invincibles. Car l'intelligence elle-même peut faire l'objet d'une mise en servitude par tel ou tel pouvoir d'origine politique, économique, raciste ou sectaire. Si elle veut être vraiment libératrice et fidèle à elle-même, l'intelligence doit rester indépendante. Comme dans le cas de l'indépendance de la Justice, dont nous avons fait plusieurs fois mention dans ce blog au moment où elle fut attaquée de façon épouvantable. 

 

 

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        CONCLUSION

        Au-delà des différences immenses qui séparent les exemples que nous venons d'examiner (neuropédagogie, yoga pour enfants, combat et appel de Malala contre l'obscurantisme et pour l'éducation des enfants du monde), un seul et même mouvement humain rassemble les pédagogues, les chercheurs, les scientifiques, les sages et les jeunes générations du monde entier : l'amour du bien, du beau et du vrai, le service des plus faibles, des plus jeunes, le respect de la personne. Et tout cela converge vers le plus beau métier du monde : celui de professeur ! 

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13/05/2013

Bilinguisme, projet Fioraso, amour et enfance

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        Un projet de loi dit Fioraso évoque l'utilisation de langues étrangères dans la vie universitaire française. En réalité, on peut penser que c'est essentiellement à l'anglais que bénéficieraient de nouvelles mesures en ce sens. Toujours est-il que les réactions n'ont pas tardé. 

 

        a.  Dans le projet de loi présenté sur le site du gouvernement, on verra que la partie numéro "4." aborde entre autres la question de "la connaissance d'une culture et d'une langue étrangère", mais aussi la possibilité d'une utilisation renforcée d'une langue étrangère pour "une partie des enseignements". Il ne faut pas négliger le reste du projet de loi, notamment le contexte, le cadre, l'orientation de l'ensemble de cette partie "4.", qui va dans le sens d'une véritable ouverture d'esprit à l'égard du monde qui nous entoure, ainsi que de calculs fondés et argumentés pour un meilleur succès de la France... Site du gouvernement, 21 03 2013. Lien : BILINGUISME UNIVERSITAIRE GOUVERNEMENT

 

        b.  Dans les milieux habituellement mobilisés pour soutenir, sauver, aimer et diffuser la langue française, la réaction a été prompte ! Celle, par exemple, de l'Académie française dans sa séance du 21 03 2013 ne laisse pas planer l'ombre d'un doute : la menace est là, et elle est très grave. Les arguments sont solides. Même si l'on a prêté une attention toute imprégnée de bienveillance à la position du gouvernement (Lien hypertexte à la fin du § a. ci-dessus), on ne peut pas faire l'économie du raisonnement et de l'argumentaire présentés par les Immortels. En fin d'article, on trouvera en outre une présentation qui en a été faite par l'AFP dès le 22 03 2013 . A voir sur le site de Francophonie avenir, 29 03 2013. Lien : BILINGUISME UNIVERSITAIRE Académie française

 

        c.  Il vaut la peine de lire un article qui prend en considération des arguments dans l'un comme dans l'autre sens. Le sentiment que le français est menacé est peut-être cependant dominant... Mais le lecteur décidera par lui-même : lire Marie Piquemal in Libération, 12 04 2013. Lien : BILINGUISME UNIVERSITAIRE MENACE-T-IL LA LANGUE française

 

 

        Voici, pour une fois, une prise de position

délibérément personnelle,

sur un sujet qui me tient à coeur. 

 

        Il me semble que les arguments d'un côté comme de l'autre méritent non seulement de l'attention, mais véritablement de l'estime. 

       En faveur de la défense du français, j'aimerais ajouter qu'il convient en effet de retenir ce que soutiennent les militants de la belle langue, de la culture française, de la francophonie. Souvent, les plus ardents défenseurs ne sont pas des français, mais des francophones de nationalité étrangère. Nous devrions au moins essayer de ne pas aller, par nos agissements, à l'encontre de leur admiration, leur enthousiasme, leur zèle et jusqu'à leur compétence dans le maniement de notre langue. 

        Pour aller, par contre, dans le sens des partisans d'une plus nette ouverture de nos universités à la langue anglaise (sans oublier les autres langues mais en sachant que c'est de l'anglais qu'il s'agit dans les faits !), j'aimerais souligner que l'anglais est dans certains cas un véritable outil de pensée qui s'adapte, mieux que d'autres langues, à telle ou telle discipline intellectuelle. Il convient de rendre à l'anglais cette justice. Notre amour du français n'a rien à faire d'essayer de mal aimer les autres langues, même et y compris la langue qui nous envahit, hélas il faut bien l'avouer, et le constater. Mais les chercheurs, les thésards, les créateurs, les "découvreurs" du meilleur niveau qui ont besoin de l'anglais parce que c'est le bon outil, ce serait furieusement insensé que de vouloir les gêner sous prétexte que nous avons l'amour de notre langue ! 

 

        En ce qui concerne le niveau de difficulté et de culture, précisément, nous sommes envahis de façon quotidienne par un anglais qui ne s'impose que parce qu'il ne trouve devant lui rien de solide ! 

        Car pour défendre le français, justement, nous n'avons pas su nous y prendre correctement jusqu'à présent, semble-t-il ! Nous avons donc l'occasion de réagir, et voici comment

    1. Ce qui perd notre langue, ce ne sont pas les fautes que nous commettons. Qu'il sagisse de fautes de vocabulaire (mots anglais, ou autres agressions dont nous nous rendons coupables) ou bien de fautes de raisonnement, ce qui perd notre langue, c'est que les fautes, les insuffisances, les incorrections, tout ce que nous faisons de "mal" (mais oui !) nous le faisons en nous en fichant, en nous en fichant pas mal, et même en étant fiers de nous en "foutre" ! Nous aurions honte de surveiller notre langage. Nous aurions honte quand nous sommes des écrivains, des acteurs, des femmes et des hommes de parole publique (journalistes, responsables politiques, avocats...) oui, je le redis, nous aurions honte de bien parler, d'accorder correctement au masculin, au féminin, au singulier, au pluriel, sans compter de nombreuses autres façons de pratiquer "l'à-peu-près" ! 

    2. Ce qui sauve notre langue, c'est de témoigner de notre bonheur à l'utiliser, de notre plaisir à la respecter, de notre persévérance à la découvrir. Ce qui est communicatif, ce ne sont pas les règles, mais le plaisir ; ce ne sont pas les prescriptions, mais le bonheur rayonnant et partagé. 

    3. Nous n'avons pas su, depuis longtemps, tenir compte de l'existence des divers niveaux de langage, qui correspondent aux diverses situations de la vie. Ainsi, on ne parle pas, et on ne doit pas parler le même français dans la cour de l'école et dans la classe, au bar du coin ou devant un micro à travers lequel on s'adresse à des millions d'auditeurs ! Même pour annoncer le temps qu'il fera demain ou dans les prochains jours, même pour demander à un écrivain s'il préfère travailler tard le soir ou tôt le matin, même pour raconter un voyage passionnant que l'on vient de faire dans un pays lointain : du moment que la parole est publique, elle doit être en français, du meilleur, du plus soigné possible. Qui imaginerait Stéphane Hessel en train de se laisser aller volontairement à des fautes d'accord grammatical ? Ou s'il avait fait une "faute", se serait-il permis de continuer sans se reprendre, comme si de rien n'était ? 

    4. Lier la correction de notre langue parlée à un véritable respect de la personne, ou des foules auquelles on s'adresse, c'est une première nécessité si nous voulons sauver notre langue. Que dire alors de ces générations de professeurs, de la maternelle à la terminale, qui ne se sont pas rendu compte du fait que leur français était détestable aussi bien dans leurs conversations que pendant l'exercice du métier ? 

    5.  L'enseignement du français relève donc désormais des méthodes les plus admirables dont on dispose pour enseigner les langues étrangères. Dès les classes de maternelle, l'enfant doit être amené à découvrir, par des jeux (qui, en vérité, sont un travail intellectuel très strict), toute la richesse et la beauté du français. Le français ne s'apprend ni "plus tard", ni par la grammaire, le travail, les travaux pénibles en quelque sorte : il doit se révéler dans une activité de groupe bien organisée, menée de main de maître par le pédagogue, et de nature à faire retenir par coeur, AVEC AMOUR ET PAR AMOUR, des mots, des phrases, des conversations, des scènes et des échanges de parole. Les enfants n'oublieront pas de tels apprentissages précoces de notre, de leur langue ! Il suffira pour que leur amour du français et leurs acquisitions restent vivaces, il suffira, dis-je, que leur route ne soit pas encombrée, au fil des ans, par la rencontre sans cesse renouvelée des pires horreurs de langage. Il suffira que leur route ne soit pas menacée par l'apparition sans cesse recommencée de personnages chargés de la parole publique et dont la façon de s'exprimer témoigne essentiellement du mépris qu'ils vouent à leur langage ! 

 

6.  Anecdotes.

Un écrivain présentait son plus récent ouvrage. Dans la discussion, il s'écria : "Alors là, il y a deux choses : le premier..." et il se trouve que cet écrivain ne prit même pas la peine de corriger sa faute. Le premier chose ! 

Un autre jour, sur une de nos radios, un spécialiste du langage déclarait que ça ne le dérangeait pas d'entendre parler des nombreux journal par exemple. Très exactement deux jours plus tard, mon petit-fils jouait avec un minuscule cheval en matière plastique. L'enfant avait deux ans et demi. Je lui dis qu'il avait un joli petit cheval. Lui, me répondit aussitôt : "Un cheval, deux chevaux". Il se trouve que malgré son jeune âge, il comprenait ses parents qui, parlant entre eux, utilisaient une langue d'Asie, très loin là-bas en direction du soleil qui se lève... Il se trouve aussi que ce même enfant, de deux ans en demi, était souvent accompagné par une personne qui prenait soin de lui pendant les heures de travail des parents ; et cette personne qui était marocaine parlait uniquement sa langue arabe, à l'exception d'une autre langue arabe (arabe marocain donc, et arabe d'un pays situé bien plus loin en direction de l'Asie) ; or, lorsque l'enfant, après avoir parlé des chevaux, entendit que cette personne lui parlait, en arabe bien sûr, il se retourna. Se retournant, il changea de pays, en quelque sorte, et de langue. Il me tournait le dos, et avait mis de côté son français. Il faisait face à cette personne de langue arabe et ne connaissait plus que l'arabe. Il lui fit l'honneur de répondre sans le moindre délai par une phrase longue, vive, rapide, "bien envoyée" en arabe ! Comme quoi, ce ne sont ni les études, ni les règles, ni les "défenses" pour la sauvegarde de telle ou telle langue qui peuvent rendre les enfants multilingues, mais bien la relation à autrui, l'amour de la personne, et l'amour de la langue ! 

 

        Et c'est ici que l'amour de l'autre, la résistance à l'horreur xénophobe ou raciste, et le libre exercice de l'intelligence dans la tradition de la France des Lumières se rejoignent pour conforter, d'une certaine manière, toute la démarche de ce blog "France résiste" ! L'amour, qu'il soit des personnes, des peuples, des pays, de la beauté, de la poésie (encore Stéphane Hessel...), c'est toujours le même amour, il se multiplie et se répartit, il se divise et s'investit, il se libère et se différencie, mais c'est toujours le même et unique être qui reste présent, actif, libérateur, l'amour !

        On ferait bien de s'en inspirer dans le cadre des débats du jour. On pourrait même aller jusqu'à l'amour des anglophones universitaires qui ne nous envahissent que pour la réussite d'un travail dont la difficulté nous dépasse ! On pourrait même aller jusqu'à l'amour des langues, y compris la nôtre ! On pourrait même pousser cette vertu de l'amour, de l'admiration, de la relation à autrui, jusqu'à surveiller son langage quand, écrivain, on s'adresse à des millions d'auditeurs. Et plus encore, peut-être, quand on s'adresse à des enfants en classe. Et surtout quand on parle, même entre adultes, en présence des enfants : un enfant ça se respecte, non ?

Mais si les français ne respectent même plus leurs enfants, comment sauveraient-ils leur propre langue maternelle ?

 

Conclusions :

    oui à toutes les langues qu'on voudra, oui à la vie intellectuelle, oui à l'amour de l'arabe, du russe, de l'allemand et toutes les autres en passant par le wolof et sans oublier les langues que parlent des roms ou des tsiganes ! Oui, en dernier lieu, à notre langue française si compliquée, si pleine de tours et de détours ! Oui à cette langue que bien des étrangers admirent, et du reste cela force mon admiration car ils ont eux-mêmes des langues souvent si extrordinairement belles et intelligentes ! Oui, surtout, à la langue non pas problème intellectuel, mais occasion de vivre et d'aimer.

    Honte soit aux écrabouilleurs actifs et publics de la pensée en présence de nos enfants ! Vive Mozart, vive Stéphane Hessel, vive chacun de ces professeurs qui me donnèrent l'exemple du bonheur intellectuel, que ce soit en Histoire ou simplement dans la façon de s'exprimer tous les jours ! Honte aux vandales. Ou, comme le scandaient il y a quelques années des foules russes qui manifestaient leur hostilité au pouvoir en place chez eux : "Pazor", "honte" (mais là il ne s'agissait pas de problèmes linguistiques...), "Позор !"

 

 

 

        Que le lecteur m'excuse si je n'ai pas su, en me relisant plusieurs fois, repérer une ou plusieurs fautes de frappe, ou de français. Un parent proche gravement malade, l'heure par conséquent très tardive à laquelle je travaille encore ce soir (ou plutôt déjà ce nouveau matin !) y sont pour quelque chose. Mais je ne pouvais pas faire autrement que de laisser aller mon coeur et mon bavardage à l'occasion de cette dispute sur la défense du français. Aimons d'abord nos enfants, respectons-nous nous-mêmes... et même pour transmettre la rigueur de la pensée et le visage vivant d'une vraie langue, ce n'est pas d'éviter les fautes qui compte le plus, c'est bien plutôt d'aimer ce qui est juste, bien fait, construit, riche et varié : le français par exemple. Cette langue française qu'il nous revient de respecter avant qu'elle ne soit assassinée par nos soins, par notre manque de soin, notre incurie. "We don't care" (même racine que le français "incurie") : on s'en fiche...

 

        Alors, que le lecteur me pardonne, il est trop tard pour mes yeux un peu trop âgés, mais l'amour ne s'éteint pas au premier coup de boutoir de la vieillesse. Il s'agit de l'amour et de l'intelligence que nous donnons à nos enfants en surveillant simplement un peu notre langage, et en le faisant justement : par amour ! Par habitude de l'admiration : admiration des langues vivantes ou anciennes, sans oublier tout à fait celle que nous essayons de parler... 

Avec tout l'amour de mon coeur pour vous, chère lectrice, cher lecteur,

Estival.

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31/08/2011

Ils n'ont pas lu "Zadig et Voltaire". Pourtant, ils aiment les livres !

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    1 . / Les responsables socialistes qui se sont retrouvés à La Rochelle tout récemment ont été consultés sur leurs préférences en matière de livres. Malgré une recherche intraitable et fouillée, nous n'avons pas réussi à découvrir parmi leurs nombreux choix une seule mention de l'ouvrage dont, à l'occasion, il fut ici question : "Zadig et Voltaire".

    Néanmoins, nous tenons à rassurer le visiteur de "France résiste" : les lectures mentionnées sont abondantes et riches, variées et dignes de recommandation. A raison de trois livre par responsable socialiste concerné, on arrive à plus de 150 objets en papier capables de nous occuper pendant des mois, si nous voulions tout lire... Le choix ci-dessous proposé est donc parfaitement minuscule, arbitraire, justifié seulement par le désir de découvrir d'"autres" beaux et grands ouvrages d'auteurs, car il n'y a pas que Zadig, ou Voltaire, enfin peut-être "Zadig et Voltaire", dans la vie culturelle de notre beau pays. Mais voyons donc tout d'abord les socialistes et leurs lectures, une liste longue quoique incontournable, sur le site du parti socialiste. Lien : WELL-READ FRENCH SOCIALISTS.

 

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    2 . / Certains (y compris responsables socialistes) aiment, quand ils lisent, tourner leurs regards vers ce qu'ils viennent peut-être de quitter quelques instants plus tôt : le réel, pourtant quotidien et souvent accablant ! Avec des chercheurs du CNRS, institut des sciences humaines et sociales, 03 09 2009, nous abordons l'enquête qui fut menée sur "Police et minorité visible : les contrôles d'identité à Paris". Méthode utilisée pour cette enquête, lieux, populations, critères et importance de l'apparence, du vêtement etc., les résultats et les conclusions de l'enquête, tout cela nous est donné ainsi que des réactions de la part des autorités, de syndicats de police (...). Lien : CNRS ATTENTIF

 

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    3 . / Le maire de Paris lit LE LIVRE DES EXEMPLES, d'Ibn Khaldoun. Le livre est immense, au demeurant assez coûteux pour bon nombre d'entre nous, et de toute manière il est probablement fort utile de commencer par se familiariser avec le contexte de façon à mieux comprendre, et plus aisément, l'immensité et le trésor humain que représente cet ouvrage. Or, Pierre Lepape, dans Le Monde Diplomatique, archives, janvier 2003, fait du Livre d'Ibn Khaldûn une présentation fondée sur une approche sociologique Il considère comme "l'initiateur de la sociologie" le célèbre représentant de la pensée arabe. Nous pouvons donc parcourir l'époque lointaine qui vit la naissance du 'Livre des exemples', ainsi que les siècles suivants jusqu'au 21ème, le nôtre, et prendre conscience à la fois de l'histoire et de l'universalité de la pensée d'Ibn Khaldoun, pensée ancienne et d'une brûlante actualité. Lien : IBN KHALDûN FONDE SOCIOLOGIE

 

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    4 . / Mais une autre présentation du Livre des exemples s'impose à notre attention : celle que nous devons à Abdessalam Cheddadi, historien, traducteur de cet ouvrage d'Ibn Khaldoun. L'angle d'approche est, sous sa plume, celui d'une humanité élargie aux dimensions du phénomène humain de civilisation, sous le titre : "Ibn Khaldûn : L'homme et le théoricien de la civilisation". On peut consulter une présentation de l'éditeur sur le site Librairie catholique. Lien : CIVILISATION.

    Monsieur le maire de Paris ne saurait nous en vouloir d'avoir recommandé en premier lieu deux livres (ci-desus paragraphes 3 . / et 4 . /) qui ne peuvent que nous préparer à ouvrir l'un de ses grands livres préférés.

 

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    5 . / Les frontières, causes de tant de maux, tant de guerres ! Mais Régis Debray veut nous inviter à raisonner en sens contraire. Sa pensée vive, entraînante, nous montre l'envers du décor de notre pensée habituelle sur le sujet. Et nous nous retrouivons en train de lire "Eloge des frontières", un livre d'intelligence et de recul, que Gilles Fumey (universitaire, Paris-IV Sorbonne) présentait dans La Croix du 03 12 2010. Lien : ESPACE LIMITE OUVERTURE.

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    Si dérisoire que puisse paraître notre choix de ces quelques livres, gouttes d'eau dans l'océan de LA CULTURE, c'est toujours un bonheur que de sentir vivre autour de soi l'intelligence ; de savoir que des français s'émerveillent en voyant le monde ou en découvrant des idées, lisent, parlent, abordent de nouveaux horizons, que ce soit au plus près des réalités (paragraphe 2 . / ci-dessus) ou avec le recul intellectuel d'un géant de la civilisation (4 . / ) ou encore dans le feu d'un Régis Debray toujours étonnant, autant que profond. Bonnes lectures, chères lectrices et chers lecteurs de "France résiste" !

    L'intelligence est une forme de résistance essentielle 

lorsque l'humanité menace de se montrer sous un jour

inhumain.

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27/07/2011

Extrême droite ? Partis populistes européens ?

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    Apparemment, après la tuerie en Norvège, les médias de France enregistrent une sorte de conversation entre le Mrap, le FN, et des considérations sur ce parti, comme sur les partis dits populistes européens, ainsi que sur le terrorisme d'extrême droite. Vaste travail de dénonciation, d'indignation, mais aussi de réflexion. C'est ce que l'on peut constater à la lecture des quelques exemmples que voici :  

    a . / Un candidat frontiste aux élections cantonales assurerait-il la promotion du tueur norvégien, en le présentant sous les traits d'un héros ? Dans le contexte de cette tragédie et des remous qu'elle suscite, Marine Le Pen aurait-ele fait preuve de "duplicité" ? La réponse ne semble pas faire de doute pour le Mrap, à en croire l'Humanité, 26 07 2011. Lien : PLAINTE DU MRAP.

    b . / Le Mrap, donc a réagi. Mais le Front national aussi, et cette fois en s'en prenant au "coupable" ! Le candidat FN aux propos trop extrêmes est suspendu ! Le FN, comme on le voit, se montre propre, vif, et clair en ses démarches. Lire Le Point, 26 07 2011. Lien : SUSPENSION.

    c . / Marine, elle, ne s'est pas trompée de cible : elle s'en prend au Mrap ! On doit en effet garder à l'esprit, pour imiter madame Le Pen, le fait que chaque fois que les choses vont mal, le Front national est accusé de tous les maux. Alors que ce parti est bien décidé à apparaître parfaitement au clair avec la violence, parfaitement correct et respectable. Donc, le Mrap se serait trompé et se comporterait d'une façon honteuse en portant plainte contre un adoubé FN... "Honte au Mrap", dit un communiqué de Marine. Détails et explications sous la plume de Dominique Albertini pour Libération, 25 07 2011. Lien : ACCUSATION EN RETOUR. (Ah, bon ?) 

    d . / Elargissons le champ et considérons l'extrême droite à l'échelle européenne : le danger existe, il se pourrait même que les idées xénophobes et l'animosité contre les musulmans parviennent, notamment grâce à la diffusion et l'amplification via Internet, à favoriser ou engendrer d'autres tueries, après celle dont nous venons d'être témoins en Norvège. Notre vigilance la plus grande est sollicitée par la voix de Sarah Diffalah, voir Nouvelobs, 26 07 2011. Lien : IDEES QUI TUENT.

    e . / Mais le tueur, à Oslo, était semble-t-il un solitaire... Hélas ! Cela n'empêche rien : les isolés sont influencés par l'idéologie de l'extrême droite, et leur terrorisme peut éventuellement s'abreuver du côté de ces sources-là ! En outre, il arrive à ces individus isolés d'avoir, épisodiquement ou non, des contacts avec la mouvance d'extrême droite. Il est intéressant, à ce sujet, de revenir sur l'histoire de l'extrême droite et du terrorisme durant la période historique récente. C'est ce que fait Jean-Yves Camus, en répondant aux questions de Marie Kostrz pour Rue89, 25 07 2011. Lien : L'ARBRE ET SES FRUITS

CONCLUSION  : Dans le brouhaha médiatique où s'entremêlent et se répondent plus ou moins le Mrap, les partis, les médias (...), on trouve quelques idées fausses, pas mal d'idées justes, des peurs malheureusement fondées et d'autres qui peuvent être exploitées comme prétextes à la haine xénophobe ou raciste ou islamophobe ou les trois à la fois... Devant tant de bruit et de fureur, en paroles d'abord (mais on sait que les paroles orientent les idées, puis les actes, l'histoire s'est chargée de nous l'apprendre !), devant toutes ces émotions qui nous envahissent, suffira-t-il d'augmenter le bruit des mots pour résister ?

    Oui, dans la mesure où les masques tombent, où les problèmes sont posés et les voies de la résistance ébauchées.

    Non, dans la mesure où notre capacité collective de résistance à la haine et au mensonge passe d'abord et avant tout par nous-mêmes : avant de partir "contre" (le mal ou autre), il nous faut avoir nous-mêmes de la force. Et cette force, elle se nourrit d'amour, d'accueil, de connaissance de l'autre ; et s'abreuve auprès des sources de l'esprit, de la culture, de l'intelligence, de la justice et de la démocratie. Tout ce que le Pouvoir a essayé de malmener, tout ce que nous aimons. Dès lors que nous résistons ! 

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23/06/2011

Les mots fondent la résistance

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    Amin Maalouf est élu à l'Académie française. Brève présentation de sa vie, de ses oeuvres et du contexte dans lequel il accède à la prestigieuse DISTINCTION. C'est dans Le Point, 23 06 2011.

    Pour faire plus ample connaissance avec cette personnalité fascinante, sa vie éblouissante, une oeuvre faite pour nous donner, ou redonner courage et amour aujourd'hui même, il existe bel et bien un site Amin MaaloufQUELLE CHANCE ! 

    Les mots ne sont pas morts, ils s'écrivent, se disent, s'échangent, ils pleurent et ils rient, ils sonnent de mille musiques dans les rues et sur les places de Toulouse, où se tient (les 23, 24, 25 juin, à moins que ce ne soit le 26 également...) un grand festival de mots ! Pensées vives qui concourent, rencontres rares qui se concrétisent, avec entre autres sa "chronique du printemps arabe" la ville rose s'illustre une fois de plus au domaine de l'intelligence, cette forme suprême (et fondamentale à la fois) de la résistance : la résistance propre à la vie même ! Le Point, 22 06 2011. LE MARATHON DES MOTS

    Pour une fois, chère lectrice, ou cher lecteur, Estival votre serviteur a le plaisir de ne vous avoir entretenu que d'agréables nouvelles. Remarquable, non ?

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06/03/2011

Le règne du mépris. 1.

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    Le monde ne vit que par la force de l'admiration. Voilà qui pourrait être une belle devise. Mais une devise qu'on aurait bien du mal à appliquer au Pouvoir, dont le règne agresse et méprise le monde de la santé, l'Education nationale, la justice, la diplomatie et les diplomates, les historiens et archivistes... Pas vrai ? Lisez plutôt ce qui suit ! 

    L'histoire de France, l'Histoire, les historiens... Il faut lire ce que signe un collectif d'archivistes, historiens, chercheurs, dans un article du Monde (02 03 2011) qui donne une lumière bien utile au sujet du départ (ou limogeage !) d'Isabelle Neuschwander, elle qui portait un certain projet pour les Archives nationales ! L'article (Le Monde en ligne éditions abonnés, sinon version papier du 02 03 2011 page 23 rubrique Débats Décryptages) va bien dans le sens de ce que nous écrivions au début du présent message, puisqu'on peut y lire (avant-dernier paragraphe) : "(...) il est urgent de témoigner de nouveau au personnel et aux usagers des Archives nationales la considération qu'ils méritent". Pourquoi tant de sévérité ? La lecture de l'article en donne l'explication, hélas fort triste pour notre pays ! 

    En matière de diplomatie, le gouvernement s'est permis d'"ignorer" une note rédigée pourtant par ce qu'il y a en France de qualifié et d'intelligent pour renseigner, éclairer, aider à bien gouverner, bien voir, et même prévoir à l'avance par exemple les actuelles révolutions du monde arabe. C'est Augustin Scalbert qui nous en parle dans Rue89 du 26 02 2011 et son article est, tragiquement, l'expression de la réalité. Trois fois hélas ! Méprisez, méprisez, il en restera toujours quelques ruines ! 

    On gagne parfois à prendre du recul par rappot à l'objet que l'on observe. L'Afrique vue par Tidiane Diakité nous en apprend un peu plus sur l'art de l'autocratie et les dérives par lesquelles on s'éloigne de l'état de citoyenneté pour établir un état humainement indigne. Il convient de noter que nous renvoyons à cet article non pas pour prétendre que la France ressemble à tel ou tel exemple calamiteux cité par Tidiane Diakité, car la France est "supérieure", c'est connu (!!!)..., mais bien plutôt pour faire réfléchir sur le fait que si un Pouvoir se convertissait et abandonnait le mépris pour se mettre à pratiquer le respect, voire l'admiration, on pourrait espérer un monde plus doux...  Mais oui, mais oui, être capable d'admirer (et donc de respecter) le peuple, tout comme savoir prendre l'avis des professionnels compétents (et donc les respecter), c'est déjà commencer à devenir bon gouvernant. Voir l'article dans le blog de Tidiane Diakité.

    Les lignes que vous venez de lire ne constituent pas un recensement complet des actes de mépris dont on nous abreuve. Qu'a-t-on fait de la parole compétente et experte de médecins, avocats, juges, travailleurs sociaux, Cimade, France terre d'asile, syndicats d'enseignants, recteurs et autorités qui ont renvoyé leurs palmes académiques... ?

    La France n'étant pas une dictature (refrain habituel )...  

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