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05/01/2013

Le ver qui nous ronge

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        LOIS  DE  VIE

 

        Une bougie se consume, elle disparaît donc et c'est chose normale. Pourquoi ? Parce qu'elle se nourrit d'elle-même, et ne renouvelle pas sa propre réserve d'énergie.

        Une famille de pensée se durcit jusqu'à la raideur de la mort à partir du moment où elle ne cherche qu'en elle-même le renouvellement de la vie. Si elle tient à survivre, elle doit absolument s'ouvrir à la nouveauté, écouter l'autre, accueillir, admirer, découvrir, aimer.

        Un travailleur en pleine activité se vide de ses propres forces psychiques et nerveuses s'il ne cherche que dans son activité le renouvellement de son propre être. Il s'enrichit par contre, se nourrit intérieurement s'il sait, (et s'il peut) trouver à l'occasion de son activité la chancce d'accueillir, de découvrir, de s'étonner devant l'autre. En l'absence de nourriture du coeur et de l'esprit, en l'absence de vie venue d'ailleurs, l'individu le mieux disposé se dessèche.

 

 

EN  FRANCE  JANVIER  2013

 

        Le ver qui nous ronge est celui qui s'en prend à toutes les familles politiques, ou autres que politiques, pour leur suggérer, de l'intérieur, qu'il est délicieux de ne pas vivre vraiment. Pous leur inspirer la mauvaise attitude : celle de l'isolement, de la suffisance intellectuelle. Pour leur enseigner l'art de ne pas s'ouvrir, de ne pas accueillir, de ne pas admirer, de ne pas aimer !

 

       A.   Alors la droite devient extrême, elle pratique l'idéologie et la mise en oeuvre de l'exclusion, elle déteste l'étranger, elle ouvre la voie aux risques les plus graves de dérive vers l'extrême abomination. Et, pour commencer, elle prend possession de la vie de l'esprit, elle "dirige" la culture, comme on le voit en Hongrie. Joëlle Stolz, Le Monde, 19 12 2012. Attention, édition Abonnés. Lien : POSSéDER LES ESPRITS.  

        Alors, la gauche risque de se replier sur ses valeurs, pourtant si belles et si grandes, et de semer la division à la fois dans ses propres rangs et parmi la population de ses électeurs, sans parler des autres. 

        Alors chacun se croit le seul  et le meilleur au monde, et clame sa supériorité. Pour commencer, cela le rend insupportable. Et en fin de compte, cela l'empêche d'aimer, de vivre, de se renouveler : la raideur gagne, et c'est la mort. Que chaque famille idéologique sache ici se reconnaître, sauf si ce n'est pas le cas pour elle, et alors nous nous en réjouirons !

 

        B.   Accessoirement, une société peut en arriver au point de ne plus croire à rien, sinon à l'Argent ; mais elle peut aussi produire des êtres dont le jugement en matière de démocratie semble tout à fait contraire à ce que nous entendons par ce mot, ainsi que par les droits de l'homme notamment. Et cette situation peut favoriser l'émergence de certains épisodes plus ou moins grotesques, dans lesquels monsieur Poutine semble acquérir l'éclat d'un dieu de l'Antiquité païenne : un dieu que l'on adore, que l'on admire. Alors il devient impératif de rappeler ce qu'est Poutine, de reparler d'Anna Politkovskaïa, de préciser qu'elle n'est pas la seule journaliste victime des mêmes forces obscures, il est urgent aussi de rappeler la façon dont fonctionne la démocratie à la mode Poutine, et celle dont furent menées certaines guerres, en Tchétchénie... Lire, pour la ferveur à l'égard de Poutine, Le Monde du 05 01 2013. Lien : Poutine objet d'ADMIRATION

             Il est intéressant aussi de noter qui sont les admirateurs de Poutine, par exemple en écrivant ce nom propre dans l'onglet de recherce de notre blog (attention, dans la page qui s'affiche la référence à Poutine ne se trouvera qu'au fil d'une lecture attentive et fouillée des messages).

 

TOUT  N'EST  PAS  PERDU,  AU  CONTRAIRE

       

        C.    On parle de la crise, et il est bien vrai que sans issue sociale, sans résolution du chômage, sans guérison de l'économie, de l'activité, de la banque, de la finance, nous serions, nous étions quasiment perdus. Une embellie est apparue et il est indispensable de continuer sur la bonne voie...  Voir le point que fait "Lui président", un blog du Monde, le 02 01 2013, à ce sujet. Lien : Bilan des promesses.

 

 

LA  CRISE,  LA  NÔTRE,  CHEZ  NOUS,  PLUS  QUE  JAMAIS

 

        Mais une autre crise, celle qui s'en prend à nos manières d'être et de vivre ensemble, est elle aussi d'une immense importance. Nous ne pouvons pas continuer à nous disputer et nous démoraliser les uns les autres sans cesse ! La notion même de démocratie implique que l'on soit capable de vouloir vivre ensemble, tout en travaillant à approfondir ce qui nous différencie, ce qui nous unit, ce qui est vrai pour l'un tout en étant faux pour l'autre. Voir tout cela ensemble, et regarder ensemble au-delà de ces différences mêmes, en direction précisément d'un accord de nature supérieure, c'est déjà un apprentissage de la démocratie, de la laïcité. Une vérité ne devrait plus exclure l'autre vérité, encore moins "l'autre" !

         L'humanité a fait d'immenses progrès : sauf en ce qui concerne l'art de vivre ensemble entre êtres humains et, de façon harmonieuse, avec les autres animaux et les autres réalités de la planète. Nous ne sommes pour l'instant que des débutants.  

        Alors, il y a place pour les homos et les autres, pour les cathos, les bouddhistes et les autres, pour les mous et les passionnés, pour les artistes et les froids calcultateurs : place pour tous et pour chacun. Inutile de prendre peur à l'idée qu'on va passer quelques instants en compagnie de l'autre, qu'on va sympathiser avec lui, en le comprenant de l'intérieur ; quitte à reconnaître, avec lui, que le moment n'est pas encore venu d'une unité fusionnelle qui abolirait toutes les différences.

        Du reste, dans l'uniformité totale, y aurait-il encore de la vie ? Dans une musique dont le rythme n'aurait qu'un seul temps, pourrait-on encore danser la valse, le tango, la mazurka ? Sans la diversité des couleurs, y aurait-il encore une harmonie dans le tableau ? Sans la pluralité, voire le pluralisme sous toutes leurs formes, dans de nombreux domaines, pourrait-on encore parler d'ensembles, de synthèses, de convergences, de résolutions harmonieuses ? La vie n'est-elle pas l'exemple de la marche du simple vers le complexe, de l'unique vers le diversifié, en mêmee temps que de la formation d'un tout, d'un ensemble, avec l'union des contraires, la résolution des dissonances du moins lorsque l'être humain se mêle d'organiser les sons pour en faire la musique dite d'harmonie consonante ?

        Nous pouvons former à l'égard de la France des voeux de démocratie pluraliste, de laïcité, d'admiration et de courage dans l'art de vivre ensemble... La révolution ne commence pas au sommet de l'Etat : elle ne peut se faire que dans l'ensemble de notre mentalité, de nos habitudes, de notre vie en société. Et cela commence par un travail sur soi-même, dans l'apprentissage de la sagesse : celle que recherchaient les Anciens, la culture grecque, et d'autres ! .  

       

19/03/2012

Pourquoi le racisme grandit

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Avertissement

Ce message était presque prêt hier soir, tard,

à l'heure où il fallut aller dormir,

en remettant au lendemain les dernières vérifications.

Les références sont des articles de presse du 25 février et du 17 mars.

Ceci n'est donc en aucune manière une réaction à la tragédie survenue

ce matin à Toulouse,

laquelle nous inspire émotion, silence et consternation.

 

        Le racisme grandit, même dans l'Education nationale ! La raison est 1° d'ordre passif (ce qui n'est pas dit, ce qui n'est pas fait) ; 2° d'ordre actif (ce qui est dit, notamment de façon publique).

        1° Dans ce qui n'est pas dit, ou pas fait, il y a les carences de l'Education nationale : l'échec, l'ennui, l'atmosphère tendue, la difficulté à réussir. Tout ce qui éloigne du bonheur en somme va dans le mauvais sens. Il y a aussi le manque d'engagement positif : de même qu'on ne combat pas le bruit en faisant la guerre au bruit mais bien plutôt en apprenant à aimer et cultiver le silence* (extérieur et intérieur), de même on ne combat pas le racisme en se contentant de faire la guerre au racisme, mais bien plutôt en développant le goût et l'expérience du bonheur d'être ensemble, d'avoir des différences, d'en jouer de façon heureuse et bien assumée.

        2° Dans ce qui est dit, ou fait, il y a des déclarations qui restent dans la tête des gens, et que l'on retrouve aussi dans celle des élèves, surtout si l'on considère les manques que nous venons de dénoncer ci-dessus. Telle campagne politique qui se donne pour objectif de diminuer le nombre des étrangers parmi nous, petites phrases venant de haut dans la société, les dégâts peuvent être considables. La formule "il y a trop d'... en France" est de nature à rester dans les pensées, dans le langage, dans le chant intérieur que chaque personne entend sans cesse, en sourdine, sans y prêter attention, et qui alimente bien des réactions. Et des actes parfois s'ajoutent aux paroles : expulsions de roms en tant que roms, non plus seulement dans les mots, mais dans les actes ! 

        Il est temps d'affirmer la fraternité universelle par des mots, des paroles, des exemples capables d'entraîner, de susciter amour et ferveur, dans le bon sens. Ce que font Cimade, RESF... ...

        Cela ne va pas toujours de soi, à ce qu'il semble. C'est bizarre : alors que tout le monde est d'accord quand il s'agit de fraternité, de justice, d'égalité des chances par exemple, il en va bien autrement dès lors qu'il s'agit de choses modestes, simples et quotidiennes : apprendre le bonheur du silence, de la douceur, de la réflexion ; dès lors qu'il s'agit d'oser aimer, d'oser avoir de la ferveur, de l'enthousiasme, d'oser se réjouir, d'oser être heureux de l'autre. Or ces attitudes, dont notre société semble avoir honte, sont les bases émotionnelles profondes sur lesquelles peuvent s'appuyer, et se développer la fraternité, la joie, la confiance. Il est plus commode d'inciter à la peur, à l'exclusion, à la haine ! Le présent nous le montre, l'histoire nous l'a enseigné !

        On pourrait confronter ce qui précède à deux articles de

Rue89 :

A./  25 02 12, par Nolwenn Le Blevennec (journaliste) et Audrey Cerdan (photographe) sur les filles noires et les autres élèves, et le "Il y a trop..." que le chant intérieur ramène sur la langue des jeunes pas racistes un brin, tiens, pardi, mais enfin à y regarder de plus près peut-être que après tout et si, et si... ? Lien : LE MOT TROP.

B./  17 03 2012, par Augustin Legrand, assistant d'éducation, sur les insultes racistes proférées par un élève à l'adresse d'un adulte en situation d'autorité, et sur la façon dont solidarité et soutien peuvent se faire très, très timides : le monde à l'envers. Ici encore, le "chant intérieur" qui habite les esprits pourrait avoir pâti de l'influence d'une formule "balancée" par tel ou tel adulte de haut niveau, ou plus précisément de haute responsabilité dans l'ordre de la force médiatique ! Lien : RACISME VIOLENCE DE LA PAROLE.

        Puisse tout cela nous inciter à construire une France dans laquelle les enfants disposent de bonnes conditions de travail, ainsi que nous le souhaitions précédemment... Tant il est vrai que le racisme n'est pas fils du bonheur partagé, ni de la joie profonde d'apprendre, et d'aimer. Il est plutôt fils de la misère économique, de l'angoisse du lendemain (voir notre message récent sur la présence néo-nazie dans tel quartier en Grèce**), comme de l'absence du bonheur total et épanousissant. Il en était un peu question dans notre message du 08 03 2012. Lien : EDUCATION RASED PSYCHOLOGUES.  

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* France résiste, 17 05 2012 "Les quinze causes de la violence", dont le bruit ! Lien : VIOLENCE BRUIT.

** France résiste, 11 03 2012 "La France en progrès (...) Tu parles !", alinéa ddd... "Quittons la France pour la Grèce (...)".

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