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20/10/2012

Une UMP caritative, perle rare de l'activisme politique

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        Utiliser les militants UMP comme

"force de frappe caritative"

et faire faire par des militants et adhérents du parti un travail habituellement considéré comme relevant d'associations, de professions (pédagogique, juridique...), voilà une perle rare dans l'histoire politique mondiale.

        Des historiens pourraient peut-être dire dans quelle mesure exactement des partis politiques récents ou anciens auraient, ou n'auraient pas, par hasard, cherché parfois à conquérir les coeurs et les esprits par des actions de gentillesse, d'entr'aide au profit de la population... Mais dans le cas de l'UMP, il s'agit sans doute simplement d'une idée-perle, reluisante de bonté généreuse pour le peuple français. C'est sans arrières-pensées, du moins nous aimerions le croire. Au fait, c'est bon pour nous tous de nous savoir aimés à ce point, n'est-ce pas ? Et puis, le passage au pouvoir des forces propres à (__ou proches de__) l'UMP, ces dernières années, nous a donné la mesure de la bonté généreuse de cette tendance politique à l'égard de l'Education, de la Justice, des petits et des pauvres... Alors ? Peut-on croire ?   

        Et si le bilan des années du précédent quinquennat servait de sombre écrin sur lequel serait sertie l'actuelle perle UMP  des actions caritatives ? Bilan de ruines dans les rangs des professeurs non nommés, des RASED estropiées, des juges d'instruction inquiets quant à leur indépendance, voire leur nombre : bilant foncé, sombre, ténébreux tout en contraste avec la perle de bonté caritative poliique d'un parti tout entier Lumière, Amour, Bonté...    

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        Au demeurant, on pourrait aussi considérer ce genre de projet comme relevant de ce que nous avons appelé dans ce blog "Le Pouvoir à l'assaut de l'opinion", ou encore "Le Pouvoir à l'assaut des coeurs", ou enfin "Le Pouvoir à l'assaut des pouvoirs". En effet, on peut considérer que le but de l'opération est peut-être bien de gagner des voix pour les élections qui s'annoncent (voir les articles de presse cités en liens hypertexte ci-dessous) ; on pourrait aussi considérer que le but de l'opération est de conquérir la sympathie par la tendresse, la proximité, la familiarité, autrement dit de conquérir les coeurs ; on pourrait enfin considérer que ("last but not least") l'effet secondaire de l'opération consiste à faire faire par un parti politique le travail qui ne lui revient pas en propre. Et sur ce point, on retrouverait alors la tendance que nous observions chez le précédent Président de la République, tendance à occuper le terrain dans des domaines aussi variés que la Justice, l'Education nationale... : tentatives de prise de direction, de consignes, d'influences exercées par le Pouvoir à l'égard de ces institutions qui doivent, en démocratie, rester indépendantes et souveraines dans le champ de leurs compétences. 

        Le vieux démon qui se manifestait durant le précédent quinquennat est donc encore à l'oeuvre. S'il revient au pouvoir, il pourrait, peut-être, tenter une nouvelle fois de diriger aussi efficacement que possible les domaines qui ne sont pas ceux de la politique, ni du gouvernement... Il pourrait peut-être essayer, de nouveau, de se lancer à l'assaut de l'opinion, des pensées, des émotions, et même des diverses compétences et des diverses institutions qui font le tissu et l'âme de notre démocratie.

        Une perle sert au moins à faire réfléchir, à l'occasion, ne trouvez-vous pas ?

        A.  Mais rien ne vaut la fréquentation des sources et de l'information. Pour la proposition d'actions caritatives, on lira Laure Equy dans Libération du 03 10 2012. Lien : POLITIQUE CARITATIVE.

        B.  Pour l'existence ou l'absence de parenté entre deux personnalités éminentes de l'UMP, sachant que monsieur F. Fillon a semblé insister davantage sur le recours aux figures intellectuelles de grande envergure, le débat d'idées haut de gamme, cependant que son rival (de ces temps-ci, en tout cas) privilégie l'action de proximité : lire de nouveau Laure Equy dans Libération du 29 09 2012. Lien : UMP INTELLECTUELLE ET PRATIQUE.

 

La France n'étant pas une dictature,

il importe, et il convient de considérer et

examiner librement ce qui précède.

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07/04/2012

Trois recettes au détriment de la vérité

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           La vérité est un grand mot. Et le mot, pas plus que la réalité qu'il évoque ne font partie des gadgets à la mode ces temps-ci. La vie publique, les moeurs démocratiques ne s'en trouvent pas grandies. 

        a)  Si l'on me dit "Voici le plan de Paris", et que l'on me donne un plan de Grenoble, je dirai que l'information (Grenoble pour Paris) est inexacte.

        Si Marine candidate semble indiquer qu'en France, même pour les crimes les plus atroces, on ne fait pas de peines de prisons plus longues que 27 ans, ses propos au sujet de cette réalité sont inexacts : trois ou quatre mises en défaut lui sont opposées dans un article qui met en quelque sorte les pendules à l'heure. Lire Cédric Mathiot, Libération 28 03 2012. Lien : INEXACTITUDE.

 

     bret90.jpg   b)  Si l'on me dit "Voici le plan de Paris" et que l'on me tende un plan où ne figurent que les rues commerçantes, si donc dans ce plan manquent les places, les squares, les musées, les jardins, les monuments, les voies d'eau, je dirai que l'information est incomplète : elle est inexacte parce qu'incomplète. On parle aussi de "vérité incomplète". Ou encore de mensonge par omission.

Si les statisticiens de l'Education nationale ont réalisé dans l'année une cinquantaine d'études demandées officiellement, et si en l'espace de quelques mois une seule de ces études a été publiée, l'image que cela donne de leur travail est inexacte, car partielle (incomplète). Ce qui, au demeurant, n'est pas sans quelques conséquences sur l'image de l'Education nationale. C'est précisément pour cette raison que des statisticiens, soutenus par des syndicats, ont créé un collectif dont le but est d'oeuvrer pour que les études qu'ils réalisent soient publiées. Article de M. P., Libération, 29 03 2012. Lien : VéRITé INCOMPLèTE.

 

 bret164.jpg                             c)  Si je demande un plan de Paris et qu'on me tende un petit fascicule intitulé "Plan de Paris" ; si, une fois ouvert, cet objet ne contient que la liste des bureaux de poste de Dresden, en Allemagne, liste parfaitement exacte : le problème n'est pas la liste elle-même, puisqu'elle est excellente ; le problème, c'est que le fascicule annonce "Paris" et me fournit en réalité autre chose, à savoir les bureaux de poste, ceux de Dresden dans ce cas précis ! Il y a inexactitude de l'étiquette, ou encore annonce erronnée. On peut dire aussi que c'est une façon de m'obliger à voir la liste des bureaux de poste de la ville de Dresden, dont je me fiche complètement : on m'impose cette liste, c'est une sorte d'imposition de contenu. Le célèbre coup du cheval de Troie est un exemple de cette astuce : on reçoit un cheval, et finalement ce sont des guerriers ennemis qu'on a reçus chez soi, dans la ville ! Et on se fait trucider gaiement... Il y a eu imposition du contenu du cheval, à savoir les guerriers.

Si un institut de réflexion présente ses idées sous la forme d'une campagne publicitaire télé-radio, l'annonce est celle d'un acte de publicité, le contenu imposé est la présentation des idées. Et lorsque les idées sont proches des conceptions d'un candidat à des élections, cela donne lieu à une décision de la part du CSA : l'institut Montaigne cessera de faire sa campagne à partir du lundi 9 avril 2012. Nabil Touati évoquait récemment le problème et nous incitions à le lire ; il nous tient au courant de cette toute dernière évolution du dossier, in NouvelObs, 06 04 2012. Lien : IMPOSITION DE CONTENU.

        Voilà comment, parmi bien des manoeuvres possibles, on peut choisir l'une ou l'autre pour mettre la main sur la tête (le cerveau) de la population. On peut évoquer à ce sujet la grande question du conditionnement des esprits. Et la proximité d'une élection n'y change rien (tout au contraire, qui sait ?). Amie lectrice, ami lecteur, bonne fête de Pâques, ou tout ce que vous voudrez, mais attention : n'anoncez pas trente oeufs en chocolat pour ne donner que quatre roses fanées. Merci d'avance pour les gourmands que vous convaincrez !

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05/04/2012

Pas en guerre, mais !

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    Nous ne sommes pas en guerre, mais dans nos coeurs, dans nos têtes un flot continu de bruit, de mots, de "nouvelles" médiatiquement acheminées nous habite.

    A./ Les syndicats ne sont pas l'objet de la délectation présidentielle. On parle d'insultes (présidentielles) à leur encontre,  dans un article qui cite plusieurs journaux : lire Frédéric Couteau, Rfi 03 04 2012. Lien : SYNDICATS.

    B./ Le Président n'en est pas à sa première remarque concernant les corps intermédiaires. Quelques épisodes peuvent rafraîchir la mémoire sur le sujet. Quant à la sollicitude déployée au profit des travailleurs, l'affaire de Florange se rappelle à nous, elle aussi, par la bouche d'un syndicaliste CFDT, Alain Gatti : dans les 17 millions annoncés, il conviendrait de considérer que 15 ne sont pas ce dont ils ont l'apparence, et deux seulement concernent effectivement le redémarrage des hauts fournaux. Ce qui n'est pas sans poser quelques menus problèmes au niveau pratique, et une grave question au niveau de l'honnêteté intellectuelle (les termes employés sont plus durs). Lire Louis Morice in NouvelObs, 03 04 2012. Lien : CORPS INTERMéDIAIRES.

    C./ Nous avons bien longtemps vécu sans mesurer, peut-être, à quel point nous étions en danger. Et cela en raison de la présence en France de prédicateurs islamistes (c'est ainsi qu'ils sont désignés) contre lesquels il est, chacun en conviendra, urgent d'agir. Il paraît que cela, d'après certains, pourrait s'avérer untile pour "faire oublier les défaillances de la lutte des services français dans l'affaire Merah" (article cité en fin de paragraphe).  Lire l'article de Sylvain Mouillard in Libération, 03 04 2012. Lien : AFFAIRE MERAH.

    D./ Dans l'affaire des islamistes de Forsane Alizza, le syndicat de la magistrature évoque l'idée d'une "récupération" (du problème de l'islamisme radical) "par le président-candidat" (voir en fin d'article : in Rue89Lyon, 03 04 2012. Lien : RéCUPéRATION POLITIQUE.

    E./ En marge de toutes ces peurs ou antipathies, nous vivons actuellement la campagne électorale, laquelle SEMBLERAIT, paraîtrait tout au moins emprunter parfois les chemins détournés d'une (peut-être) campagne de publilcité ? Une chaîne de télévision, des chaînes de radio diffusent en effet ce genre de chose pour un institut dont l'idéologie va plutôt dans le sens du candidat sortant. Au point que le CSA s'en est ému et se sent concerné par le problème, ou la question posée si l'on préfère. Lire Nabil Touati, NouvelObs, 30 03 2012. Lien : INSTITUT MONTAIGNE radio télé CSA.

    F./ Mais revenons aux émotions : dans une prise de parole (peu de jours après les tueries de Montauban et Toulouse), Marine candidate parle d'une "avancée du fascisme vert dans notre pays", elle évoque les "bateaux" et leur contenu d'immigrés, elle se demande, elle demande quel est le nombre de personnes (dans ces bateaux) qui sont des Mohamed Merah... Du reste, les bateaux sont "remplis" d'immigrés, et ils arrivent, ainsi que des "avions", "chaque jour en France". On voit que les mots de Marine candidate sont riches en images, qu'ils s'adressent à l'imagination au sens propre (voir mentalement des images) et au sens figuré (imaginer une possibilité avec assez de précision pour qu'elle semble réelle). C'est de bonne guerre, dans le registre de l'éloquence et sur ce point précis nous pouvons reconnaître un certain mérite à Marine, candidate, car elle vit intensément ses convictions, et cela aiguise son verbe. Ce qui ne constitue pourtant en aucune manière une quelconque raison de souscrire à ses convictions. Voir NouvelObs, 25 03 2012. Lien : MERAH BATEAUX IMMIGRéS.  

    G./ Des discours à la qualité des gestes, il y a un pas que l'information nous fait franchir. Des tunisiens, en voyage, se sont retrouvés pris en charge par des policiers français, placés ("parqués", dit l'article cité en fin de paragraphe) dans un garage, et pour bien les identifier les policiers leur ont écrit à chacun un numéro, sur le bras. Certains voient là une atteinte à la dignité de la personne, conformément à des textes qui font autorité (article cité en fin de paragraphe).  Précisons que ces tunisiens n'avaient apparemment pas commis de crimes. Pour vous faire une opinion, le mieux reste de lire Olivier Bertrand in LibéMarseille, 31 03 2012. Lien : TUNISIENS POLICE NUMéROS.

    H./ Soyons bref désormais, pour épargner le lecteur, et disons qu'une "descente 'antiterroriste' au Mirail" (Toulouse) a donné lieu, à son tour, à quelques exemples de manque de délicatesse. Bien sûr, le rôle de la police dans ce genre d'occasions n'est pas d'être des modèles d'affabilité, mais plutôt d'être d'une irréprochable efficacité. Néanmoins, dans le cas précis, on a peut-être le droit de rester pensif...  On a pu observer des faits de nature assez semblable dans un quartier voisin, la Reynerie. Lire Jean-Manuel Escarnot, LibéToulouse, 31 03 2012. Lien : ANTITERRORISME.

    I./ A Toulouse également, un jeune homme était chez sa mère et a été interpellé, c'était dans le quartier de la Faourette. Bilan : ils (les policiers) "ont tout cassé". Et l'on ajoutera "pour rien", pour aller jusqu'au bout des propos entendus sur place, puisque le jeune homme en question fut relâché... Et, rassurez-vous, comme le montre la fin de l'article, les arrestations d'islamistes se poursuivent (il s'agit d'islamistes soupçonnés d'être terroristes, sans doute, mais le vocabulaire tend à se simplifier ces derniers temps). Et le mot "islamiste" continue de faire ses pirouettes dans nos têtes, nos rêves, ou plutôt nos cauchemars. L'article, c'est dans LibérationToulouse, 02 04 2012. Lien : TOUT CASSé POUR RIEN.

    J./ Tout cela est certes inquiétant. Nous sommes inquiets. Inquiets, les sénateurs le sont aussi. Inquiets au sujet de l'affaire Merah, au point qu'ils ont demandé qu'une Commission sénatoriale puisse entendre les responsables des services de renseignement. Ils osent prétendre, figurez-vous, qu'une telle audience est constitutionnelle, relève de leurs attributions, et fait partie du contrôle par le peuple de l'application des lois. Ah, c'est beau, mais le gouvernement a refusé. Alors, pourquoi et comment ce refus est-il inquiétant (pardon pour la répétition des mots "inquiets", et "inquiétude", mais c'est l'air que nous respirons) ? La réponse, vous la découvrirez sous la plume d'Estelle GROSS, NouvleObs 02 04 2012. Lien : COMMISSION SéNATORIALE.

    Non, la France n'est pas en guerre. Mais les mots, les images, et jusqu'à l'imagination qui se déversent dans nos cerveaux nourrissent en nous des rêves qui sont des cauchemars.

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27/11/2011

J'ai des amis, c'est plus fort que moi !

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AU FIGARO

        a.  Le Figaro, paraît-il, "s'est peu à peu mué" en quelque chose de bien gentil à l'endroit du Président. Dans quelle mesure ? De quelle manière ? Est-ce bien exact ? Est-ce de façon consciente et assumée ? Il ne vous reste qu'à lire Véronique Groussard dans NouvelObs, 10 11 2011. Lien : GENTILLESSE ASSUMéE 

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  DANS LES MAISONS ET LES FOYERS

        b.  Mais voici que, le 27 octobre 2011, IL parlait à la télévision. Les journalistes qui allaient lui poser des questions, qui donc les avait désignés ? La production de l'émission, quel genre de société était chargée de l'assurer ? Pourquoi donc des réactions si fortement scandalisées du côté des syndicats de journalistes de France Télévision ? En quoi pouvait-on parler de "première" ? Voir NouvelObs 24 10 2011. Lien : JE CONTRôLE LA SITUATION.  

 

        c.  Des précisions sur le même sujet, si vous souhaitez frémir davantage, et des réactions à la mesure de l'extraordinaire : la chose, vue par Benoît Hamon (PS), et Renaud Revel (L'Express). En route pour l'indignation, ouvrez le lien vers SudOuest en ligne, 27 10 2011. Lien : AH MES AMIS.

 

        d.  Et nous voici déjà au lendemain de l'émission (si importante !), cette émission vraiment marquée du sceau de l'extraordinaire. Les modalités, la progression, les non-dits de la belle soirée sont un matériau de choix pour l'incisif et clairvoyant observateur. On se sent peut-être un peu accablé, désolé à cause de ce qui est dénoncé de façon si consciencieuse, bien construite, terrible au Pouvoir, par Laurent Joffrin : NouvelObs, 28 10 2011. Lien : LE JEU DéMASQUé.

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ET ALORS ? C'EST TOUT ?

        C'est une succession de vagues. Non pas les vagues de la mer, mais plutôt celles d'un assaut. L'enjeu, c'est la fabrique de l'opinion. Nous voyons avec quelle finesse l'assaut est engagé. Un assaut amical, et tout autant inamical : cela varie suivant le côté où l'on se trouve. Mais la liberté, l'égalité et la fraternité sont sûrement présentes dans cette bataille : le tout est de savoir de quel côté ! .

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