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02/05/2015

SOS latin grec allemand

        S'il est un domaine qui permet tout à la fois d'augmenter la compétitivité de la France, de préparer la fraternité et la paix entre les peuples, de construire l'Europe et le monde, de donner aux jeunes de notre pays toutes leurs chances pour devenir compétents, trouver un emploi, se construire eux-mêmes et construire la société, c'est bien celui de l'enseignement des langues.

        L'allemand est ici concerné au premier chef pour de nombreuses raisons. La pétition signée et lancée par des associations qui veulent tirer le signal d'alarme avant la "disparition" de ce à quoi elles tiennent plus que tout figure sur un site de pétitions dont lien ici : SOS enseignement de l'allemand

 

        Le latin et le grec sont apparemment plus éloignés de la rentabilité et de la lutte pour le succès économique et commercial. Apparemment. Car on peut facilement se laisser convaincre à la lecture de la pétition lancée par ADEAF en cliquant sur le lien suivant : SOS enseignement du latin et du grec

 

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        Une remarque plus personnelle.

        Il n'est pas idiot, il est même fort louable que nos gouvernants aient pour ambition de faire connaître et aimer le latin, le grec et l'allemand au plus grand nombre de jeunes français. Cela va dans le sens d'une meilleure estime de soi, et des trésors que de jeunes esprits peuvent découvrir avec ravissement. Cela devrait en principe rapprocher tous les élèves les uns des autres. 

       On peut amener les jeunes gens en haute montagne et leur faire apercevoir les difficultés du métier de guide. Ils auront certes l'esprit plus ouvert. Mais pourrait-on leur confier la responsabilité d'une cordée ?

        On peut présenter aux élèves un aperçu de la médecine, et la richesse des disciplines qu'elle comporte, des gestes médicaux qu'elle implique, de la formation lente, durable, prolongée et de haut niveau dont on ne peut pas faire l'économie si l'on veut devenir compétent. Sinon, on deviendra tout simplement un danger public.

        L'allemand, le latin, le grec, mais aussi le russe, l'arabe, le mandarin, le chinois cantonais, l'espagnol, le turc et les civilisations associées à ces langues : autant de paysages que l'on peut, que l'on doit contempler pour mieux comprendre les peuples, pour améliorer la qualité des contacts et des échanges : certes ! Mais pour que ces disciplines puissent à la fois nourrir l'esprit à la mesure des richesses qu'elles nous offrent, et pour que nous puissions en faire un usage adapté aux exigences de la vie, il convient, il importe absolument que certains parmi nous mettent le prix en temps, en patience, en nombre de centaines d'heures de travail, de milliers même ! Sinon, d'une façon ou d'une autre, il pourrait nous en coûter très cher.

        Si l'égalitarisme n'existait pas, il faudrait l'inventer. Non pas comme une réalité tyrannique, mais plutôt comme une bonne et belle étoile qui peut guider notre aventure sur l'océan de l'éducation.

        Si l'élitisme n'existait pas, il faudrait l'inventer. Non pas comme une dictature qui brime, méprise et divise les personnes entre elles, mais plutôt comme un moyen par lequel chacun travaille à la mesure des exigences du réel : exigences manuelles, intellectuelles, ou autres. 

        Si les cris d'alarme lancés aujourd'hui par les professionnels ne sont pas entendus, nous serons demain dans une situation dont nous mordrons les fruits amers et dont nous ne pourrons plus nous retirer : on ne fait pas machine arrière quand on a perdu certaines richesses, certaines compétences et capacités à l'échelon de tout un pays !

        Alors ?

        La connaissance et l'amour dans la fraternité et l'égalité, c'est OUI.

        Mais le travail intenses, pendant des centaines, voire des milliers d'heures pour maîtriser très tôt l'apprentissage (jamais terminé) des langues (au pluriel !), même si cet effort n'est fait que par certains pour le plus grand bonheur de tous, c'est également OUI.

        Après la crise, avec un budget divinement généreux, l’Éducation nationale s'offrira le plaisir de réussir tout, mais oui vraiment : tout en même temps. D'ici là, ne précipitons pas la manœuvre en nous plaçant tous d'un seul côté du navire, ce qui le déséquilibrerait et le ferait couler à pic !  

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11/04/2015

Intelligence ou bête violente : que sommes-nous ?

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A.  Hospitalisée à Toulouse, elle avait été agressée à cause d'un vêtement qui cachait ses cheveux.

        L'agresseur aurait-il éprouvé, à la vue de l'article vestimentaire en question, une avalanche d'émotions furibondes qui l'auraient secoué intérieurement au point de l'amener à se conduire de façon violente ? Deux questions se trouvent donc posées :

 

Question numéro 1.

        Comment un être humain, l'un de nous, peut-il en arriver à de tels actes, comment se fait-il qu'il perçoive la réalité et l'éprouve en lui-même d'une façon telle qu'il se transforme, souffre, et fasse souffrir ? A cette question, la réponse ne semble pas vraiment s'étaler sur la voie publique. Un certain silence règne, alors qu'il nous semble que le sujet mérite une attention non seulement sérieuse, mais également immédiate, de toute urgence !

        Peut-on suggérer une explication simple ? Nous soulignerons donc ceci : d'une part, la perception d'une pièce de tissu n'est pas reçue par nous de la même façon si nous l'associons à la protection contre la chaleur du soleil ; ou si elle nous rappelle le temps où la France encore pas mal chrétienne revêtait ses "bonnes sœurs" de voiles divers et variés, dont par exemple la célèbre cornette des sœurs de la charité ; mais nous pouvons aussi associer le voile d'aujourd'hui à la pratique et à la présence d'une autre religion, elle-même assimilée de façon hâtive à un certain nombre de pays et à certaines choses qui nous déplaisent, ou nous dérangent, ou nous inquiètent à tort ou à raison. Or, on objectera que quel que soit le cas, la vue d'un peu de tissu ne peut pas, ne devrait pas raisonnablement conduire à des actes violents.

        Et c'est ici qu'intervient le deuxième facteur : la violence existe en nous avant même que le prétexte de son déclenchement ne nous soit fourni. Nous sommes par nature capables d'amour, d'émerveillement, de délicatesse, de souffrance, de compassion, et de bien d'autres choses encore parmi lesquelles la violence. La violence fait partie de ce dont nous sommes capables pour nous défendre, au même titre que l'appétit nous invite à nous nourrir ou que l'instinct de conservation nous évite la mort. C'est simple, et cela ne nous oblige pas forcément à être violents. Mais cela signifie que la violence qui nous habite, véritable force comparable à celle d'un fleuve, est régie par quelques lois. Le fleuve suit le cours qui lui est imposé par le relief. De même la violence qui sort de nous prend telle ou telle direction, selon les circonstances qui nous entourent, ou nous façonnent de l'intérieur. Et c'est ainsi que nous prenons avec force et détermination, dans notre activité, la direction du sport, ou de l'étude intellectuelle acharnée et passionnée, ou encore de l'ambition, de la création artistique, entre bien d'autres choses. Dis-moi à quoi tu "tournes" la violence saine et humaine qui t'habite, et je te dirai qui tu es.

        Dans certains cas, à certains moments de notre vie, notre violence saine et naturelle est sollicitée de façon plus combative, plus instinctive et irraisonnée, plus destructrice... Par exemple à la vue d'un ennemi qui va nous tuer,  ou à la vue d'un objet qui, pour notre vécu intérieur, représente quelque chose d'insupportable. 

        On pourrait donc envisager de mieux prendre conscience de cette présence en nous d'une certaine bonne violence, force saine, naturelle et utile. On pourrait donc aussi apprendre à se méfier des idées, ou des souvenirs, ou des images qui nous amènent à ressentir le réel d'une façon trop douloureuse, si bien que la violence s'éveille alors en nous et nous conseille mal.

        Connaître l'autre, les autres, réfléchir, méditer, prendre du temps pour accueillir en soi la diversité du réel et pour prendre du recul par rapport à ses propres instincts violents, voilà qui aiderait peut-être les uns à ne pas céder à l'impulsion d'un moment, et les autres à ne pas construire de façon délibérée des guerres fondées sur la bêtise, l'ignorance, le non-respect systématique de l'autre. Et cela vaut pour toutes les doctrines, toutes les chapelles, aussi bien celles qui haïssent l'étranger que celles qui haïssent les musées et les statues de l'Antiquité...

 

Question numéro  2. 

        Peut-on tolérer ce genre de comportement ?

        Cette fois, la réponse n'est pas bien loin, elle est même sous nos yeux, elle vient du ministre de l'intérieur lui-même.

On lira avec intérêt Le Monde, 27 03 2015. Lien : vêtement et intolérance.

 

 

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       B.  Pour Aurélie Filippetti, alors ministre de la culture et de la communication, c'est en se cultivant et en exerçant son intelligence que l'on combat au mieux les mauvaises idées d'une certaine droite extrême. Elle invoquait à ce sujet Albert Camus, dans une tribune de l'année 2013 que l'on trouvera sur le site de Libération (voir le lien ci-dessous). Et l'on voit comment se rejoignent un écrivain d'hier (ou d'avant-hier ?) et nos préoccupations, nos problèmes de ce début 2015.

        Il est urgent, en effet, de continuer à bâtir la France, pays de culture et de pensée, de finesse et d'éducation, aussi bien dans la société en général que dans le cadre de l’Éducation nationale dont il sera question ci-après. On ne prépare pas l'avenir en détruisant des dizaines de milliers d'emplois d'enseignants (précédent quinquennat). On le prépare en appliquant et en continuant d'appliquer le programme socialiste annoncé, notamment pour l’Éducation nationale, source d'intelligence et de tolérance pour aujourd'hui et pour demain...

Lire : Libération, 01 12 2013. Lien : Filippetti culture Front national

 

 

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        C.  "L'abandon progressif du latin et du grec" dure déjà depuis des décennies, mais est-ce une raison pour continuer de suivre cette mauvaise pente ? L'auteur de l'article auquel nous renvoyons le lecteur par le lien ci-dessous est passionné par ces deux langues, et il montre à quel point leur étude contribue à former l'esprit et à le rendre cultivé.

        Nous remarquerons par ailleurs que son propos revêt un caractère particulièrement pertinent en ce début de 2015 où des barbares, vrais et actuels, détruisent systématiquement et sauvagement des trésors archéologiques et historiques d'une valeur inestimable pour notre identité et pour les origines de notre civilisation.

        Devant les horreurs perpétrées par Daech, on hésitera peut-être à déclarer que l'étude des langues anciennes est d'une brûlante actualité... Et si la vérité se trouvait être le contraire ? Et si la cible de ces destructions écœurantes était non seulement les statues, les objets matériels hérités du passé, mais aussi, voire même davantage, notre pensée, notre esprit ? N'est-il pas grand, noble et courageux de cultiver l'histoire, la pensée, la vivacité de l'esprit et l'élargissement des connaissances ? Ce courage-là est, en vérité, aussi beau et réconfortant que le spectacle de la barbarie est laid et décourageant. L'intelligence, la culture sont à la fois notre avenir et la sauvegarde de notre passé. Ce sont des armes redoutables, que les imbéciles redoutent, et cherchent à supprimer. Voir le site Focus Campus, 04 04 2015. Lien : latin et grec pour l'intelligence

 

 

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L'homme est un animal curieux.

Il est barbare et fou furieux.

Il est cependant merveilleux,

Accueillant, doux, ami des dieux. 

Pour arrêter les flots barbares

Nous invitons l'esprit, et l'art.

 

 

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08/05/2014

Vocations de professeurs : crise de société ?

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       Non contente de manquer de professeurs, la France manque de candidats à ce métier. Les chiffres sont alarmants. Mais il est facile de se tromper à leur sujet : la crise des vocations n'est pas née de la dernière pluie ; et elle ne se limite pas à la petite cuisine des niveaux de salaire, pas plus qu'elle ne se laisse enfermer dans les dimensions de la seule Éducation nationale. 

 

        A.  On peut présenter le métier d'enseignant d'une façon matérielle, que certains qualifieront d'objective, en fournissant à l'opinion une sorte de documentation sèche. On verra par exemple comment le beau métier est présenté sur le site lEtudiant. Lien : profession professeur collège lycée.

 

        B.  D'une façon un peu moins sèche, mais encore très factuelle, on peut consulter la présentation fournie par l'ONISEP. Lien : métier professeur des écoles.

 

        C.  On peut s'interroger sur le degré d'importance des dégâts provoqués par le pouvoir politique et plus particulièrement pendant les années dites Sarkozy, surtout de 2007 à 2012. Comment l’Éducation nationale a-t-elle souffert de la part du pouvoir ? Comment les vocations au plus beau métier du monde ne s'en seraient-elles pas trouvées mises à mal ? Il faut lire sur ce sujet l'article de Nolwenn Le Blevennec dans lequel, en mars 2012, il abordait la question des "attaques portées à l'école depuis 2007". Les "coups" sont, d'après lui, au nombre de neuf. La lecture de cet article fait entrer dans l’abime des dégâts causés non seulement à l’Éducation nationale, mais encore à l'opinion. On frémit en percevant la gravité, la nocivité et l'efficacité des attaques. Voir, donc: Nolwenn Le Blevennec in Nouvel Observateur, 12 03 2012. Lien : Éducation nationale victime années Sarkozy.

 

        D.  Pourtant, une autre question se pose : la dégradation de l’Éducation nationale et la crise des vocations d'enseignants sont-elles uniquement de nature politique ? Et puis, tout ce mal grave et profond dont nous souffrons n'est-il pas apparu depuis plus longtemps et de manière plus globale, de façon plus ou moins liée à une crise plus vaste que le seul domaine de l’Éducation ?

        Tidiane Diakité faisait paraître, en 2006, un remarquable ouvrage intitulé "Mutations et crise de l'école publique. Le professeur est mort, vive le prof" (L'harmattan, 2006). Avec lui, nous abordons (dans le cadre de l'école) :

. l'agressivité et la violence

. le manque de candidats au métier de professeur

. la disparition du sens même de ce métier, ce qui contribue bien évidemment à lui ôter tout attrait

 . l'angoisse qui occupe une place de choix dans le quotidien de l'exercice du métier de professeur : angoisse, et très concrètement insécurité...

. la nécessité, désormais, de ne plus rechercher des solutions partielles, qu'elles soient de nature pédagogique ou autres, mais de procéder très largement, d'une façon politique au meilleur sens de ce mot, car l'école et la société ne peuvent plus se redresser l'une sans l'autre

. et cependant, dans l'immédiat, c'est la "souffrance" des enseignants qu'il faut d'urgence prendre en compte

        On lira donc "Éducation nationale : crise des vocations ?", un message de Tidiane Diakité sur son blog, 04 05 2014. Lien : Éducation vocations France

 

 

        CONCLUSIONS

        Les chiffres donnés, la nature des maux énumérés montrent que la tempête des années 2007 - 2012 n'a pas provoqué l'apparition de la grande crise actuelle. Le mal était déjà bien avancé lorsque ces attaques, terriblement violentes, se sont déchaînées : des attaques qui ont aggravé la situation de façon incommensurable par leur énormité, par la suppression de la présence de dizaines de milliers de personnes compétentes auprès de nos élèves, par l'arrogance à l'égard de la culture, du métier de professeur, et en fin de compte contre l'essence même de l’École, de l’Éducation, et de notre République, issues de la Résistance ! 

 

        Nous sommes désormais face à un mal qui affecte notre société dans son ensemble, un mal qui a très probablement travaillé la France depuis des années et provoqué simultanément :

 

  1/ la dégradation des mentalités (le "professeur" est devenu un "prof" sans sœur, aux contours plus flous qu'autrefois et pas encore renouvelés, cependant que les "valeurs", ou plus précisément leurs contraires, qui sont à la hausse, ressemblent bien davantage au dénigrement, au matérialisme, à l'individualisme, au matérialisme pratique, à la xénophobie, au sarcasme...)

 

  2/ la dégradation de la pratique enseignante au quotidien

 

  3/ la dégradation de l'image qu'on peut avoir de ce métier, de la pédagogie, du service public auprès des jeunes, de la grandeur de la tâche et de la valeur des services que le professeur rend aussi bien à ses élèves qu'à la société

 

  4/ la faiblesse, et le manque de culture morale et civique qui ont permis à la France de se méprendre sur un candidat pétillant et prometteur, au point de l'élire au plus haut poste de responsabilité politique pour cinq années durant lesquelles il a, avec des collaborateurs non moins remarquables si l'on peut dire, donné la mesure de son mépris pour la culture et pour l’Éducation 

 

  5/ la banalisation des dérives ainsi amorcées, puis aggravées, au point que l'on ne saurait plus trop dire si le mal est plus profond dans le pays en général ou dans l’Éducation nationale en particulier.

 

        Nous avons donc affaire à une crise de valeurs, de pratiques, de repères, de volonté commune, de gouvernance politique mais aussi d'identité culturelle au sens large : l'école fait apparaître la surface d'une tragédie profonde comme l'Océan. L'école, reflet de la société, nous renvoie de nous-mêmes une image alarmante.

        Mais attention : c'est aussi dans l’Éducation nationale que l'on trouve d'extraordinaires trésors d'inventivité, de dévouement, de sens du service public, de patience, de don de soi et de désintéressement. Ce sont là des formes de résistance, et des lumières d'espérance. 

 

        Nombreux sont désormais en France ceux et celles qui misent sur le dialogue, la générosité, l'inventivité, le désintéressement, la tolérance et le sens de l'autre. Que ce soit dans la société en général ou plus particulièrement dans l’Éducation nationale, de nouveaux comportements se font jour, honneur de bien des jeunes (et moins jeunes), qu'ils soient professeurs ou non, gage d'un avenir qui peut se révéler meilleur que prévu. France résiste !

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02/09/2013

L'école selon Vincent Peillon est en marche

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        L'école selon Vincent Peillon est en marche. Le concert des alarmes, des craintes, des défaitismes n'a pas cessé. Cependant, les actes réels de nature à sauver l'Education nationale sont déjà présents, malgré les difficultés liées à la crise, malgré les difficultés liées à la profondeur et à l'ampleur du problème. Sans oublier les dizaines de milliers de postes supprimés par la droite et tout le mal que le précédent quinquennat a fait subir à l'enseignement public en France. On fait un petit tour dans la grande maison ?

 

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1. La lecture est un sport dans lequel nos enfants n'excellent pas ; on prendra connaissance de divers constats; et de la ligne de conduite gouvernementale. C'est dans Le Monde, 12 12 2012. Lien : LIRE école.

 

2. Lire, écrire, comprendre ce qu'on lit : les résultats scolaires dans les apprentissages fondamentaux sont mauvais. Ils sont même fort mauvais si l'on se réfère à ce qui se passe dans les pays comparables pour les mêmes apprentissages. La solution devra passer par la nécessité de "(...) faire travailler plus efficacement les élèves (...)" nous dit Antoine PROST. Le Monde, 20 02 2013. Lien : Pédagogie école.

 

3. Forces et faiblesses éventuelles de l'action gouvernementale en cours ; comparaisons avec la situation à l'étranger ; aux questions les plus immédiates s'ajoutent des questions plus profondes, plus amples auxquelles il faudra remédier absolument, et qui concernent non seulement les modalités de l'enseignement, mais aussi et surtout sa nature exacte ! Voir François Dubet, interrogé par Nouvel Obs, 01 09 2013. Lien : PEILLON SOLUTION école OU PAS.   

 

4. Le projet de Vincent Peillon pour l'enseignement du premier degré apparaissait déjà comme souple, tablant beaucoup sur l'allègement des horaires quotidiens des élèves et la qualité de vie de leurs journées. Des centaines de millions d'euros étaient déjà prévus pour mener à bien cette vaste entreprise. Voir Le Monde du 18 12 2012. Lien : PEILLON NOUVELLE école.

 

5. Promesses de François Hollande ; plus précisément, les soixante mille créations de postes en cinq ans ne sont peut-être pas irréalisables ! Et Vincent Peillon s'applique quant à lui à ne pas trop fâcher les enseignants tout en leur demandant beaucoup. Or, le système Education nationale, qui était tombé en disgrâce auprès des étudiants sous le quinquennat précédent, voit désormais remonter le nombre des candidats au métier de professeur. Certains suggèrent que c'est peut-être parce que ce métier offre une sécurité très recherchée en période de crise, d'incertitude... Mais nous ferons remarquer que cette explication n'est sans doute pas la bonne, puisque le précédent quinquennat avait vu fondre les candidatures, alors que la crise avait déjà largement marqué les esprits ! Au contraire, on pourrait dire que le gouvernement socialiste a non seulement offert davantage de postes et donc d'espoir aux étudiants désireux de devenir professeurs, mais il a aussi et peut-être surtout redonné sa dignité à l'Education nationale et aux personnels qui la font vivre ! Lire l'éditorial du Monde, 25-26 02 2013. Lien : CHOISIR l'école.

 

6. En début d'année, l'Assemblée nationale adoptait en première lecture le "projet de loi pour la refondation de l'école", de Vincent Peillon. On remarquait que l'accent était mis sur la création de nombreux postes d'enseignement et sur la formation professionnelle des professeurs.  Le Monde, 19 03 2013. Lien : PROFESSEURS nombreux formés école.

 

7. Témoignage d'un auxiliaire de vie scolaire (AVS) qui a jusqu'à présent connu la précarité dans son travail. Mais voici que le gouvernement annonce la titularisation de vingt-huit mille auxiliaires de vie scolaire. Notre "témoin" espère faire partie des bénéficiaires et pouvoir désormais se consacrer sereinement, dans la stabilité, à un véritable métier au service des élèves handicapés pour leur permettre de profiter pleinement de l'enseignement scolaire. Nouvel Obs 22-23 08 2013. Lien : AIDE handicapé école

 

8. Rappelons à titre d'exemple l'un de nos messages : 24 10 2010, "On tape sur l'Education".  

9. Ou encore celui du 12 10 2011 : "Education nationale : redisons "Stop au massacre" ! 

 

EN GUISE DE CONCLUSION :

Le précédent quinquennat avait multiplié les suppressions de postes. Le gouvernement Ayrault multiplie les créations de postes ! Le précédent quinquennat avait rendu le métier de professeur si odieux, si mal considéré, si mal aimé que les candidats éventuels se détournaient et cherchaient un métier ailleurs. Le gouvernement socialiste offre un plus grand nombre de places dans le cadre des concours de recrutement, restaure l'image du professeur et la dignité de l'Education nationale, si bien que les candidats au professorat se font bien plus nombreux ! Et voici qu'apparaît l'espoir d'un véritable métier pour les "auxiliaires de vie scolaires" (AVS), parmi lesquels des milliers vont d'ores et déjà être titularisés !

Certes, le coeur du problème devra être abordé, mais les mesures en cours permettront précisément de pouvoir le faire sans que tout soit ruiné par le manque de professeurs, le manque de considération, le manque de "visibilité" et d'espoir pour les professeurs présents et à venir. Alors, comme le souhaitent certains des spécialistes qui se sont exprimés (voir les liens ci-dessus), on pourra et il faudra aller plus avant et plus profond dans la réforme, pédagogique notamment. On pourra s'inspirer de certains modèles étrangers qui réussissent. On pourra commencer par aider les professeurs à vivre avec plus de souplesse, plus d'espoir, plus de confiance les changements qui leur seront demandés. La route ne fait que commencer, elle va dans la bonne direction, et surtout elle tourne résolument le dos à un grand nombre d'erreurs commises dans le passé.

Bon courage, Monsieur Peillon. Bonne rentrée à chaque enfant, à chaque professeur, à chaque personne qui travaille pour l'Education et pour que vive notre pays !

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07/10/2012

Education nationale : ambitions, concertation, déjà des résultats prometteurs

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    (Les chiffres placés entre parenthèses renvoient aux

paragraphes de présentation des liens

en deuxième partie de message)

    Il avait pour l'Education nationale de nobles ambitions (1).

  Il est maintenant ministre et peut réaliser ses rêves. Et c'est avec les personnes concernées, dans le respect de leurs compétences, qu'il a fait de la concertation son outil de travail. Il a lancé une réflexion en vue de refonder l'Ecole, et il a élargi ses consultations au-delà du monde des seuls enseignants (2).

  Les conclusions de cette concertation donnent lieu à un rapport qui vient de lui être remis (3).

  L'enseignement y est présenté comme un métier qui mérite non seulement considération, mais également des moyens pour se former aux compétences nécessaires, et cela n'est que l'un des points que souligne le rapport (4). 

  Alors : devon-nous regretter l'ère précédente ? Préférerions-nous la suppression de 80 000 postes, ou l'ambition d'en créer 43 000 en 2013 ? Le recrutement, du reste, a d'ores et déjà commencé, d'urgence, dès 2012, et la question du "nombre" est loin d'être la seule qui compte (5).

  Eduquer suppose un contexte, et d'autres actes, d'autres engagements, tel celui en faveur de la sécurité, de la sérénité dans les établissements : des actes sont dès maintenant posés, pas seulement des paroles (6).

  On peut avec profit comparer ces actes du pouvoir socialiste à ce qui nous occupait il y a à peu près un an (7) !

  Et puisqu'il était alors question du rapport PISA, voici une occasion d'en saisir la pertinence tout en élargissant le débat, de façon à mieux comprendre quels sont les maux et les remèdes qui peuvent caractériser la France en matière d'enseignement : une vision des choses aussi profonde qu'il convient (8). 

 

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    1. Vincent Peillon annonçait ses ambitions pour l'Education nationale : lire Sylvie, Vincent Peillon entretien avec Charles Centofanti, in Sauvons l'Université, 05 12 2011. Lien : PEILLON en rêvait

    2.  Le ministre de l'Education nationale a appelé à préparer une "refondation" de "l'Ecole de la République". DEI-France approuve, répond présent, dans son optique et ses perspectives qui débordent la seule Education nationale. Lire Sophie Graillat, site de DEI-France, 12 09 2012. Lien : REFONDATION éCOLE.  

    3.  Des centaines de personnes compétentes ont travaillé plusieurs mois, le rapport de cette concertation a été remis le 5 octobre au ministre de l'Education nationale ; et les premiers arbitrages sont attendus cette semaine : une brûlante actualité à voir sur le site de Vousnousils, 03 10 2012. Lien : REFONDER éCOLE.  

    4.  Enseigner, c'est un métier ! Cela figure dans le rapport que nous venons d'évoquer, et cela implique qu'on se donne les moyens de la formation au métier. On accède à l'intégralité du rapport par un lien dans l'article de Mariannick, in Sauvons l'Université, 06 10 2012. Lien : RAPPORT REFONDATION de L'éCOLE.  

    5.  On supprimait des dizaines de milliers de postes, on a maintenant l'ambition d'en créer environ quarante mille dès l'année prochaine. Du reste, les recrutements ont déjà commencé, pour 2012, d'urgence. Et autres perspectives importantes, pleines de sens : journal Libération, 28 09 2012. Lien : EDUCATION AMéLIORATION

    6.  La circulaire est parue le 6 septembre : des personnels vont être recrutés au titre de prévention et sécurité dans les établissements scolaires de zones particulièrement sensibles. C'est un début modeste, mais réel, pas un simple rêve ! Et ces postes sont appelés à donner lieu à formation, à l'acquisition d'un vrai métier. Des évaluations sont déjà prévues pour accompagner la mise en oeuvre de ces mesures. Informatin officielle, in Portail du gouvernement, 20 09 2012. Lien : ASSISTANTS PRéVENTION SéCURITé

    7.  Nous dénoncions le massacre de l'Education nationale. C'était il y a an dans ce blog. France résiste, 12 10 2011. Lien : EDUCATION MASSACRE UN AN DéJà

    8.  L'enquête PISA et ses révélations si utiles, c'est à la fois consternant et plein d'espoir ! Lire Arnaud Gonzague, NouvelObs 02 et 05 10 2012. Lien : ENQUÊTE PISA MAUX REMèDES

    Beaucoup reste à faire. Le contraire serait surprenant. Quand on a le bonheur d'avoir un gouvernement qui travaille de cette façon, la fierté et l'enthousiasme peuvent se justifier, non ? Fierté et enthousiasme à l'égard aussi, et fondamentalement, des personnels qui transmettent le meilleur possible à leurs élèves. Toute cette France-là résiste en se battant pour la jeunesse, la sérénité et l'intelligence !       

  

29/07/2012

Education : communication et espoir

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    Au coeur de l'été, il flotte parfois dans l'air des parfums d'éducation, d'études, de formation intellectuelle. Parmi ces parfums, certains touchent désagréablement notre odorat : les petits français ne brillent guère dans le maniement des langues étrangères ; l'histoire et sa présence dans telle ou telle classe a posé, pose peut-être un peu moins problème ; les étudiants boursiers auront-ils réellement leur dizième mois de bourses ? Et l'on a dit que les vocations se faisaient de plus en plus rares pour le métier de professeur : est-ce bien exact ? Mais fort heureusement nons conclurons avec quelques nouvelles plus agréables, et qui ouvrent de stimulantes perspectives. Des détails ? En voici : 

    1.  Les langues étrangères, leur enseignement, les résultats, ont fait l'objet d'une étude à l'initiative de la Commission européenne. Les élèves français partagent avec d'autres la médiocrité des résultats. Elèves ? Mais le mot indique que l'enseignement, ses méthodes, et ses praticiens sont concernés également ! Et il existe tout de même une possibilité de faire mieux, en s'y prenant peut-être un peu différemment. Article de Mattea Battaglia, Le Monde, 22 et 23 07 2012. Lien : ENSEIGNEMENT LANGUES.  

    2.  L'enseignement de l'Histoire en Terminale série S a donné lieu à bien des débats ces dernières années. Un rappel des faits, des nuances importantes, une extension de la façon de réfléchir et quelques lueurs d'espoir, vous trouverez cela sous la plume de Véronique Soulé dans Libération, 22 06 2012. Lien : HISTOIRE EN CLASSE TERMINALE.

    3.  Pour un étudiant boursier à qui le précédent gouvernement avait promis un dixième mois , il est un peu désagréable sans doute d'apprendre que si l'intention avait été exprimée, le geste n'avait pas suivi et c'est ainsi que l'actuel ministre du budget, Jérôme Cahuzac, s'est aperçu que la mesure n'avait pas été financée. Le nouveau ministre va faire le nécessaire et ça, c'est sans doute une bien meilleure nouvelle. Le Monde, 28 06 2012. Lien : BOURSES MAL FINANCéES PAR LA DROITE

    4.  Les vocations de professeurs se font rares en France, et dans quelques autres pays... Non seulement il manque des professeurs, mais encore les candidats sont devenus plus rares, et la chute du nombre de vocations a été très rapide, notamment en France à la suite, peut-être, de la réforme de 2009 ! Mais voici que résonnent à nos oreilles les échos jubilatoires de l'actualité éducative en Finlande et en Corée du sud ! Pourquoi, comment ces pays montrent-ils un visage rayonnant là même où nous nous débattons en plein désespoir ? Pour des raisons simples, fortes, graves. Lire Véronique Radier in NouvelObs, 17 07 2012. Lien : EDUCATION CRISE DES VOCATIONS

 

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    5.  Et si la tendance s'inversait ?  __Vous plaisantez, cher ami...  __Pas du tout, et mes arguments sont d'origine tout à fait officielle : le nombre de candidats à l'enseignement, le nombre d'étudiants inscrits au concours de l'agrégation, enfin le nombre d'inscrits au concours du Capes sont en nette augmentation, aux dernières nouvelles ! Le retour des socialistes aux responsabilités aurait-il répandu confiance, optimisme, et sentiment (pour le professeur) d'être moins mal aimé que dans un passé encore récent ? La question est posée, mais les faits sont bien là : voir NouvelObs, 26 07 2012. Lien : RETOUR VERS LE MéTIER D'ENSEIGNANT.

    6.  Et la violence en milieu scolaire, ne l'oublie-t-on pas ? Bien sûr que non : il se trouve que, parfois, ce sont les collégiens eux-mêmes qui sont les meilleurs des médiateurs pour essayer de répondre aux difficultés de leurs camarades. C'est là une réalité un peu nouvelle peut-être, mais déjà présente, très réellement, dans deux cents collèges environ. Un exemple est sous nos yeux aujourd'hui à Corbeil-Essonnes (Essonne). Dans cet article du moins, l'auteur ne souligne pas autant que nous l'aurions souhaité le caractère extrêmement encourageant des résultats de cette méthode, mais on lira avec le plus grand intérêt Franck Berteau, in Le Monde 22 06 2012. Lien : COLLéGIENS MéDIATEURS

    7.  Le fond du problème, c'est peu-être bien la communication, qui se fait mieux entre élèves et élèves qu'entre élèves et adultes. Le problème de la violence luî-même n'est-il pas en effet en grande partie un problème de communication, comme on l'a vu dans l'article de Franck Berteau cité ci-dessus ? Et précisément, nous aimerions revenir, à propos de la communication, aux difficultés rencontrées en France, et ailleurs, pour enseigner les langues vivantes. Déjà, on a constaté que la communication était invoquée comme une possibilité porteuse d'espoirs (ci-dessus, article de presse cité en fin de paragraphe 1.). Mais nous invitons l'aimable visiteur de ce blog, si la question l'intéresse, à prolonger son enquête de façon passionnante : il lui suffira d'ouvrir quelques liens donnés dans la page LANGUAGE TEACHING COMMUNICATIVE APPROACH

        8. Dans ce blog (France résiste), mais plutôt pour l'aspect culturel de l'apprentissage des langues, on peut  utiliser l'onglet de recherche avec la requête :

langues étrangères.  

 

° ° ° ° ° ° °

 

       En somme, on parle mieux les langues quand on parle avec les personnes, 

on a davantage envie d'enseigner quand on se sent compris et apprécié par le pouvoir politique,

on vient plus aisément à bout des problèmes de violence quand on rencontre les gens et qu'on prend la peine de les écouter, de telle sorte qu'ils puissent communiquer autrement que par les poings.

France, dis-moi comment tu t'exprimes, avec qui tu as envie de parler, et dans quelle mesure tu acceptes, depuis les hauteurs du pouvoir, de parler à tes professeurs : et je te dirai qui tu es, France... .  

     

23/06/2012

Education nationale : premiers signes, premiers espoirs

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    Des dizaines de milliers de postes supprimés dans l'Education nationale, des secteurs particulièrement sensibles mis en difficulté par le précédent Pouvoir, une incompréhension douloureusement ressentie par le monde enseignant, rejoint par les parents d'élèves, tels sont entre autres les éléments d'un lourd bilan auquel le gouvernement Ayrault a le devoir de faire face. L'attente est immense, la situation désastreuse, les moyens difficiles à mobiliser dans un contexte de crise économique et budgétaire aiguë.

    Or, un vent rafraîchissant nous apporte quelques nouvelles de nature encourageante. Ne serait-ce que dans le domaine de la volonté politique au service de l'Education, l'atmosphère semble désormais fort différente, et c'est tant mieux !

 

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    1. Les rythmes scolaires donnaient lieu, il y a quelques années encore, à bien des divisions dans l'opinion et parmi les professionnels. Un mouvement consensuel s'est affirmé, et des préconisations formulées par des experts dans un rapport que commanda Luc Chatel sont maintenant prises en compte. A gauche, et en haut lieu, comme parmi les parents d'élèves ou chez les enseignants, la question n'est plus source de blocage, à ce qu'il semble. Des expérimentations ont du reste été faites, et elles sont probantes. Le nouveau ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, annonce quant à lui ce qu'il souhaite en la matière. Il est donc particulièrement intéressant de prendre connaissance de NouvelObs, 14 et 15 06 2012. Lien : RéFORME RYTHMES SCOLAIRES.

    2. Les postes d'enseignants sont un autre facteur d'importance primordiale pour la réussite des élèves ; certes, le nombre des suppressions de postes ne peut qu'être, au mieux, légèrement amendé dans l'immédiat. Toujours est-il que mille postes d'enseignants sont affectés par le nouveau gouvernement au profit de l'enseignement du premier degré, et ce pour la rentrée 2012, tout de suite donc. C'est une mesure d'urgence, qui pèse juste un peu au regard des dizaines de milliers de suppressions opérées par les prédécesseurs de Vincent Peillon rue de Grenelle, mais c'est beaucoup pour les écoles particulièrement en difficulté auxquelles ces postes reviendront. Et ça en dit long sur le changement de sensibilité en haut lieu... Officiellement, on veut en effet "corriger les injustices des suppressions de postes" que vous savez. Lire Libération, 20 06 2012. Lien : POSTES ENSEIGNANTS PREMIER DEGRé

    3. L'évaluation des enseignants était particulièrement visée par le Pouvoir que nous avons chassé le 6 mai 2012. Une évaluation qui devait devenir de plus en plus administrative, de moins en moins pédagogique, et qui donnait lieu à la plus vive indignation des professeurs, telle était la direction prise. Or, le lendemain de ce cher 6 mai 2012, donc le 7 mai 2012, le gouvernement Fillon, avec un redoutable "mépris du dialogue social et des principes démocratiques les plus élémentaires" (voir article NouvelObs par lien hypertexte en fin du présent alinéa) signait un décret qui visait à modifier le mode d'évaluation des enseignants. Le ministre Vincent Peillon a désormais tranché : ce décret sera aboli avant la fin du mois d'août, dans le cadre de l'agenda prévu et dans un mouvement que nous déclarons quant à nous salvifique pour l'Education nationale. Et aussi, faut-il le souligner, pour la démocratie. Voir NouvelObs, 06 06 2012. Lien : éVALUATION DES ENSEIGNANTS

    4. Le précédent gouvernement n'avait pas publié les résultats de rapports pourant commandés par lui-même au sujet de l'Education nationale. C'est ainsi que 17 (oui : 17) rapports, qui étaient "cachés", deviennent désormais des rapports publiés ! Leur importance est immense, ils pèsent d'un poids considérable par la nature des conclusions qu'ils apportent et par les perspectives qu'ils ouvrent à l'action gouvernementale. Ils sont susceptibles d'éclairer, guider, rassembler l'opinion, les professionnels, les parents d'élèves... Donnons pour exemple l'importance qu'ils accordent, preuves à l'appui, à la formation des enseignants de classes maternelles ; et ce n'est qu'un sujet parmi bien d'autres... Nous retrouvons NouvelObs, à la date du 25 05 2012. Lien : RAPPORTS CACHéS PUBLIéS.  

    5. Venons-en maintenant à la lecture. Les élèves non voyants ne sont pas oubliés, puisque l'opération "Un livre pour l'été" (destinée aux élèves qui se trouveront cet été entre le CM1 et le CM2) bénéficie cette année d'une version imprimée en caractères Braille. Nous n'avons pas pu, ou su découvrir si cette initiative (à la fois normale et bienvenue) est à inscrire à l'actif du gouvernement actuel ou du précédent. C'est, en tout cas, une bonne nouvelle de plus.  Lire en braille* sera donc un moyen de réussite et de culture pour ces enfants non voyants qui pourront découvrir "Les lettres de mon moulin", d'Alphonse Daudet.  Référence : site du ministère de l'Education nationale, communiqué de presse du 21 06 2012. Lien : LECTURE BRAILLE

    6. L'allemand, presque aussi peu étudié par nos enfants que le russe ou d'autres langues peu fréquentées (?) est une source à la fois de culture, de formation intellectuelle, de réussite professionnelle. On pourrait évoquer aussi l'importance de notre voisin pour notre activité économique et commerciale. Alors, on ne sera pas surpris que les professeurs d'allemand (ainsi que toutes celles et ceux qui aiment et promeuvent cette langue) se réjouissent de voir le poste de Premier ministre occupé par un... professeur d'allemand, Jean-Marc Ayrault pour ne pas le nommer. Mais ces partisans convaincus de la langue allemande ont peur d'être oubliés, le professeur Ayrault étant devenu au fil des ans un politique, un maire, désormais une autorité nationale chargée de tant d'autres questions... Monsieur le Premier ministre, votre passage à Matignon donnera-t-il lieu à une plus grande compréhension, chez nous, dans nos écoles, collèges, lycées, de la langue et de la culture allemandes ? On ne peut s'empêcher d'en formuler le voeu, de la façon la plus vive. Lire à ce sujet, et sur la chute vertigineuse de l'allemand dans l'Educatin nationale ces dernières années, Victor Matet in Rue89, 01 06 2012. Lien : ALLEMAND LANGUE SOUS-ESTIMéE

 

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        Voilà. Tout cela n'est point le salut, ni la fin des difficultés. Mais c'est un vent d'espoir, un rafraîchissement modeste, réel et bienvenu après la brûlante traversée des épreuves d'un passé dont nous souffrons encore. C'est un peu comme une forêt plongée longtemps dans une immobilité oppressante de l'air, dans un silence de mort, et qui, merveilleusement, se serait mise à bruire. Ou, comme le dit joliment la langue russe : "Лес зашумел". 

 

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    Dans la perspective un peu élargie de ce message, qu'il nous soit accordé le plaisir de formuler deux voeux dans le domaine de l'éducation à la communication et au vivre ensemble. 

    Tout d'abord, même s'il est hors de question que tous les voyants sachent écrire en braille, on pourrait imaginer que certains parmi nous apprennent, dès la jeunesse, à maîtriser ce système : une lettre à une personne non voyante serait alors une lettre directement lisible par le destinataire, qui n'aurait plus besoin de demander à un ami ou à un proche de lui lire ce qui est écrit. 

    Ensuite, nous pensons aux enfants, puis adultes sourds de naissance. Leur langue est la langue française des signes. Ils ne peuvent que la comprendre. Elle "fonctionne" à merveille, elle est même souvent très, très belle, beaucoup plus imagée et imaginative que nos langues à base de combinaisons sonores. Là encore, même s'il est hors de question que tous les entendants sachent s'exprimer en langue des signes, on pourrait imaginer que certains parmi nous apprennent, dès la jeunesse, à maîtriser cette forme particulièrement admirable d'expression. Nous savons tous qu'un aveugle est isolé, certes, mais mille fois moins qu'un non-entendant, pour qui la totale incompréhension qu'il rencontre auprès de la population est synonyme de souffrances et de murs aussi hauts que ceux d'une prison.

    En outre, il n'est pas indifférent de savoir qu'une bonne base de langue française des signes permettrait non seulement de communiquer avec les sourds de naissance, mais également d'apprendre directement depuis les signes comment parler et écrire de nombreuses langues étrangères orales. L'avantage étant, qu'à partir de la langue des signes on passe du sens au sens, ou plus précisément du sens aux mots (français ou en d'autres langues), alors qu'en partant du français on court toujours le risque de travailler en référence à nos mots français, ce qui est un lourd handicap au regard des expériences et méthodes les plus performantes dans l'apprentissage des langues étrangères.

    On objectera que si quelques personnes parmi nous connaissaient la langue des signes, les non entendants s'en trouveraient découragés d'apprendre à lire sur les lèvres et à parler avec leur voix (qu'ils n'entendent pas, ou guère). Tout cela est purement imaginaire, car : 1° un non-entendant a besoin de lire sur les lèvres et de parler avec sa voix tous les jours de sa vie et dans toutes sortes d'occasions ; 2° quels que soient les efforts qu'il déploie, et les compétences extraordinaires qu'il réussise à atteindre en français oral, ou écrit, ou encore lu, sa langue est la langue des signes comme la nôtre est la langue auditive, c'est dans sa langue non audible qu'il vit profondément depuis sa naissance et qu'il possède, du reste, une culture et une pensée que nous gagnerions à connaître.

    Que le lecteur veuille bien nous pardonner cette diversion au sujet du braille et de la langue des signes : la passion a parlé... Vous avez droit aux excuses d'Estival tout confus !  

     * Note : Chacun sait que le braille est un système qui permet d'écrire et de lire non seulement les lettres, mais également les chiffres, la musique, et d'aborder jusqu'aux domaines les plus élevés de la science mathématique ou de la composition de partitions musicales, etc ! Grâce à l'utilisation, tout simplement, de six points en relief sous le doigt de la personne non voyante.