Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/05/2015

SOS latin grec allemand

        S'il est un domaine qui permet tout à la fois d'augmenter la compétitivité de la France, de préparer la fraternité et la paix entre les peuples, de construire l'Europe et le monde, de donner aux jeunes de notre pays toutes leurs chances pour devenir compétents, trouver un emploi, se construire eux-mêmes et construire la société, c'est bien celui de l'enseignement des langues.

        L'allemand est ici concerné au premier chef pour de nombreuses raisons. La pétition signée et lancée par des associations qui veulent tirer le signal d'alarme avant la "disparition" de ce à quoi elles tiennent plus que tout figure sur un site de pétitions dont lien ici : SOS enseignement de l'allemand

 

        Le latin et le grec sont apparemment plus éloignés de la rentabilité et de la lutte pour le succès économique et commercial. Apparemment. Car on peut facilement se laisser convaincre à la lecture de la pétition lancée par ADEAF en cliquant sur le lien suivant : SOS enseignement du latin et du grec

 

 §§§

       

        Une remarque plus personnelle.

        Il n'est pas idiot, il est même fort louable que nos gouvernants aient pour ambition de faire connaître et aimer le latin, le grec et l'allemand au plus grand nombre de jeunes français. Cela va dans le sens d'une meilleure estime de soi, et des trésors que de jeunes esprits peuvent découvrir avec ravissement. Cela devrait en principe rapprocher tous les élèves les uns des autres. 

       On peut amener les jeunes gens en haute montagne et leur faire apercevoir les difficultés du métier de guide. Ils auront certes l'esprit plus ouvert. Mais pourrait-on leur confier la responsabilité d'une cordée ?

        On peut présenter aux élèves un aperçu de la médecine, et la richesse des disciplines qu'elle comporte, des gestes médicaux qu'elle implique, de la formation lente, durable, prolongée et de haut niveau dont on ne peut pas faire l'économie si l'on veut devenir compétent. Sinon, on deviendra tout simplement un danger public.

        L'allemand, le latin, le grec, mais aussi le russe, l'arabe, le mandarin, le chinois cantonais, l'espagnol, le turc et les civilisations associées à ces langues : autant de paysages que l'on peut, que l'on doit contempler pour mieux comprendre les peuples, pour améliorer la qualité des contacts et des échanges : certes ! Mais pour que ces disciplines puissent à la fois nourrir l'esprit à la mesure des richesses qu'elles nous offrent, et pour que nous puissions en faire un usage adapté aux exigences de la vie, il convient, il importe absolument que certains parmi nous mettent le prix en temps, en patience, en nombre de centaines d'heures de travail, de milliers même ! Sinon, d'une façon ou d'une autre, il pourrait nous en coûter très cher.

        Si l'égalitarisme n'existait pas, il faudrait l'inventer. Non pas comme une réalité tyrannique, mais plutôt comme une bonne et belle étoile qui peut guider notre aventure sur l'océan de l'éducation.

        Si l'élitisme n'existait pas, il faudrait l'inventer. Non pas comme une dictature qui brime, méprise et divise les personnes entre elles, mais plutôt comme un moyen par lequel chacun travaille à la mesure des exigences du réel : exigences manuelles, intellectuelles, ou autres. 

        Si les cris d'alarme lancés aujourd'hui par les professionnels ne sont pas entendus, nous serons demain dans une situation dont nous mordrons les fruits amers et dont nous ne pourrons plus nous retirer : on ne fait pas machine arrière quand on a perdu certaines richesses, certaines compétences et capacités à l'échelon de tout un pays !

        Alors ?

        La connaissance et l'amour dans la fraternité et l'égalité, c'est OUI.

        Mais le travail intenses, pendant des centaines, voire des milliers d'heures pour maîtriser très tôt l'apprentissage (jamais terminé) des langues (au pluriel !), même si cet effort n'est fait que par certains pour le plus grand bonheur de tous, c'est également OUI.

        Après la crise, avec un budget divinement généreux, l’Éducation nationale s'offrira le plaisir de réussir tout, mais oui vraiment : tout en même temps. D'ici là, ne précipitons pas la manœuvre en nous plaçant tous d'un seul côté du navire, ce qui le déséquilibrerait et le ferait couler à pic !  

.

Les commentaires sont fermés.