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26/04/2015

L'islam, les doctrines et l'histoire

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« Histoire de l’islam Fondements et doctrines».

 

MERVIN Sabrina.

Collection Champs histoire,

Flammarion nouvelle édition 2010.

ISBN : 978-2-0812-2054-6  

 

 

 

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Impressions après lecture

 

 

        Ce livre est aussi riche, aussi condensé, aussi étourdissant qu’un grand dictionnaire placé sous le signe de l’érudition. Et parce qu’il n’est pas démesurément long, on ne peut pas poursuivre sans fin les perspectives ouvertes : c’est heureux dans la mesure où une vie n’y suffirait pas ! On est donc renvoyé à d’autres ouvrages si l’on souhaite approfondir telle époque de l’histoire, ou se familiariser avec une école de pensée, une théologie, un aspect de la religion musulmane.

 

        Qu’est-ce donc que ce livre, qui donne tout à la fois le goût d’apprendre davantage l’histoire et celui d’étudier la religion musulmane en tant que religion ? Serait-ce un mauvais livre d’histoire, ou bien un trop modeste traité de religion ?

 

        Ni l’un, ni l’autre. Sabrina Mervin place sa quête sur la ligne de crête, entre les deux versants que sont l’histoire et la religion. Elle perce du regard les profondeurs et la foisonnante richesse de l’une comme de l’autre. Mais elle garde assez de hauteur pour ne pas se laisser entraîner à un examen détaillé, car elle préfère rendre compte de cette autre réalité, trop peu souvent abordée nous semble-t-il : le mouvement de la pensée, le mouvement des faits historiques, leur nombre (impressionnant), leur sens, et le jeu sans cesse renouvelé de leurs rapprochements et de leurs éloignements.

 

        Même si l’on préfère découvrir la religion, ou l’histoire, d’une manière approfondie, il est recommandable de profiter tout d’abord de ce regard plus global : on évitera de la sorte de se trouver perdu au fond d’une vallée de la pensée théologique ou historique et de s’apercevoir qu’on avait, au départ, oublié de prendre un plan de l’ensemble du massif montagneux !

 

        L’étonnante continuité qui se dégage d’un passé multiple pour venir habiter la période présente, la nôtre, surprend le lecteur ainsi émerveillé, une fois encore, à la lecture de cet ouvrage.

 

        Après une première lecture, on souhaitera peut-être revenir sur le contenu de ce livre : à propos de tel sujet ou telle période, ou au détour d’un nom propre, voire d’une idée : qu’à cela ne tienne, les deux index ainsi que la chronologie et la bibliographie offrent des outils précis et précieux à la curiosité et à l’exigence du lecteur le plus passionné comme de celui qui, modestement, aimera revenir dans ce beau jardin de la connaissance.

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11/04/2015

Intelligence ou bête violente : que sommes-nous ?

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A.  Hospitalisée à Toulouse, elle avait été agressée à cause d'un vêtement qui cachait ses cheveux.

        L'agresseur aurait-il éprouvé, à la vue de l'article vestimentaire en question, une avalanche d'émotions furibondes qui l'auraient secoué intérieurement au point de l'amener à se conduire de façon violente ? Deux questions se trouvent donc posées :

 

Question numéro 1.

        Comment un être humain, l'un de nous, peut-il en arriver à de tels actes, comment se fait-il qu'il perçoive la réalité et l'éprouve en lui-même d'une façon telle qu'il se transforme, souffre, et fasse souffrir ? A cette question, la réponse ne semble pas vraiment s'étaler sur la voie publique. Un certain silence règne, alors qu'il nous semble que le sujet mérite une attention non seulement sérieuse, mais également immédiate, de toute urgence !

        Peut-on suggérer une explication simple ? Nous soulignerons donc ceci : d'une part, la perception d'une pièce de tissu n'est pas reçue par nous de la même façon si nous l'associons à la protection contre la chaleur du soleil ; ou si elle nous rappelle le temps où la France encore pas mal chrétienne revêtait ses "bonnes sœurs" de voiles divers et variés, dont par exemple la célèbre cornette des sœurs de la charité ; mais nous pouvons aussi associer le voile d'aujourd'hui à la pratique et à la présence d'une autre religion, elle-même assimilée de façon hâtive à un certain nombre de pays et à certaines choses qui nous déplaisent, ou nous dérangent, ou nous inquiètent à tort ou à raison. Or, on objectera que quel que soit le cas, la vue d'un peu de tissu ne peut pas, ne devrait pas raisonnablement conduire à des actes violents.

        Et c'est ici qu'intervient le deuxième facteur : la violence existe en nous avant même que le prétexte de son déclenchement ne nous soit fourni. Nous sommes par nature capables d'amour, d'émerveillement, de délicatesse, de souffrance, de compassion, et de bien d'autres choses encore parmi lesquelles la violence. La violence fait partie de ce dont nous sommes capables pour nous défendre, au même titre que l'appétit nous invite à nous nourrir ou que l'instinct de conservation nous évite la mort. C'est simple, et cela ne nous oblige pas forcément à être violents. Mais cela signifie que la violence qui nous habite, véritable force comparable à celle d'un fleuve, est régie par quelques lois. Le fleuve suit le cours qui lui est imposé par le relief. De même la violence qui sort de nous prend telle ou telle direction, selon les circonstances qui nous entourent, ou nous façonnent de l'intérieur. Et c'est ainsi que nous prenons avec force et détermination, dans notre activité, la direction du sport, ou de l'étude intellectuelle acharnée et passionnée, ou encore de l'ambition, de la création artistique, entre bien d'autres choses. Dis-moi à quoi tu "tournes" la violence saine et humaine qui t'habite, et je te dirai qui tu es.

        Dans certains cas, à certains moments de notre vie, notre violence saine et naturelle est sollicitée de façon plus combative, plus instinctive et irraisonnée, plus destructrice... Par exemple à la vue d'un ennemi qui va nous tuer,  ou à la vue d'un objet qui, pour notre vécu intérieur, représente quelque chose d'insupportable. 

        On pourrait donc envisager de mieux prendre conscience de cette présence en nous d'une certaine bonne violence, force saine, naturelle et utile. On pourrait donc aussi apprendre à se méfier des idées, ou des souvenirs, ou des images qui nous amènent à ressentir le réel d'une façon trop douloureuse, si bien que la violence s'éveille alors en nous et nous conseille mal.

        Connaître l'autre, les autres, réfléchir, méditer, prendre du temps pour accueillir en soi la diversité du réel et pour prendre du recul par rapport à ses propres instincts violents, voilà qui aiderait peut-être les uns à ne pas céder à l'impulsion d'un moment, et les autres à ne pas construire de façon délibérée des guerres fondées sur la bêtise, l'ignorance, le non-respect systématique de l'autre. Et cela vaut pour toutes les doctrines, toutes les chapelles, aussi bien celles qui haïssent l'étranger que celles qui haïssent les musées et les statues de l'Antiquité...

 

Question numéro  2. 

        Peut-on tolérer ce genre de comportement ?

        Cette fois, la réponse n'est pas bien loin, elle est même sous nos yeux, elle vient du ministre de l'intérieur lui-même.

On lira avec intérêt Le Monde, 27 03 2015. Lien : vêtement et intolérance.

 

 

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       B.  Pour Aurélie Filippetti, alors ministre de la culture et de la communication, c'est en se cultivant et en exerçant son intelligence que l'on combat au mieux les mauvaises idées d'une certaine droite extrême. Elle invoquait à ce sujet Albert Camus, dans une tribune de l'année 2013 que l'on trouvera sur le site de Libération (voir le lien ci-dessous). Et l'on voit comment se rejoignent un écrivain d'hier (ou d'avant-hier ?) et nos préoccupations, nos problèmes de ce début 2015.

        Il est urgent, en effet, de continuer à bâtir la France, pays de culture et de pensée, de finesse et d'éducation, aussi bien dans la société en général que dans le cadre de l’Éducation nationale dont il sera question ci-après. On ne prépare pas l'avenir en détruisant des dizaines de milliers d'emplois d'enseignants (précédent quinquennat). On le prépare en appliquant et en continuant d'appliquer le programme socialiste annoncé, notamment pour l’Éducation nationale, source d'intelligence et de tolérance pour aujourd'hui et pour demain...

Lire : Libération, 01 12 2013. Lien : Filippetti culture Front national

 

 

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        C.  "L'abandon progressif du latin et du grec" dure déjà depuis des décennies, mais est-ce une raison pour continuer de suivre cette mauvaise pente ? L'auteur de l'article auquel nous renvoyons le lecteur par le lien ci-dessous est passionné par ces deux langues, et il montre à quel point leur étude contribue à former l'esprit et à le rendre cultivé.

        Nous remarquerons par ailleurs que son propos revêt un caractère particulièrement pertinent en ce début de 2015 où des barbares, vrais et actuels, détruisent systématiquement et sauvagement des trésors archéologiques et historiques d'une valeur inestimable pour notre identité et pour les origines de notre civilisation.

        Devant les horreurs perpétrées par Daech, on hésitera peut-être à déclarer que l'étude des langues anciennes est d'une brûlante actualité... Et si la vérité se trouvait être le contraire ? Et si la cible de ces destructions écœurantes était non seulement les statues, les objets matériels hérités du passé, mais aussi, voire même davantage, notre pensée, notre esprit ? N'est-il pas grand, noble et courageux de cultiver l'histoire, la pensée, la vivacité de l'esprit et l'élargissement des connaissances ? Ce courage-là est, en vérité, aussi beau et réconfortant que le spectacle de la barbarie est laid et décourageant. L'intelligence, la culture sont à la fois notre avenir et la sauvegarde de notre passé. Ce sont des armes redoutables, que les imbéciles redoutent, et cherchent à supprimer. Voir le site Focus Campus, 04 04 2015. Lien : latin et grec pour l'intelligence

 

 

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L'homme est un animal curieux.

Il est barbare et fou furieux.

Il est cependant merveilleux,

Accueillant, doux, ami des dieux. 

Pour arrêter les flots barbares

Nous invitons l'esprit, et l'art.

 

 

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