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28/06/2014

Solidaires et réciproquement

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        C'est presque tous les jours que, quelque part en France, des pompiers, des policiers, des secouristes sauvent la vie d'un vieux monsieur en train de se noyer, ou d'une personne malade incapable de s'enfuir d'un immeuble incendié. D'autres situations donnent lieu à ce genre d'exploits souvent héroïques et toujours admirables. Et dans bien des cas, les héros sont de simples passants, des voisins, ou encore des enfants, des adolescents qui n'écoutent que l'humanité qui est en eux, généreuse, courageuse pour sauver une vie.

 

        a. Les personnes qui sauvent, au péril de leur vie, l'un ou l'autre d'entre nous peuvent fort bien être de nationalité française et posséder des documents administratifs en règle. Mais elles peuvent, cela se voit parfois, être des étrangers, des immigrés, qui n'ont pas les fameux papiers si indispensables pour vivre ne serait-ce qu'un certain temps en France...

 

        C'est ainsi que deux tunisiens qui n'avaient pas les fameux "papiers" ont sauvé des personnes en danger extrême, en prenant le risque de perdre eux-mêmes la vie, lors d'un incendie dans un immeuble d'Aubervilliers. Mohssen et Mohamed ont, par leur courage héroïque, forcé l'admiration de l'administration française, qui les a aidés, à son tour, devinez comment ! Lire Yann Bertrand sur le site de France info, 17 06 2014. Lien : étranger vie.

 

        b. Bien souvent, c'est plutôt nous qui apportons de l'aide aux étrangers venus pleins d'espoir en France. Cela se traduit aussi bien par des gestes concrets, matériels, que par l'aide juridique, les conseils, le simple fait de mettre la personne étrangère au courant de ses droits, et cela lui rappelle qu'elle est une véritable personne et non pas un individu en quelque sorte presque non reconnu au regard de la loi, voire inexistant, transparent. Car la personne étrangère connaît de multiples difficultés, parmi lesquelles figurent l'ignorance souvent de notre langue et celle, plus souvent encore, de ce que nous avons à leur offrir pour les aider à s'intégrer et à rester dans notre pays (qu'ils souhaitent dans bien des cas voir devenir le leur). 

        Le Gisti est un outil immense, dans ce domaine, par exemple (entre bien d'autres choses) pour aider les jeunes étrangers un peu ou complètement "perdus" parmi nous... Voir sur le site du Gisti. Lien : Jeunes étrangers.

 

        En somme, la solidarité est toujours une preuve et un facteur d'humanité. La nationalité et les documents administratifs ne sont pas nécessaires pour ce fondement le plus élémentaire de la civilisation, et cela est fort heureux.

 

 

        Rappelons à ce sujet, juste en passant, que les régimes totalitaires s'ingénient à détruire dans la personne la possibilité même de choisir le bien. Voir le livre de Zhu Xiao-Mei "La rivière et son secret" : bien sûr, on lira avec profit (et ne serait-ce que sur ce sujet) l'ensemble de l'ouvrage, mais sans doute plus particulièrement les pages 302-303, avec citation de Hannah Arendt au sujet de la destruction de l'humanité intérieure.

        Ce livre, on peut le dire et pas seulement de façon humoristique, est à lui seul un secours pour toute personne qui le lit, le médite et le porte en son cœur : un livre qui donne de la vie à notre vie, et de l'humanité à la personne que chacun de nous est, ou voudrait être.

         Merci, Madame Zhu Xiao-Mei ! Merci pour votre écriture, pour votre musique, pour toute votre vie.  Votre amour de la beauté musicale vous a sauvée des camps de Mao, notre amour pour le cadeau que vous nous faites en étant tout simplement vous-même nous sauvera sûrement, au plus profond de nous, du danger dont nul n'a le droit de se croire préservé.


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