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15/04/2014

Surveillons, signalons, enfermons, et tant pis pour le droit !

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       1/  Des centaines de personnes soumises à un test d'ADN dans un but fort louable. Cela est manifestement excellent, MAIS il a été avancé qu'à ce propos nous serions face à un "détournement de la loi", qualifié d'"inacceptable". La question est posée. En tout cas, sécurité d'abord ! Voir Le Monde, 14 04 2014. Lien : ADN en QUESTION.  

        2/  Surveillance d'une population ciblée, cela mérite qu'un préfet demande la participation des hôteliers. Ce n'est pas bête, MAIS les hôteliers, pourtant désireux de contribuer à aider la police, ont perçu dans ce cas comme une pente dangereuse, celle qui conduirait à la "délation", ou au "délit de faciès". Certes... Sécurité d'abord ! Voir le site 20 minutes poinr fr, 14 04 2014. Lien : HÔTELIERS AVEC POLICE.

        3/  L'étranger "sans papiers" doit-il, lui aussi, faire l'objet d'une attention particulière ? Un maire semble considérer que l'absence de "papiers" est un obstacle (moral ? juridique ?) au droit de se marier. L'étranger sera digne de contracter mariage lorsqu'il aura ses papiers, en règle, cela ne semble du reste pas illogique du tout ! MAIS la liberté de se marier est garantie par la Constitution française, et par les Conventions internationales. Peut-on l'oublier ? D'après le site "les amoureux au ban public", cette importance accordée aux papiers est infondée. D'autres parmi nous, à ce qu'il semble, aiment bien les "papiers"... Sécurité d'abord ! Voir  le site Les amoureux au ban public, 01 04 2014. Lien : ETRANGERS INTERDICTION DE MARIAGE.

        4/  Âgés de 13, 16 et 17 ans, ils ont été empêchés de partir au collège. L'autorité, en France, est capable de produire (si l'on peut dire !) la circulaire Valls du 11 mars 2014 (voir le document lui-même grâce au lien hypertexte placé en fin du message de "France terre d'asile" auquel nous renvoyons ci-dessous) ! Ils sont mineurs, mais ils ont eu droit au centre de rétention ! Ce qui n'est pas conforme aux décisions prises à l'échelon de la France, notamment... DONC : s'agit-il d'un début de glissement vers une législation d'exception ? Voilà des mots qui éveillent de grands souvenirs, grands surtout par leur atrocité ! Mais enfin, plaçons les enfants en rétention, nous nous sentirons mieux, sûrement. Sécurité d'abord ! Voir le site de France terre d'asile, 10 04 2014. Lien : ENFANTS RéTENTION.

        5/  Demander l'asile à la France n'est pas une fantaisie. On le fait pour fuir la mort, la persécution, la guerre... Et la France examine la demande. Elle examine chaque cas, elle applique le droit d'asile dans le cadre de ce qui est propre à la justice, précisément, avec discernement, au plus près de la personne, de sa situation, de ses droits. Ce travail relève de la Cour nationale du droit d'asile, ou CNDA. MAIS il conviendrait peut-être de dire que cela était le cas, que cela se passait ainsi, jusqu'à présent : de récents événements sèment le doute, on n'est plus tout à fait certain, on commence à craindre sérieusement que la Cour ne soit remplacée (remplacée ?) par des rouages administratifs qui traiteraient des questions de demandes d'asile alors qu'ils s'occupent déjà de l'immigration sans demande d'asile... L'asile, le droit d'asile auraient ainsi disparu de notre pays, de notre civilisation ! Vous croyez que l'on rêve ? Sécurité d'abord ! Voir Amnesty international, 11 04 2014. Lien : DROIT D'ASILE EN PéRIL.

  COMMENT CONCLURE ?

  Chacun des exemples évoqués ci-dessus peut prêter à discussion, dans une plus ou moins grande mesure. Les préoccupations d'ordre sécuritaire sont, par elles-mêmes, légitimes, fondées et nécessaires. Par ailleurs, les arguments que certains leur opposent à propos de cas précis ne sont pas entièrement dénués de fondements, ils relèvent eux aussi d'un ordre de préoccupation parfaitement légitime, et indispensable pour qui veut que la France reste une démocratie et un pays de droit, de liberté, de dignité... Préoccupation contre préoccupation, légitimité contre légitimité, le cadre est donc posé d'un magnifique débat...

MAIS si l'on considère le mouvement d'ensemble que forment les faits que nous venons d'évoquer, il n'est pas difficile de percevoir une tendance, une évolution qui donne la nausée, en souhaitant, bien évidemment, que tout cela ne soit qu'un mauvais rêve !

Nous craignons le pire. Parce que nous avons vu, d'expérience, que l'histoire est faite, par moments, de mauvaises surprises qu'on n'avait pas osé regarder en face ! France, résiste !

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