Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/12/2013

L'accusateur du roi

.

        L'accusateur du roi

        Un grand roi, soucieux du bonheur de ses sujets, prit conseil auprès de ses amis. Il voulait faire en sorte que son royaume, pourtant fort honorable, devienne encore plus beau, plus fort, plus grandiose. 

        Un homme pieux, à la fois religieux et sage, féru en sciences et techniques de l'armement, lui conseilla d'acheter des canons, et de faire tirer sur le bon peuple. 

        Le roi n'en fit rien. Il convoqua un autre conseiller, puis un autre, et ainsi de suite jusqu'au dernier : cela fit au total un grand nombre de milliers de conseillers. 

        Personne, à la fin, ne pensait plus aux canons. 

 

L'ennemi du roi 

        Mais l'ennemi du roi, apprenant quels conseils on lui avait suggéré de suivre en matière de canons, se munit d'un grand haut-parleur, du genre de ceux que l'on faisait en ce temps-là, et se mit à parcourir le royaume. Il annonçait à qui voulait l'entendre que le roi voulait tirer à coups de canon sur le peuple, que c'était là chose inéluctable, et que les préparatifs étaient déjà en cours avec les avis et les conseils que l'on sait.

 

Le peuple

        Le peuple ne fut pas étonné d'apprendre que son roi avait envie de lui tirer dessus, de le tuer et le pourfendre en usant de la délicate attention, si l'on peut dire, des boulets de canon. Non, le peuple ne douta point : il crut ! Il crut pour une raison fort simple : les rumeurs de canon et de cruel désastre faisaient peur, et la peur, comme chacun s'en rend bien compte, remplace avantageusement le raisonnement. Donc, le peuple ne raisonna point, ne vérifia point, ne se renseigna point. Le peuple eut peur, et cela lui sembla suffisant.

 

La révolution

        L'histoire se termina de façon tragique. Le peuple, aidé par l'ennemi du roi, acheta des canons, tira sur le palais royal qu'il détruisit, et tua du même coup le roi et tous ses conseillers. Cela faisait beaucoup de ruines, beaucoup de victimes, mais le peuple était content. Rassuré, presque... 

 

Le royaume de Grand Costaud Fait le Ménage

        Et ce fut le temps des rois "Grand-Costaud-Fait-le-Ménage". Drôle de nom pour des rois, mais ce fut ainsi. Chacun dans le peuple criait plus fort que son voisin, tapait, cognait sur n'importe qui, sur un ennemi imaginaire. On inventait des rumeurs pour avoir des ennemis et leur tirer dessus avec de redoutables canons. Les manifestants, bien sûr, étaient immédiatement détruits sur place. Et parmi la population déchaînée, l'individu le plus cruel, le plus fort pour crier, taper, cogner, imaginer, tirer, détruire, était proclamé roi par les humains bestiaux qui l'entouraient, autrement dit par ce qui lui tenait lieu d'armée. Des rois nombreux se succédèrent, les boulets de canon volaient dans tous les sens, tout le monde était content parce que tout le monde avait sa chance. Il suffisait de crier fort, taper fort (et la suite...). 

 

Morale de cette histoire

        Si ton ennemi, le bon roi, ne fait rien de mal, accuse-le de ce mal qu'il n'a pas commis, et pour bien réussir à détruire le roi et son royaume, déclame tes paroles accusatrices avec force, avec passion, avec la passion de la peur, sur un ton alarmiste et même plus qu'alarmiste !

        Le peuple affolé suivra non pas ton raisonnement, car tu n'en as point, mais ta peur, tes accusations. Le peuple fera ce que tu lui commanderas de faire. A la fin, ce même peuple fera de toi le roi. En attendant qu'un autre, plus fort, plus courroucé, plus habile pour instiller la peur dans les consciences, ne vienne te ravir ta place et monter sur le trône... Tu devras fuir alors, juque dans un pays où, forcément, tu seras : "l'étranger" ! Oh! là! là! Pour un roi, comme pour le plus modeste de ses sujets, y a-t-il rien de pire ?

 

NOUVELLES DU JOUR CHEZ NOUS

        A. Des messieurs ou dames accusent le Premier ministre qui, du reste, leur répond ! On fait grand bruit autour d'un point proclamé de discorde qui, si l'on en croit l'un de ceux qui l'ont rendu possible, n'est qu'un point "marginal". Lire Stéphanie Le Bars dans son blog, un blog du Monde, 13 12 2013. Lien : BEAUCOUP DE BRUIT POUR UN POINT.

        B. La querelle a évolué selon son rythme, son déroulement, son histoire. C'est là que l'on peut suivre, de Tuot (l'un des auteurs du rapport qui porte son nom) à Copé, de Fillon à Matignon, les vagues et les bruits de la tempête dans un verre plutôt vide. Marine y aurait-elle trempé les lèvres ? On lira donc Fabrice Tassel et Laure Bretton in Libération, 13 12 2013. Lien : HISTOIRE DU BRUIT SUR LE POINT.

        Comme il est bon et salutaire, quand les politiques sont sur scène en leurs rôles, de ne pas seulement écouter les paroles, mais de bien voir les ficelles, et comment elles sont tirées, pour nous priver un temps de l'usage de notre propre raison !

          .

Les commentaires sont fermés.