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07/10/2013

Le jeu de l'amour et de l'instinct. Malfrats, mal-pensants, peur...

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        Ce furent les arabes. Il y eut ensuite les envahisseurs, ceux des bateaux qu'il convenait de renvoyer chez eux, sur leurs bateaux. On vit le débat se concentrer autour de l'Islam. Tout récemment, on oublia l'ensemble des bons mots du précédent quinquennat ainsi que les dernières obsessions arabes ou religieuses, et le paysage s'emplit à craquer d'un seul mot : "Rom". Au point que Marine du FN éprouvait il y a quelques heures le besoin de transformer ce mot en trois lettres désignant le PS et l'UMP, partis paraît-il partisans d'une certaine sorte de "mondialisation" (la troisième lettre : M). Quand on aime, on se sert, on se ressert, et on vous en ressert. Quel sera le prochain mot ? Par quelle fenêtre publicitaire de la pensée intolérante instinctive tentera-t-on d'infiltrer nos cerveaux ?

        Et la peur grandit dans les médias, qui réfléchissent, ripostent, interrogent, dialoguent, diffusent les plans de lutte élaborés par des politiques, des politologues, des penseurs, des militans, des humanitaires...

        A propos de peur : elle a un côté utile, telle la face ensoleillée du nuage, car elle nous réveille, nous aide à sortir de l'indifférence et de l'abstention du coeur, qui deviendraient trop facilement abstention politique..

           Mais la peur a aussi l'effet paralysant du serpent qui subjugue sa proie puis mord ! La peur nous encourage à compter sur les autres pour militer contre l'extrême droite. La peur nous invite à nous dire (pour nous rassurer nous-mêmes) qu'on en veut aux arabes, aux pauvres, aux pouilleux, aux gueux, aux malfrats, aux malsains, aux mal-pensants, aux militants des droits de l'Homme, aux chrétiens dont l'ambition tient dans le simple Evangile, aux communistes qui osent "y croire" et le prouvent... La peur nous invite à nous dire et nous redire que nous ne sommes ni juifs, ni arabes, ni musulmans, ni chrétiens, ni communistes, ni militants des droits de l'Homme ! Nous sommes des gens ordinaires aux prises avec la crise, avec les difficultés de la vie... La politique, "c'est pas pour nous", et de toute façon "ils" (les autres, les politiques à l'exception évidente du FN) "sont tous pourris".

        La peur a un autre effet : elle renforce énormément,  elle "potentialise" cette impression de "tous pourris", ce dégoût de la chose publique qui a si bien grandi sous l'influence du précédent quinquennat... Ce blog s'en est fait l'écho, affirmant à maintes reprises que le mauvais esprit cherche avant tout à posséder nos pensées ! (Et nos coeurs) !

          La peur, alliée à cette occasion au matérialisme hérité des années "glorieuses" (les trente...) prépare une France du silence, des volets fermés, des regards fuyants, une France capable de se murer et s'enfermer sur l'individualisme craintif, et d'attendre, pour s'animer et s'exprimer, le moment d'une insulte raciste décochée à "l'autre", et solidairement partagée comme un exploit, le moment d'un regard soupçonneux ou méprisant en direction du pauvre ou du "différent", ou encore le moment d'une fête (qui n'a pas l'idée de se nommer elle-même fête de la peur) pour condamner l'étranger, le moment d'une cochon-partie pour, dirait peut-être Rabelais, gueuler joyeusement et sans vergogne : "On est chez nous !"...

 

       1.  La peur pourrait même aller jusqu'à nous préparer des lendemains aux relents du siècle dernier dans ce qu'il fut de plus atrocement inhumain. Bête, méchant, organisé, dominateur des esprits, violent aux juifs, aux Roms, aux artistes... Il suffirait pour cela que quelque chose comme "Aube dorée" se cache en embuscade derrière le FN, ce qu'à Dieu ne plaise ! Et fort heureusement Marine nous rassure sur ce point en attaquant un journal en justice. Lire Le Monde, 07 10 2013. Lien : FN Aube dorée et Nouvel Obs.

        Nous n'en sommes pas là : mais la peur nous y conduirait aisément, la peur qui fait que des peuples entiers peuvent se taire et laisser advenir le pire !

 

 

        La peur, pourtant, n'est pas partagée par tout le monde ! Oui, les journalistes, les intellectuels et d'autres ont pris suffisamment peur, si l'on peut dire, mais à juste titre et pour la bonne cause, au point de s'exprimer publiquement, haut et fort, contre le Front national : c'est le côté ensoleillé du nuage. Les médias font savoir, dévoilent, invitent à réfléchir. Des plans de lutte se mettent en place.

        Ombres, lumières, tout est dans les articles que nous présentons ci-dessous, qui illustrent l'importance primordiale de l'intelligence. Le précédent quinquennat n'aimait pas les juges, ni les esprits indépendants. Le paysage politique menaçant de la période actuelle nous rappelle à son tour que l'intelligence est la meilleure arme, et qu'elle ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Contre le grand cinéma des mots, des émotions et des instincts parfois peu reluisants, ce qui suit est un ensemble d'actes qui résistent.

 

 

 

        2.  Un historien spécialiste de l'extrême droite, Nicolas Lebourg, s'exprime sur ce que peuvent signifier non seulement le terme "FN", mais aussi un certain nombre de notions qui l'entourent : évaluation du parti, crédibilité, hostilité à l'égard du pouvoir socialiste, Europe, droite classique, alliance politique, intervention de l'Etat dans l'économie, parti d'extrême droite (le FN ne serait pas, d'après Marine, un aspect de l'extrême droite, pas du tout !)... Lire le "chat" modéré par Abel Mestre et Caroline Monnot, in Le Monde, 06 12 2012. Lien : FN NE SOYONS PAS DUPES.

 

        3.  Des pratiques visant un journaliste du journal Le Monde ont amené ce journal à porter plainte contre le FN. Le Monde, 02 05 2013. Lien : FN MéTHODES INACCEPTABLES.

 

        4.  Marine Le Pen n'est pas à la tête d'un parti d'extrême droite, encore moins d'un parti qui aurait la moindre chose à voir avec le parti grec "Aube dorée" ! Voyons, c'est elle qui vous le dit ! C'est à voir dans un article qui rappelle aussi quelques données essentielles qui font qu'on a un peu de mal à la croire aussi facilement qu'elle le souhaiterait, sans doute... Chacu lira, et appréciera... Le Monde, 04 10 2013. Lien : MARINE LE PEN VOUS RASSURE.

 

        5.  Face à "l'inquiétante montée du Front national", un collectif de personnalités politiques lance un plan d'action du PS. Il est rappelé que la situation actuelle comporte, comme élément d'importance, l'état dans lequel se trouve la droite classique. Des précisions sont apportées sur les mesures envisagées pour lutter contre la montée du FN. Une bonne dose de rénovation du parti socialiste en fait partie. Le Monde, 05 10 2013. Lien : FN ET RENOUVEAU AU PS.

 

        6.  Gaël Brustier est interrogé par Bastien Bonnefous. Il y a dans notre société une attente forte d'un renouveau à gauche. Des mises à jour idéologiques sont impératives, de façon à tenir compte des nouvelles données de la réalité économique, politique, européenne, en particulier en raison de la crise. Le parti socialiste doit changer, et se préparer à ce qu'il devra être désormais. Voir Le Monde, 05 10 2013. Lien : PARTI SOCIALISTE AUJOURD'HUI DEMAIN.

 

        7. David Assouline a été interrogé par un journaliste de Libération. Pour le porte-parole du parti socialiste, la montée du FN n'a pas été provoquée uniquement par la situation socio-économique de notre pays. Divers points parmi les plus récents de l'actualité politique sont abordés également, et annonce est faite d'un plan de bataille de la part du PS contre le Front National. Lire le travail réalisé par Lilian Alemagna dans Libération, 05 12 2013. Lien : PS EN MARCHE CONTRE FN.

 

        8.  Le succès du Front national à Brignoles (élections cantonales) vient peut-être de porter un coup au moral de certains. Mais il convient de noter que ce succès n'est pas totalement une progression du FN en soi, car l'abstention énorme qui a caractérisé ce scrutin tend à "gonfler" la proportion de ce qui autrement ne serait pas un véritable triomphe. C'est ce que l'on découvre dans l'excellent article auquel nous renvoyons ci-dessous.

        Cependant, qu'il nous soit permis d'avancer ici une opinion non pas opposée, mais qui considère l'abstention pour ce qu'elle vaut par elle-même et pour la maladie qu'elle révèle. Sommes-nous en train de devenir un peuple amorphe, détourné de la politique et des responsabilités qu'elle incombe, ne serait-ce que, par exemple, le simple fait d'aller voter ? Le précédent quinquennat, s'ajoutant à la tendance bien française de mépriser la politique en général et les politiciens en particulier, porterait-il maintenant des fruits de désillusion, démobilisation, désintérêt, dégoût, persiflage, ou dénigrement, susceptibles d'ouvrir un boulevard à n'importe quelle aventure politique, ou idéologique, ou pire ? L'article que nous indiquons traite de ce qui entoure la progression du FN à Brignoles. Notre crainte, fondée elle aussi, concerne par contre le phénomène de l'abstention et plus profondément l'amour des français pour la dérision et le désengagement citoyen. Il faut donc lire (pour mieux évaluer le "succès" de Brignoles) : Jonathan Parienté, Maxime Vaudano, Samuel Laurent in Le Monde, 07 10 2013. Lien : ABSTENTION.

 

        Il ressort de tout ce qui précède qu'une grande bataille est en train de se jouer entre d'une part le travail silencieux de l'exécutif (travail rendu peu lisible par les effets de la situation déplorable qu'il convient de redresser et que l'on redresse, et c'est heureux !), d'autre part les déclarations excellentes du côté du parti socialiste entre autres, et enfin par ailleurs l'aplomb, la confiance, l'esprit de conquête heureuse du FN en général et de Marine Le Pen en particulier, et cela fait plaisir à voir, on ne peut pas mépriser des gens au prétexte qu'ils sont heureux, même si, comme c'est notre cas dans ce blog, on ne partage pas du tout leur vision des choses, qu'il convient de combattre. Parfois, on a un peu l'impression que tout cela est une bataille de mots, de bruit, de tentatives réussies ou pas en vue de conquérir des voix électorales ! Mais le vrai danger, c'est que le bruit, les formules, les attitudes parfois un peu théâtrales ne soient que le rideau qui dissimulerait les enjeux d'une pièce bien plus tragique : LE JEU DE L'AMOUR (fraternel, démocratique) ET DE L'INSTINCT (raciste, national populiste, mais rien à voir avec Aube dorée si tout est bien et c'est ce que nous souhaitons !). En somme, les paroles sont l'écume des vagues : révélatrices, fondatrices parfois, elles détournent l'attention des profondeurs. La haine, l'ostracisme, le dénigrement sont aussi du ressort de la vie spirituelle. Mais ça, comme aurait dit Poutine (non ! Pardon : Kipling), c'est une autre histoire.

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