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28/05/2013

Bravo l'anglais, et vive la francophonie !

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            Pour reprendre la question du biliguisme à l'Université, dont nous parlions dans le précédent message, on pourrait souligner deux directions très simples, et importantes, de la réflexion.

        Premièrement : sauver le français contre la présence de plus en plus grande de l'anglais ne peut pas se faire uniquement par une attitude craintive, défensive. Tout au contraire, la valeur et l'avenir de notre langue se jouent dans nos écoles, dans l'Education nationale en général, ainsi que par la promotion de la francophonie dans les  pays étrangers.

        Deuxièmement : on ne livre pas avec succès une bataille si cette bataille est déjà perdue ! Et peut-être est-elle perdue là où il est convenable qu'il en soit ainsi, c'est à dire lorsque la vie, la nature de la pensée  ou de la discipline intellectuelle font de l'anglais une langue bien adaptée, utile (notre précédent message insistait déjà sur ce point).

 

        Nous en tirons, comme précédemment, la conclusion que ce n'est pas la crainte qui sauvera notre langue, mais l'amour !

 

        Pour réfléchir plus sérieusement, on ne se contentera pas de ces brèves remarques et l'on fera deux passionnantes lectures dans Le Monde :  

 

        a.  François Béguin et Benoît Floc'h présentent les propos de la ministre déléguée à la francophonie, pour qui l'espoir de rayonnement du français est immense, depuis nos écoles jusqu'aux continents où l'on parle français, en passant par la vie économique réelle et en particulier le commerce. Le Monde, 21 et 22/05/2013. Lien : Français, langue d'avenir.

 

        b.  L'anglais est une langue de travail, adoptée largement dans certains milieux intellectuels. Sa progression déjà très avancée, une certaine absence de résistance réelle du français, ont de quoi faire peur. On peut déplorer un envahissement. Mais on ne doit pas, nous semble-t-il, appeler "envahissement" toute présence de la langue anglaise ; et il faut savoir discerner dans quelles circonstances cette présence se manifeste à bon escient, en tant qu'instrument de travail adapté et souhaitable à ce titre. Certes, l'article auquel nous renvoyons le lecteur est un véritable signal d'alarme, ou de détresse, mais sa conclusion ne va pas tout à fait dans cette direction désespérante. Lire Benoît Floc'h, in Le Monde, 21 et 24/05/2013. Lien : anglais vainqueur

        Enfin, nous aimerions rappeler que l'Education nationale offre, en principe, un espace et une chance pour que vivent et grandissent la curiosité, l'accueil, l'amour et la pratique des langues étrangères au pluriel. 

        N'est-il pas choquant que les millions de français que nous sommes, malgré tant d'années passées de façon obligatoire à l'école, ne connaissent pas ou si peu d'autres langues que le français et l'anglais ?

        Interdisons l'apprentissage obligatoire du grec classique par la totalité de la population française : d'accord ! De même, pas question d'obliger tous les petits élèves de sixième à se lancer à corps perdu dans le latin, l'allemand, le russe et le chinois, sans compter l'arabe, le wolof, l'espagnol, le portugais et l'italien. Et pour l'arabe, on devrait évidemment offrir l'arabe classique, l'arabe littéraire moderne, l'arabe parlé de chaque pays de l'Egypte au Maroc en passant par tant d'autres pays ! Tout ça, ce serait trop ; et tout ça pour tous les élèves, ce serait monstrueux ! Voilà donc une idée absurde, que seul l'auteur de ce blog pouvait oser vous proposer : quelle honte!  

        Cela dit, nos enfants sont doués d'intelligence. Ne l'oublions pas, car c'est en oubliant ce simple fait, pourtant réconfortant, que nous hypothéquons notre avenir, et surtout le leur ! Et le pire, c'est de ne pas leur donner la chance d'aimer ce qu'ils peuvent aimer, de découvrir ce qu'ils peuvent éprouver du bonheur à découvrir. Pas d'obligation, mais beaucoup de joie... Pardon, chère lectrice ou cher lecteur, mon admiration pour l'intelligence et l'élégance de tant de langues étrangères m'a sans doute emporté un peu trop loin dans un message auquel je prévoyais de donner une longueur raisonnable pour une fois !

Votre blogueur déchaîné, Estival.      

    

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