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28/04/2013

Les Français veulent un roi

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        "... ... le plus impopulaire des présidents.... ..."

(d'après un sondage)

 

 

 

        Mais partons de quelques réalités plus ou moins sondagières, justement ! 

 

        A.  Un sondage donne 75% des Français partisans d'un "gouvernement d'union nationale". Cela n'est pas sans évoquer les idées de François Bayrou et son ambition de "rassembler" en transcendant les frontières politiques. JDD, 27 et 28 04 1013. Lien : SONDAGE UNION NATIONALE.

 

        B. On pourrait profiter de cette occasion pour voir ou revoir ce qu'était le programme économique du candidat à l'élection présidentielle Françoois Bayrou : sinon, comment parler sans connaître ? Voir L'Expansion, 19 03 2013. Lien : PROGRAMME CANDIDAT BAYROU.  

 

        C.  L'utilisation des sondages est-elle une façon de faire donner par le peuple des leçons de bonne conduite au président de la Répuglique ? La publication régulière des résultats de sondages peut-elle guider les pas d'un Prmier ministre ? Toujours est-il que le sondage mentionné ci-dessus (A. ) indiquerait d'abord et avant tout en quel piteux état se trouve l'opinion publique en France : face aux réalités, la France a peur ; face au monde politique et à ses responsables, la France se situe dans le manque de considération. De quoi désespérer. Pas forcément de quoi tisser une union nationale ! Lire Pierre Haski, Rue 89, 28 04 2013. Lien : FRANCE OPINION EN RUINES

 

        D. Si la fable "Les grenouilles qui demandent un roi" ne peut évidemment pas rendre compte de la situation politique actuelle, elle ne manque pas d'un certain à-propos quant à notre façon de nous comporter collectivement, et à l'insatisfaction permanente dont nous faisons preuve depuis longtemps dans notre pays (voir dans ce blog ce qui relève du "dénigrement"... Site Poésie webnet. Lien : GRENOUILLES ROI

 

        E.  Nous avons eu des rois, en France. Lorsque François Hollande nous engage au Mali, il retrouve les pas d'un passé qui a, plusieurs siècles avant le nôtre, préparé la figure d'une partie d'un grand continent, notre voisin... "Louis XIV et l'Afrique noire", ouvrage de Tidiane Diakité, montre la complexité, l'humanité et l'importance pour les siècles suivants de ce qui concernait notre ancien monarque et l'Afrique, d'hier à aujourd'hui. Le roi, en ce temps-là, agissait selon son pouvoir, certes, mais aussi selon les exigences et les immenses ressources de la relation personnelle, fortifiée par l'amitié, l'estime, la compréhension. Il y eut des erreurs, de la grandeur, toutes sortes de valeurs bonnes ou moins bonnes de part et d'autre ! Mais la lecture de ce livre récemment paru est bonne conseillère, et d'excellente culture pour l'esprit, même si elle n'est pas de nature sondagière ! Voir  site des éditions arléa. Lien : ROI FRANCE HIER AUJOURD'HUI

 

POURQUOI PARLER DE "ROI"

SI LES SONDAGES N'EN PARLENT PAS ?

 

        D'abord, parce que les sondages n'ont pas posé la question. Ce que France résiste aurait pu oser faire. Mais les personnes interrogées se seraient sans doute montrées surprises, hésitant bien souvent à donner une réponse immédiate à une préoccupation si inhabituelle. 

 

        Alors, en fin de compgte, les Français ne veulent peut-être pas d'un roi : un roi, on n'en change pas tous les sept ans, voire depuis peu tous les cinq ans, quinquennat oblige ! Un roi, ça n'est pas issu des urnes, encore moins des sondages ! Un roi, ça ne se remplace pas au bout d'un an au lieu de cinq parce que le peuple a faim d'emplois réels (ça, c'est bien) et d'effets d'annonce à effet garanti (ça, on y a trop goûté pendant cinq ans) !

        Mais les Français veulent un roi : un roi, on peut le critiquer et le tourner en ridicule, quand il est capable de ne pas vous intenter un procès pour outrage à roi ! Un roi, on peut le placer au-dessus des pouvoirs régionaux, au-dessus des batailles de partis, des féodalités, des rivalités ! Un roi, c'est une forme de sérénité, une sorte de confiance lointaine, que même les critiques populaires ne sauraient atteindre. Une sorte de François Hollande divinisé. 

        Car les Français ont déjà un roi : avec son pouvoir de diriger lui-même le gouvernement, avec ses querelles de palais ! Avec son caractère, son vocabulaire et ses façons d'agir. Avec son peuple qui gronde. Avec, en matière de politique internationale, ses relations personnelles très humaines quand il le faut, très décidées lorsque cela convient.

        Alors, pourquoi un "gouvernement d'union nationale" ? Parce qu'avec ça les Français seront servis : ils auront un gouvernement de féodalités opposées, les rigoristes contre les relanceurs de pouvoir d'achat, les européens contre les nationalistes, les pro-Merkel contre les contre-Merkel ! Ils auront tout cela, qu'ils ont déjà ! Mais en plus, ils l'auront dans la même équipe ! Pour tirer en sens inverse, ils s'y mettront à tous, à Matignon, sur la même ficelle ! Et pendant ce temps, les critiques de la population se multiplieront comme jusqu'à présent, mais les critiques pourront tirer dans tous les sens, sur "tout ce qui bouge" au gouvernement ! Et la vérité, c'est que plus rien ne bougera, les forces contraires se neutraliseront mutuellement, si bien que la seule chose bien vivante en France sera la tension. Ou plutôt, peut-être, la critique. Ou plus encore, sans doute, le découragement. 

         Surtout, il faut à la France un roi : non pas pour rêver devant la beauté de ses fastes ou la hauteur de sa fonction, comme pourraient le faire des nations étrangères . 

        Non, en France, si nous devenions monarchie, nous aurions un roi pour le tourner en dérision ! Et nous aurions le pouvoir d'en changer : un roi remplaçable pour cause de besoin d'une nouvelle cible pour le sport favori des Français : le dénigrement !

        Alors, si nous en arrivons un jour à ce point de perfection dans l'art de dénigrer, alors paraîtra l'étoile de l'espoir populiste extrême, l'étoile de la haine et du racisme, l'étoile du dénigrement dirigé vers des cibles préalablement désignées : sans-papiers, Roms, immigrants venus en barques ou bateaux de fortune, si bien que le mécontentement des Français aura enfin une bonne, une vraie cible, sur laquelle un consensus sera établi.  On aura enfin élu un roi qui saura détourner de sa personne l'animosité du peuple, un roi qui sera capable de diriger la colère, d'orienter le mécontentement ! Quelques personnes humaines en feront peut-être les frais, mais l'ordre régnera de nouveau, et ces personnes ne seront pas nommées et respectées comme des personnes mais feront partie de catégories : arabes, musulmans, priants "de rue", sans-papiers, illégaux : par exemple... Et qu'est-ce que vous pariez que le royaume alors fondé sur de telles bases sera plus stable ? Il sera devenu, peut-être, aussi solide, aussi durable, aussi "pérenne" (drôle de mot...) que le règne de monsieur Vladimir Poutine... (Voir ce mot dans le blog "France résiste", et chercher celles ou ceux qui ne le vomissent pas, voire qui l'admirent peut-être, depuis la Norvège jusque chez nous)... 

        Les Français, telles les grenouilles de la fable, réclameront jusqu'aux cieux qu'on leur donne un autre roi, lorsqu'ils auront fini par souffrir de la belle royauté stable et solidement établie, impossible à modifier tous les sept ans, tous les cinq ans, tous les ans. Mais la réponse sera la même que sous la plume de Jean de La Fontaine. Dès lors, les Français devront apprendre à dénigrer, critiquer, se moquer, ridiculiser le pouvoir comme ont appris à le faire, depuis des siècles jusqu'aux jours de Poutine, les Russes. 

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