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08/04/2013

Puérils ou responsables, qui sommes-nous donc ?

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         L'atmosphère sulfureuse dont les médias se font l'écho présente presque des apparences de jeu : un jeu au cours duquel des choses bien réelles (hélas !) tendraient à attiser la consternation, l'indignation légitime, et aussi le dénigrement dont nous sommes nombreux à faire notre régal (hélas !)... Le dénigrement mettrait en pièces, encore hélas !, la classe politique. Puissent les lignes qui précèdent se révéler fausses et sans fondement !

        Toujours est-il que le jeu existe, même à l'état adulte si l'on peut dire, et de façon sociologiquement observable lorsque c'est le dénigrement qui en est l'enjeu (alinéas 1/ 2/ et 3/ ci-dessous). 

        Dans les cours de récréation, nos enfants jouent de façon dangereuse. Et proprement sidérante... (ci-dessous 4/).

        Or, le gouvernement lui aussi s'intéresse aux jeux. Ah, est-ce enfin l'espoir ? (ci-dessous 5/).

        Mais les règles du jeu peuvent changer, et c'est le cas lorsque ce qu'il est convenu d'appeler l'affaire Cahuzac devient, par un tour de magie sans trucage ni espièglerie, une heureuse "nouvelle" (voir 6/ ci-dessous). 

        Enfin, on passe de nouveau de l'horreur à la construction politique lorsque les inquiétudes éveillées par certains mots (Cahuzac, Augier) subissent tout à coup une métamorphose et prennent les allures d'un changement pour le meilleur... et pas pour le pire (ci-dessous 7). 

        Tout étant dit, ou presque, on est en droit de se demander si la France n'est pas en train de jouer avec ses propres peurs, ses propres miasmes, ses propres cauchemars. Et le résultat, c'est que nos cerveaux font un long cauchemar et se trouvent coupés de la réalité : une réalité beaucoup plus belle, dans laquelle des partis, des syndicats, des militants, des ministres, un président, construisent. N'y a-t-il pas dans ce jeu de la peur, dans ce cauchemar, une préparation profonde au populisme le plus bête qui soit, qui commencerait à régner sur nous par le dénigrement acharné, baptisé d'un nom savant commençant par "b" dont le sens n'est ni exclusivement anglais, ni le moins du monde chinois ? 

 

 

        1/  On a fait, avant même que n'éclatent les plus récents sujets de scandale et d'indignation, des critiques répétées, systématiques, particulièrement riches et variées en provenance de l'opposition de droite, à l'encontre du président François Hollande. Il fut même de bon ton d'appeler cela du "Hollande bashing", ce qui présente l'avantage de paraître savant (un mot étranger...) et moderne (un mot anglo ou saxon, ou quelque chose de ce genre ?). Et puis, quand on parle des gens qui font du "bashing", on se rémémore subconsciemment des sports tels le canyoning, le trekking, le karting... Peut-être n'est-il pas très bon de laisser des parfums de jeu, de sport, se mêler à l'acharnement dans la façon de dénigrer celui qu'on n'aime pas parce qu'il n'est pas d'un certain bord politique ? Ou parce qu'il a été élu, et se trouve donc bien placé, en France du moins, pour devenir une "cible" (voir notre référence à la langue chinoise, par pure coïncidence). Le "bashing" est une pratique de dénigrement qui s'inscrit dans le cadre d'un groupe. Lire Geneviève Bernard Barbeau, in Revue Signes, 30 01 2012. Lien : Revue signes Geneviève Bernard Barbeau.    

BERNARD BARBEAU Geneviève. Le bashing : forme intensifiée de dénigrement d’un groupe. Signes, Discours et Sociétés [en ligne], 8. La force des mots : valeurs et violence dans les interactions verbales, 30 janvier 2012. Disponible sur Internet : http://www.revue-signes.info/document.php?id=2478. ISSN 1308-8378.

         2/  Le sens de l'anglais "bash" comporte le fait de frapper, l'idée de cogner, la possibilité de "rosser" une personne. Le mot en lui-même est un véritable acharnement ! Et c'est précisément l'un des charmes de ce mot anglais, que d'être assez bien traduit par l'idée, en français, de l'acharnement dans la façon de dénigrer : de façon collective, plus ou moins concertée, en tout cas concertante, concentrée sur une même cible... Voir Reverso Dictionnaire. Lien : BASH

        3/  Par pure fantaisie, on peut se demander ce que pourrait nous révéler le début de "bashing", c'est à dire "ba", en chinois mandarin.

 Rien de plus simple : après avoir ouvert le lien 3/ ci-après, écrivez ba dans l'onglet de recherche du site de Chine Nouvelle,

puis cliquez sur "options"

et cochez (ou simplement laissés cochés) le choix "caractères simplifiés",

et le choix "prononciation pinyin".

Ceci étant fait, lancez "Recherche", et découvrez que "ba' peut signifier "cible", c'est l'un de ses multiples sens.

Bien sûr, il ne s'agit là que d'une idée fantaisiste de l'auteur de France résiste, sans rapport avec la réalité du bashing appliqué à Hollande François. Site de Chine Nouvelle dictionnaire. Lien : CHINOIS

 

        4/  "Jeux dangereux et pratiques violentes", font l'objet d'une étude particulièrement bienvenue de la part de l'Education nationale. Et c'est horriblement "édifiant", si l'on peut dire... Ministère de l'Education nationale, bureau de la santé, de l'action sociale et de la sécurité, CNDP -CRDP. Lien : JEUX DANGER MONDE SCOLAIRE

 

        5/  Le gouvernement s'intéresse aux jeux vidéo. Enfin un espoir ? Enfin le service de l'enfant, de sa santé mentale, de sa sécurité, de son hygiène ? Enfin on se soucie de ce qui fait l'enfance de nos enfants et la jeunesse d'esprit des jeunes de notre pays ? Eh bien voilà : il est question de "l'innovation et la compétitivité", le confort neurologique de nos petits chéris ne figure pas au programme. Or, nos enfants font partie des utilisateurs de jeux vidéo, non ? Lire Laurent Checola, in Le Monde, 04 04 2013. Lien : JEUX VIDEO QUEL ENJEU

 

        6/  L'affaire Cahuzac nous montre que la France n'est pas laide, elle est belle. L'actuel exécutif s'est montré à la hauteur. France exemplaire, c'est maintenant ! Et en actes. Lire Laurent Neumann in Marianne, 04 04 2013. Lien : FRANCE EXEMPLAIRE

 

        7/  Répondant à Sud Ouest Dimanche, Marcel Gauchet s'exprime au sujet des affaires Cahuzac et Augier. Il y voit la possibilité pour le président Hollande de tenir ses promesses : tout particulièrement en s'attaquant au problème des paradis fiscaux, et en le faisant dans le cadre de l'Europe. Ainsi, nous pouvons estimer, avec plaisir, que les scandales ne servent pas seulement à alimenter notre manie du dénigrement : ils peuvent servir tout aussi bien à donner un coup de fouet au changement dans le bon sens, au changement pour le meilleur, et pas pour le pire. Sud Ouest, 07 04 2013. Lien : Scandales pour aller de l'avant

Dénigrement à la française,

sacré garnement,

en as-tu pris pour ton compte,

alors que je viens de m'acharner 

contre toi, 

comme on pourrait le faire 

à la foire 

en jouant au jeu de massacre

 contre des boîtes de conserve

ou des bouteilles qu'il faut atteindre,

   ou faudra-t-il te dénigrer davantage ?

            

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