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27/01/2013

Au pays du mépris, le populisme est roi

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Un souvenir

 

        Lorsque la France hésitait, à l'un des carrefours de son histoire, un pays voisin s'en inquiétait beaucoup. Dans le métro, on ne pouvait plus distinguer le visage des voyageurs, car chacun d'eux s'était plongé, le temps d'un bref voyage souterrain, dans la lecture de toute une variété de journaux, magazines et revues qui titraient esentiellement en fonction de leur affection et de leur pensée anxieuse à l'égard de la France. C'était avant le "retour du général", et chacune, chacun dans ce pays étranger mais proche du nôtre pressentait que l'avenir s'ouvrirait tôt ou tard par un changement de régime politique. Ce qui fut fait lorsque fut instaurée la Vème République.

        Un jeune français se trouvait dans le train, revenant de ce pays vers la France. Un arrêt, des bruits nouveaux, des voix peu aimables, un rien "gueulardes" le tirèrent de la douce somnolence dans laquelle il retrouvait comme en rêve ses souvenirs agréables, après ce séjour en pays étranger, un étranger prévenant, courtois, soucieux d'action publique et de bien commun, ouvert à toutes les lectures d'actualité et d'opinion dans une presse abondante et riche par ses courants de pensée. Mais tout à coup, que se passait-il ? Notre voyageur ne rêvait plus ; une voix misérable, méprisante, provocante, hurlait sur le quai de la gare : "Les politiques ? Tous les mêmes ! Tous pourris !" Eh oui, le train venait de passer la frontière, on était en France : changement de ton, changement de mots... 

        Le lecteur a sans doute déjà compris que ce trait de caractère du Français méprisant, se déclarant apolitique pour mieux se situer au-dessus de tout le monde, sans prendre ses responsabilités, sans faire d'effort en vue d'améliorer  le sort d'un pays, le sien, n'est pas un trait de caractère né de la dernière pluie. C'est de très longue date que le Français méprise en bloc, et fait de l'acrimonie sa drogue quotidienne et sa disposition d'esprit favorite. 

        Pourquoi ce rappel ? Parce que nous ne devons pas croire que le populisme et le pessimisme d'aujourd'hui sont caractéristiques du seul moment présent. Néanmoins, le moment présent, la crise, et certains encouragements venus d'en haut pendant au moins cinq années d'un certain quinquennat très à droite, ont fait souffler l'air du temps dans le mauvais sens. Le fait que le Français soit enclin au mépris, à la rancoeur, à la rouspétance, à la généralisation, à la rapidité du jugement qui dénigre, tout cela n'excuse pas le mal du temps présent, mais au contraire l'aggrave ! Car si l'on veut faire tomber un combattant, une personne, un peuple, le plus simple et le plus commode consiste à solliciter son point faible. 

 

Ce qu'il en est au moment présent

 

        Une France qui veut se connaître elle-même sonde sa propre opinion. Ce dont Gérard Courtois se fait l'écho dans Le Monde.  Nous avons isolé les mots de l'article qui sont utilisés pour caractériser l'opinion française, ou plutôt l'état d'esprit en France tel qu'il semble se dessiner au vu d'un récent sondage, et le résultat est peu commun : 

pessimisme,

réticence,

crainte,

jugement sans pitié,

irritation,

rejet,

anxiété,

peur de l'autre,

hostilité,                                  

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crispation autoritaire,

demande d'autorité,

crispation identitaire,

rejet religieux,

désignation de boucs émissaires.

 

        A.  La conclusion de l'article de Gérard Courtois ne saurait être évoquée dans ces lignes : il faut lire tout l'article, car 1/ : il justifie pleinement (hélas!) la liste des mots donnés ci-dessus, et 2/ : la conclusion elle-même est une pièce d'orfèvrerie dont la briéveté n'a d'égal que l'éclat. Le Monde, 24 et 25 01 2013. Lien : OPINION POPULISME.

 

 

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       B.   Le chef est quelqu'un qui sait trouver des mots, des intonations et des postures de telle sorte qu'il puisse incarner en sa propre personne les pensées, les sentiments, et surtout les émotions de la population. Le peuple dès lors se reconnaît dans le chef, et l'investit de toute sa confiance, le désignant par là même comme... son chef ! Devons-nous reconnaître l'art d'être chef dans la façon dont, au Front national, on semble s'être réjoui en lisant l'article ci-dessus cité ? Le mieux serait de lire à ce sujet Abel Mestre, in Le Monde, 26 01 2013. Lien : FN DISCOURS CHEF

 

Savoir à qui l'on a affaire

 

        C.  Enfin, si vous avez la désagréable impression que le précédent quinquennat aurait, sait-on jamais, plutôt favorisé en France le mépris, le dénigrement, la désignation de boucs émissaires, vous pouvez lire ou relire France résiste sur l'Acrimonie, 17 11 2011. Lien : DéNIGREMENT ET ACRIMONIE. (Lien interne, pour en sortir revenez à la page précédente (flèche sur fond coloré) au lieu de fermer la page web !) 

 

Conclusion

Puissions-nous ne pas oublier,

en étant pris dans le tourbillon des nouvelles médiatisées, faites de peurs, d'horreurs, de tensions, de menaces, et de toutes sortes de raisons de mépriser, 

que l'essentiel se joue dans les choix intérieurs que nous faisons, qui nous permettent d'espérer, de résister, enfin d'agir dans la confiance.

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