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05/04/2012

Pas en guerre, mais !

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    Nous ne sommes pas en guerre, mais dans nos coeurs, dans nos têtes un flot continu de bruit, de mots, de "nouvelles" médiatiquement acheminées nous habite.

    A./ Les syndicats ne sont pas l'objet de la délectation présidentielle. On parle d'insultes (présidentielles) à leur encontre,  dans un article qui cite plusieurs journaux : lire Frédéric Couteau, Rfi 03 04 2012. Lien : SYNDICATS.

    B./ Le Président n'en est pas à sa première remarque concernant les corps intermédiaires. Quelques épisodes peuvent rafraîchir la mémoire sur le sujet. Quant à la sollicitude déployée au profit des travailleurs, l'affaire de Florange se rappelle à nous, elle aussi, par la bouche d'un syndicaliste CFDT, Alain Gatti : dans les 17 millions annoncés, il conviendrait de considérer que 15 ne sont pas ce dont ils ont l'apparence, et deux seulement concernent effectivement le redémarrage des hauts fournaux. Ce qui n'est pas sans poser quelques menus problèmes au niveau pratique, et une grave question au niveau de l'honnêteté intellectuelle (les termes employés sont plus durs). Lire Louis Morice in NouvelObs, 03 04 2012. Lien : CORPS INTERMéDIAIRES.

    C./ Nous avons bien longtemps vécu sans mesurer, peut-être, à quel point nous étions en danger. Et cela en raison de la présence en France de prédicateurs islamistes (c'est ainsi qu'ils sont désignés) contre lesquels il est, chacun en conviendra, urgent d'agir. Il paraît que cela, d'après certains, pourrait s'avérer untile pour "faire oublier les défaillances de la lutte des services français dans l'affaire Merah" (article cité en fin de paragraphe).  Lire l'article de Sylvain Mouillard in Libération, 03 04 2012. Lien : AFFAIRE MERAH.

    D./ Dans l'affaire des islamistes de Forsane Alizza, le syndicat de la magistrature évoque l'idée d'une "récupération" (du problème de l'islamisme radical) "par le président-candidat" (voir en fin d'article : in Rue89Lyon, 03 04 2012. Lien : RéCUPéRATION POLITIQUE.

    E./ En marge de toutes ces peurs ou antipathies, nous vivons actuellement la campagne électorale, laquelle SEMBLERAIT, paraîtrait tout au moins emprunter parfois les chemins détournés d'une (peut-être) campagne de publilcité ? Une chaîne de télévision, des chaînes de radio diffusent en effet ce genre de chose pour un institut dont l'idéologie va plutôt dans le sens du candidat sortant. Au point que le CSA s'en est ému et se sent concerné par le problème, ou la question posée si l'on préfère. Lire Nabil Touati, NouvelObs, 30 03 2012. Lien : INSTITUT MONTAIGNE radio télé CSA.

    F./ Mais revenons aux émotions : dans une prise de parole (peu de jours après les tueries de Montauban et Toulouse), Marine candidate parle d'une "avancée du fascisme vert dans notre pays", elle évoque les "bateaux" et leur contenu d'immigrés, elle se demande, elle demande quel est le nombre de personnes (dans ces bateaux) qui sont des Mohamed Merah... Du reste, les bateaux sont "remplis" d'immigrés, et ils arrivent, ainsi que des "avions", "chaque jour en France". On voit que les mots de Marine candidate sont riches en images, qu'ils s'adressent à l'imagination au sens propre (voir mentalement des images) et au sens figuré (imaginer une possibilité avec assez de précision pour qu'elle semble réelle). C'est de bonne guerre, dans le registre de l'éloquence et sur ce point précis nous pouvons reconnaître un certain mérite à Marine, candidate, car elle vit intensément ses convictions, et cela aiguise son verbe. Ce qui ne constitue pourtant en aucune manière une quelconque raison de souscrire à ses convictions. Voir NouvelObs, 25 03 2012. Lien : MERAH BATEAUX IMMIGRéS.  

    G./ Des discours à la qualité des gestes, il y a un pas que l'information nous fait franchir. Des tunisiens, en voyage, se sont retrouvés pris en charge par des policiers français, placés ("parqués", dit l'article cité en fin de paragraphe) dans un garage, et pour bien les identifier les policiers leur ont écrit à chacun un numéro, sur le bras. Certains voient là une atteinte à la dignité de la personne, conformément à des textes qui font autorité (article cité en fin de paragraphe).  Précisons que ces tunisiens n'avaient apparemment pas commis de crimes. Pour vous faire une opinion, le mieux reste de lire Olivier Bertrand in LibéMarseille, 31 03 2012. Lien : TUNISIENS POLICE NUMéROS.

    H./ Soyons bref désormais, pour épargner le lecteur, et disons qu'une "descente 'antiterroriste' au Mirail" (Toulouse) a donné lieu, à son tour, à quelques exemples de manque de délicatesse. Bien sûr, le rôle de la police dans ce genre d'occasions n'est pas d'être des modèles d'affabilité, mais plutôt d'être d'une irréprochable efficacité. Néanmoins, dans le cas précis, on a peut-être le droit de rester pensif...  On a pu observer des faits de nature assez semblable dans un quartier voisin, la Reynerie. Lire Jean-Manuel Escarnot, LibéToulouse, 31 03 2012. Lien : ANTITERRORISME.

    I./ A Toulouse également, un jeune homme était chez sa mère et a été interpellé, c'était dans le quartier de la Faourette. Bilan : ils (les policiers) "ont tout cassé". Et l'on ajoutera "pour rien", pour aller jusqu'au bout des propos entendus sur place, puisque le jeune homme en question fut relâché... Et, rassurez-vous, comme le montre la fin de l'article, les arrestations d'islamistes se poursuivent (il s'agit d'islamistes soupçonnés d'être terroristes, sans doute, mais le vocabulaire tend à se simplifier ces derniers temps). Et le mot "islamiste" continue de faire ses pirouettes dans nos têtes, nos rêves, ou plutôt nos cauchemars. L'article, c'est dans LibérationToulouse, 02 04 2012. Lien : TOUT CASSé POUR RIEN.

    J./ Tout cela est certes inquiétant. Nous sommes inquiets. Inquiets, les sénateurs le sont aussi. Inquiets au sujet de l'affaire Merah, au point qu'ils ont demandé qu'une Commission sénatoriale puisse entendre les responsables des services de renseignement. Ils osent prétendre, figurez-vous, qu'une telle audience est constitutionnelle, relève de leurs attributions, et fait partie du contrôle par le peuple de l'application des lois. Ah, c'est beau, mais le gouvernement a refusé. Alors, pourquoi et comment ce refus est-il inquiétant (pardon pour la répétition des mots "inquiets", et "inquiétude", mais c'est l'air que nous respirons) ? La réponse, vous la découvrirez sous la plume d'Estelle GROSS, NouvleObs 02 04 2012. Lien : COMMISSION SéNATORIALE.

    Non, la France n'est pas en guerre. Mais les mots, les images, et jusqu'à l'imagination qui se déversent dans nos cerveaux nourrissent en nous des rêves qui sont des cauchemars.

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