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13/03/2012

France qui perd son âme. Histoire et moment présent

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        Bonsoir mon cher neveu,

        oui, je sais que tu n'en peux plus (ce sont tes mots) de la tournure prise par la campagne électorale d'un certain côté politique qui semble hanté par le niveau publicitaire de la vie publique ! Plus que par la solidité de la réflexion et la cohérence des actes. Je ne comprends que trop bien ton dégoût. Alors, essayons d'aller plus en profondeur : quelle est la nature de la dérive profonde que connaît notre pays ?

        Pour ne pas poser le problème trop directement en termes philosophiques, je prendrai deux points d'appui.

a.  Tout d'abord, un article qui place des paroles publiques d'aujourd'hui sous la lumière des années trente en Allemagne.

b.  Ensuite, le cri d'horreur de citoyens français qui constatent, au plus fort de leur engagement et de leur action, à quel point le pauvre, le petit, l'étranger, le malchanceux, le rom, le malade pourtant protégés par la loi et dans le cadre précis de la loi qui les protège, sont autant de cibles d'une espèce d'acharnement contre eux : acharnement du sort, peut-être, mais aussi quelque chose comme de l'acharnement, ou comme de la mauvaise volonté non avouée, de la part de notre pays, de son pouvoir, de son administration. 

        a.  Notre présent est celui de la recherche de boucs émissaires ; de la hiérarchisation des civilisations ("toutes ... ne se valent pas" déclarait récemment un ministre de l'intérieur néanmoins philosophe) ; de la peur, voire du refus d'entendre le  mot "rafle", cependant que dans la pratique on peut être amené à utiliser ce mot pour réfléchir sur le présent... Or, précisément, la mémoire historique éclaire d'un jour glauque et glaçant toutes ces réalités d'aujourd'hui. L'éclairage par la connaissance des années trente en Allemagne est habilement réalisé par Laurent Binet, in : Bibliobs, site littéraire de NouvelObs en ligne, 09 et 11 02 2012. Lien : RéMINISCENCES DE NAZISME

        b.  D'abord, une mère hospitalisée car sur le point d'accoucher, pendant que sa fille âgée de quelques années disparaît dans la rue aux regards du père lui-même complètement abasourdi par tout ce qui lui arrive comme malheurs. Mais aussi : une épidémie qui relève d'une campagne de vaccination, et cette campagne de vaccination rendue inapplicable par des mesures administratives d'expulsion ; mais encore :  quatre mille malades qui relèvent de mesures sociales leur permettant d'être soignés (du moins pour 95 % d'entre eux), et voilà que leurs droits ne sont pas des droits réels, car la loi qui les protège s'avère inopérante en raison des complications que comporte sa mise en oeuvre réelle ! Donc, cette loi les laisse dans l'obligation de recourir à Médecins du Monde, "quatore ans après la promulgation de la loi !". Sommes-nous au pays de l'absurde ? Est-ce bien vrai, tout cela ? Il faut lire le blog Activistes 2012, message du 13 03 2012. Lien : ROUGEOLE SOINS RUE.

        Pour conclure un peu philosophiquement (loin de moi l'idée d'épuiser le sujet à ce niveau de profondeur et de réflexion !) retenons seulement :

1/  que la France est malade dans ses mots, ses préoccupations, ses jugements intellectuels, dans lesquels les années trente en Allemagne trouvent des éléments de réminiscence qui exigent des mises en perspective et un questionnement ;

2/  qu'elle est également malade dans sa volonté, car l'accomplissement des devoirs de l'Etat envers certaines personnes qui souffrent (notamment de maladie) ne se fait pas comme il devrait, au moment et avec la détermination nécessaires ;

3/  qu'on peut douter, pour un pays dont l'intellect et la volonté sont à ce point malades, qu'il soit en bonne santé spirituelle. Que l'on comprenne ce terme en référence à une religion ou simplement pour évoquer une certaine profondeur de ce qui se cache à l'intérieur de la pensée et de la volonté humaine, il semblerait en effet que tout n'aille pas pour le mieux au pays de droits de l'homme et de la fraternité. C'est le moins qu'on puisse dire.

Mon cher neveu, il est tard et je te souhaite un sommeil peuplé de rêves intelligents... et bons (pleins de bonté) ! Ton oncle, Estival.

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