27.09.2011
L'Ecole se manifeste. L'ostracisme répond. Signe prémonitoire ?
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1/ Certes, les partis et personnalités de gauche ont soutenu la manifestation des enseignants en grève. Le Point, 27 09 2011. Lien : SOUTIENS DE GAUCHE.
2/ Certes, des professeurs se sont dénudés de leurs vêtements pour défiler, voulant sans doute exprimer de la sorte que l'Ecole de la République est, elle aussi, "dépouillée", attaquée, mise à mal ; et ils adressent à leur autorité de tutelle une liste de griefs. Sauvons l'Ecole Publique, 27 09 2011. Lien : MAIS QUI NE RESPECTE PAS ?
3/ Certes, les chiffres sont parlants ; et puis aussi, le privé s'est uni au public pour "dénoncer la 'dégradation' de l'école" ; un proviseur déclare avoir soutenu aujourd'hui une grève "pour la première fois en trente ans de carrière" ; des écoles privées sont restées sans aucun cours, un fait "sans précédent" (un syndicaliste Fep-CFDT) ; si le budget est adopté, en comptant les suppressions de postes prévues pour la rentrée 2012 cela ferait (voir article, lien ci-après, référence X) 80 000 postes supprimés dans l'Education de 2007 à 2012 ; certes, l'autorité la plus officielle se veut rassurante, confiante...
Mais le plus surprenant dans cette journée, ce pourrait bien être les propos de l'autorité suprême s'adressant à des ouvriers : "Les fonctionnaires ont un travail difficile mais ont un statut qui les protège", par opposition à la situation de ces travailleurs, ouviers, cadres ou autres qui doivent faire face à "la compétition internationale" (lien X ci-dessous vers Libération).
Devons-nous comprendre que lorsque les professeurs ne se plaignent pas pour leur statut, mais pour leur métier ; lorsqu'ils ne revendiquent pas pour leur salaire (énorme, c'est connu!) mais pour l'Ecole mise à mal, déconstruite, appauvrie, malmenée, privée de dizaines de milliers de personnes compétentes, mutilée dans ses RASED..., ils manquent de modération, ils devraient faire moins de bruit, ils sont privilégiés par rapport à ceux qui affrontent "la compétition internationale" ?
Devons-nous comprendre que les professeurs qui défendent l'intérêt des élèves, des enfants, de l'avenir de la France, de sa richesse intellectuelle de demain, de sa capacité innovante et créatrice et donc industrielle, économique, commerciale de demain, devons-nous comprendre qu'ils n'ont rien compris, qu'ils feraient mieux de regarder ce qui se passe ailleurs qu'à l'école, qu'ils feraient mieux de ne pas avoir le verbe haut : parce qu'ils ont un statut de fonctionnaires ?
Devons-nous comprendre que l'autorité suprême n'a pas perçu qu'en ce 27 septembre, des professeurs NON FONCTIONNAIRES ont manifesté solidairement avec leurs collègues fonctionnaires POUR LES ENFANTS, POUR L'ECOLE, ET POUR L'AVENIR DE NOTRE PAYS ?
Devons-nous comprendre que les questions éducatives, et tout ce qui s'y adjoint pour notre avenir, comptent moins, ont moins de valeur qu'une certaine nouvelle divinité, une sorte de nouvelle religion, un nouveau lien idéologique fondateur d'une nouvelle société : la désignation de boucs émissaires ? Prendre les professeurs pour des fonctionnaires, c'est à la fois vrai et faux ! Prendre une manifestation de défense de l'Ecole pour une manifestation corporatrice, c'est un contresens. Attirer l'attention d'un auditoire ouvrier sur le fait que les professeurs qui manifestent sont des fonctionnaires, c'est prendre une part de la vérité pour plus que ce qu'elle représente (surtout en ce qui concerne les PROFESSEURS NON FONCTIONNAIRES QUI SE BATTENT comme leurs collègues fonctionnaires POUR LA PROFESSION ET POUR L'ENSEIGNEMENT SANS SE RAPPORTER A UN QUELCONQUE STATUT)...
Une fois encore, même si les mots du Pouvoir sont ce qu'ils sont, parfaits ou imparfaits, ce qui restera profondément dans l'opinion des futurs électeurs, et de la population tout simplement, c'est l'émotion : une émotion qui prend les professeurs pour des fonctionnaires, une émotion qui oublie la gravité des accusations portées par lesdits professeurs, et leurs soutiens, contre une politique nâvrante de l'Ecole !
4/ Et puis c'est si commode de discrètement encourager les gens à regarder une partie de la population comme "différente". Aux uns, on conseillerait presque de s'estimer heureux puisqu'ils sont fonctionnaires, même si le sort réservé aux élèves les scandalise et détruit leur beau métier de professeurs ! Aux autres, on conseille vivement de déguerpir, mieux même on les y force manu militari, mais ce sont, (pire faute peut-être que d'être des "fonctionnaires"), des... Roms !
SOURCES :
X. Pour l'Education et les déclarations sur les "fonctionnaires", voir Libération 27 09 2011. Lien : STATUT FONCTIONNAIRES.
Y. Pour l'évacuation à Marseille, ce jour, d'un camp de deux cents "personnes, dont beaucoup d'enfants en bas âge", lire la première communication (d'autres sont annoncées sur le sujet, qui est à suivre) dans La Provence.com, 27 09 2011. Lien : ROMS EST-CE UN STATUT ?
Sur le devant de la scène, la pièce se joue en termes de revendications fondamentales en faveur des plus belles richesses de la République : l'esprit et l'éducation. Les revendications sont syndicales, défendent un métier, et s'inscrivent en faux contre une politique.
Au fond de la scène, comme un accompagnement musical (donc à visée émotive), se joue une partie de désignation de boucs émissaires. Les fonctionnaires, pas la peine d'en parler et surtout pas la peine qu'ils parlent, et les Roms, n'en parlons pas : ainsi, mine de rien, se met en place une nouvelle France et se prépare une consolidation des erreurs aujourd'hui dénoncées, une poursuite aggravée peut-être des dégâts déjà trop désolants. Comme pour dire aux français solidaires et indignés : nous ne vous avons pas compris ! Y'a rien à voir, vous pouvez déguerpir !
Vive le Conseil National de la Résistance, vive Stéphane Hessel, et l'intelligence, et la fraternité !
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22:51 Publié dans plateforme infos, réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bouc émissaire, dépouillés, école, école privée, fonctionnaires, ostracisme, roms




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