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22/09/2015

Langage, prière et agacement

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        Correctionnelle pour Marine Le Pen à propos de l'affaire des "prières de rue". Voir Le Monde 22 09 2015. Lien : Correctionnelle.

 

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Haine, prière, rue : triangle fatal ?

 

 

        1/ La haine habite à l'intérieur d'une personne : cette haine-là reste discrète, et nul ne peut la voir.

 

        2/ La haine s'exprime dans un cadre intime : elle peut faire d'importants dégâts psychologiques et causer même la mort physique d'un membre de la famille.

 

        3/ La haine se répand en propos, gestes, mauvais exemples aux yeux du public, à toute heure, en toute occasion. Cette haine vécue publiquement affecte de nombreuses personnes à son contact. D'autres personnes sont immunisées. Les dégâts, importants, restent toutefois contenus à l'intérieur de certaines limites.

 

        4/ La haine prend le pouvoir, occupe le terrain tout aussi bien dans les esprits que dans l'espace public, la rue, les médias. La haine est jusque dans la rue. Et ailleurs, hélas : les cœurs... Si les choses empirent, elle se double d'un régime politique dictatorial. La liberté et la dignité humaine de chaque personne sont détruites ! Horreur ! 

 

 

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Ce qui est vrai de la haine

peut-il l'être aussi de la prière ?

 

 

        1/ A la haine intérieure peut faire face  la prière intérieure.

        2/ A la haine en milieu intime, la prière en milieu intime.

        3/ A la haine communicative, la prière communicative.

        4/ A la haine "de" rue, la prière "de" rue, qui sait ?

 

        1/ La prière intérieure se déroule dans le secret, entre Dieu et la personne qui prie.

        2/ La prière en milieu intime, également appelée "prière en famille", se borne au cadre familial. Selon l'opinion que l'on se fait de la religion, on pourra conclure qu'elle fait un certain bien, ou un certain mal.

        3/ La prière communicative a pu être observée dans certains pays, dans lesquels les gens pouvaient pratiquer leur religion et, s'ils le souhaitaient, écrire des œuvres musicales, bâtir des églises, des temples, des mosquées. La peinture, la sculpture qui sont parvenues jusqu'à nous depuis ces époques plutôt récentes ou bien anciennes, voire antiques, attirent encore des millions de visiteurs en divers pays actuellement. Même si ces chefs-d’œuvre parlent moins directement aujourd'hui à la sensibilité de nos contemporains, il n'en demeure pas moins vrai qu'au moment où ils furent créés on pouvait considérer que, sous leur influence, les croyants s'élevaient vers Dieu tels des anges munis de deux ailes : prière d'un côté, beauté de l'autre. Pourquoi pas ? Ne communique-t-on pas beaucoup, même à l'époque présente ? Pour partager la beauté, la prière, ou plus probablement d'autres choses ?

 

        4/ La "prière de rue" occupe l'espace public. Madame Le Pen en a fait l'éclatante découverte, dont elle a eu la gentillesse de nous faire profiter. Normal, non ? Mais on fera remarquer que la formule est maladroite, et pourrait sous-entendre que les croyants viennent nous déranger, nous agresser et nous priver de liberté jusque dans nos rues, les nôtres. Quand on oublie de dire qu'il y a des "personnes" qui prient dans la rue faute de place dans leurs sanctuaires, on met au premier plan le mot "rue", on supprime la notion de "personnes",  et on efface la réalité qui est pourtant éclatante : des personnes, oui : des personnes sont en train de prier. Et c'est ainsi que notre regard intérieur laisse dans l'ombre le côté humain de la chose et se focalise sur la pensée de la "rue", et en définitive ce mot "rue" se met à conquérir, et à occuper le terrain disponible dans nos cerveaux, ainsi que dans nos agacements, dans nos peurs, toutes choses qui voisinent en nous avec le ressentiment, lui-même contigu de la violence et de la haine. 

        Si la formule ("de rue") est maladroite, l'est-elle par l'effet d'une simple maladresse ? On croit pourtant deviner, comme si c'était écrit en ombres chinoises, comment les "maladresses" et autres façons de tordre le langage peuvent (sûrement de façon inconsciente, n'est-ce pas, rassurez-moi !) conduire de l'information à la haine, et plus particulièrement à la haine des rues et de leurs occupants. Non, pardon : "occupants" ! 

 

        Ne l'oublions jamais : les mots sont des acteurs qui jouent sur scène deux rôles à la fois. Leur premier rôle consiste à transmettre des réalités : par exemple, des "prières de rue" qui, au sens strict des mots, sont des prières faites dans la rue : ce sens-là est géographique, matériel, étranger à toute sensibilité affective. Le second rôle des mêmes mots consiste à solliciter précisément notre affectivité, nos émotions. Comme on pourrait le faire sur une photo, grâce à un savant usage de l'ombre et de la lumière, du cadrage, de l'ambiance, on peut utiliser les mots pour nous réjouir, nous réconforter, nous inquiéter, nous énerver, etc. Nous venons d'en voir un exemple, mais il s'est certainement produit tout à fait innocemment, de façon inconsciente, n'est-ce pas, rassurez-moi !

 

 

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        Sur ce même sujet, on pourra revenir à notre message "Prier dans la rue, est-ce forcément faire des prières dans la rue ?"  in France résiste, 07 07 2013. Lien (lien interne au blog, ne pas fermer autrement qu'en revenant à la page précédente) : prières de rue.

 

 

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13/09/2015

Bon Pasteur, Infiltrés et droitisation extrême

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         Dans un collège, on voyait le salut nazi et on entendait des mots redoutables, à Bordeaux, en France !

 

        A.  Aux dernières nouvelles, la Justice donne une réponse qui plaira aux "Infiltrés" dans l'affaire dite de l'Institut du Bon Pasteur de Bordeaux. Voir La Croix, 10 09 15 . Lien : Bon Pasteur en question.

        B.  Nous avons déjà dans ce blog abordé le sujet. Voir le message du 14 06 2011 pour une vue d'ensemble édifiante. Éducation plus ou moins catholique intégriste, salut nazi, adolescents aux propos violents et extrêmes... Lien (lien interne, à refermer par retour à la page page précédente) : Quelles forces s'en prennent à la France ? 

       

      Dans le déluge d'informations qui s'abat sur nous chaque jour, il faut essayer de distinguer l'orientation des faits, l'évolution politique nationale et internationale. Lentement, juste derrière les feux de l'actualité la plus immédiate, des lendemains se préparent pour la France et pour l'Europe, et bien au-delà... On pourra dans ce blog grâce à l'onglet de recherche se renseigner sur les plus ou moins amis Poutine, Juppé, Marine du Front national, mais aussi sur : Russie, Chine, Mistral, Sarkozy, le rêve de Poutine (si vous lancez la recherche avec les mots le rêve de Poutine, allez plus particulièrement au deuxième message en descendant dans la page) etc...  

       

 

       

03/07/2015

L'Autre, ce trésor

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       Remarque, ce vendredi 3 juillet à 8h58,

sur le message ci-dessous qui date du 30 mai

 

       Ce message, "L'Autre, ce trésor", est bien dans la sensibilité de ce blog : nous pouvons être fiers de celles et ceux qui font acte de profonde résistance par la générosité solidaire, fraternelle, universelle et par l'usage de la culture, de l'intelligence, de la politique au sens le plus noble du terme.Dans ce sens, c'est un bonheur de vivre dans la France de 2015 A tous nos lecteurs, bon courage pour ce vendredi de très, très forte chaleur (dans plusieurs sens du terme, au milieu de crises de toutes sortes!) et que vive la fraîcheur de l'esprit. Bien sincèrement, Estival.

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30 mai 2015

 

L'Autre, ce trésor

 

        La diversité ne doit pas nous effrayer. Même lorsqu'elle prend visage humain. Surtout lorsqu'elle prend visage humain.

 

 

 

        A. L'UNESCO et le trésor de la diversité culturelle.

- Enrichir les compétences,

- disposer d'un moyen de lutte contre le repli identitaire,

- découvrir de nouvelles façons de gouverner (de nouvelles "gouvernances"),

- équilibrer toujours mieux le commerce mondial des biens culturels,

- équilibrer et encourager l'activité de création culturelle dans le monde,

- observer, pour mieux en tenir compte, les effets de la mondialisation,

- sauver et promouvoir les langues et le multilinguisme,

- rendre l'éducation plus "pertinente" : 

tout cela fait partie des recommandations contenues dans le Rapport mondial de l'UNESCO, qui invite à investir dans la diversité culturelle et dans le dialogue interculturel. Voir le communiqué de presse de l'UNESCO du 20 10 2009. Lien : UNESCO diversité culturelle.

 

 

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        B. L'ALLIANCE MONDIALE DES CIVILISATIONS et la diversité culturelle

Les 28 et 29 mai 2015 s'est tenu à Rio de Janeiro le forum de l'Alliance mondiale des civilisations. Pour Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO, la diversité culturelle est à la fois richesse de l'humanité et clé pour l'avenir. Le Rapport de 2009 présenté ci-dessus (A.) est d'une brûlante actualité aujourd'hui encore. Voir site de l'UNESCO, service de presse, 28 05 2015. Lien : Alliance mondiale des civilisations Diversité culturelle

 

 

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        C. CIMADE en fête pour les réfugiés

La Fête du Partage et du vivre ensemble est, cette année, à la Cimade, consacrée à la 15ème Journée Mondiale du Réfugié. Date : le 30 mai 2015. Fête, parole, amitié donnent ici comme en écho une réponse vivante et conviviale aux plus grandes institutions et aux déclarations les plus estimables. Or, même si le cadre et les acteurs ne sont pas identiques, de l'UNESCO à la fête en France on retrouve le même élan au service d'une même vérité humaine, faite d'amour et de solidarité. Voir le site de la Cimade, 06 05 2015. Lien : Fête Cimade Réfugié diversité culturelle.  

 

 

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        D. Militants des droits de l'homme gardés à vue.

Des militants des droits de l'homme ont défendu les droits de l'homme et se sont retrouvés gardés à vue. Ils ont ensuite été "assignés devant le tribunal correctionnel pour violence envers la force publique". Les militants en question n'avaient pas supporté, semble-t-il, que soient fermées les portes d'une mairie dans laquelle souhaitaient entrer, pour s'abriter du froid, des êtres humains chassés de leurs abris de fortune et exposés aux intempéries, même s'ils étaient, pour un certain nombre d'entre eux, des mamans avec leurs enfants, leurs bébés, en hiver semble-t-il encore une fois, si l'on en croit cette histoire apparemment (encore!) incroyable. Mais le mieux serait sans doute de lire ce qu'en dit la Cimade, sur le site de la Cimade, 26 05 2015. Lien : Roms Cimade Droits de l'homme Froid glacial.

 

 

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        Nous sommes, ces temps-ci, gâtés en matière de témoignages remarquables, par exemple à la télévision, sur les conduites héroïques des Français dans la Résistance contre l'occupant nazi. 

 

        Bien sûr, l'époque est différente, bien sûr la France n'est pas sous occupation. Les témoignages du passé ne cherchent ni à nous faire aimer davantage le présent, ni à nous en détourner. Ils témoignent ! Et cela, sans ajouter rien d'autre, est immense. Et ils éveillent certes notre vigilance.

        Soyons simplement attentifs, dans un contexte différent, et toutes choses égales par ailleurs, à ne pas nous abandonner à l'idée que seul le passé serait digne d'éloges, que seules les périodes devenues historiques mériteraient notre admiration. Car de belles choses sont à dire aujourd'hui aussi lorsqu'on prend en considération tout ce qui se fait de splendide aussi bien à l'échelle la plus modeste de la vie citoyenne qu'à celle des instances mondiales pour que vive la diversité culturelle, source de bonheur, de paix, de dignité humaine. Refuser de considérer les gens comme des choses, accueillir l'Autre, c'est déjà aller très loin dans la résistance à la haine, à l'inhumanité et au racisme.

        La France de l'amour fraternel et solidaire est là, elle vit, elle accueille et fait la fête, elle parle, elle chante, elle cherche à connaître et à comprendre, elle est France qui résiste. 

 

 

 

02/05/2015

SOS latin grec allemand

        S'il est un domaine qui permet tout à la fois d'augmenter la compétitivité de la France, de préparer la fraternité et la paix entre les peuples, de construire l'Europe et le monde, de donner aux jeunes de notre pays toutes leurs chances pour devenir compétents, trouver un emploi, se construire eux-mêmes et construire la société, c'est bien celui de l'enseignement des langues.

        L'allemand est ici concerné au premier chef pour de nombreuses raisons. La pétition signée et lancée par des associations qui veulent tirer le signal d'alarme avant la "disparition" de ce à quoi elles tiennent plus que tout figure sur un site de pétitions dont lien ici : SOS enseignement de l'allemand

 

        Le latin et le grec sont apparemment plus éloignés de la rentabilité et de la lutte pour le succès économique et commercial. Apparemment. Car on peut facilement se laisser convaincre à la lecture de la pétition lancée par ADEAF en cliquant sur le lien suivant : SOS enseignement du latin et du grec

 

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        Une remarque plus personnelle.

        Il n'est pas idiot, il est même fort louable que nos gouvernants aient pour ambition de faire connaître et aimer le latin, le grec et l'allemand au plus grand nombre de jeunes français. Cela va dans le sens d'une meilleure estime de soi, et des trésors que de jeunes esprits peuvent découvrir avec ravissement. Cela devrait en principe rapprocher tous les élèves les uns des autres. 

       On peut amener les jeunes gens en haute montagne et leur faire apercevoir les difficultés du métier de guide. Ils auront certes l'esprit plus ouvert. Mais pourrait-on leur confier la responsabilité d'une cordée ?

        On peut présenter aux élèves un aperçu de la médecine, et la richesse des disciplines qu'elle comporte, des gestes médicaux qu'elle implique, de la formation lente, durable, prolongée et de haut niveau dont on ne peut pas faire l'économie si l'on veut devenir compétent. Sinon, on deviendra tout simplement un danger public.

        L'allemand, le latin, le grec, mais aussi le russe, l'arabe, le mandarin, le chinois cantonais, l'espagnol, le turc et les civilisations associées à ces langues : autant de paysages que l'on peut, que l'on doit contempler pour mieux comprendre les peuples, pour améliorer la qualité des contacts et des échanges : certes ! Mais pour que ces disciplines puissent à la fois nourrir l'esprit à la mesure des richesses qu'elles nous offrent, et pour que nous puissions en faire un usage adapté aux exigences de la vie, il convient, il importe absolument que certains parmi nous mettent le prix en temps, en patience, en nombre de centaines d'heures de travail, de milliers même ! Sinon, d'une façon ou d'une autre, il pourrait nous en coûter très cher.

        Si l'égalitarisme n'existait pas, il faudrait l'inventer. Non pas comme une réalité tyrannique, mais plutôt comme une bonne et belle étoile qui peut guider notre aventure sur l'océan de l'éducation.

        Si l'élitisme n'existait pas, il faudrait l'inventer. Non pas comme une dictature qui brime, méprise et divise les personnes entre elles, mais plutôt comme un moyen par lequel chacun travaille à la mesure des exigences du réel : exigences manuelles, intellectuelles, ou autres. 

        Si les cris d'alarme lancés aujourd'hui par les professionnels ne sont pas entendus, nous serons demain dans une situation dont nous mordrons les fruits amers et dont nous ne pourrons plus nous retirer : on ne fait pas machine arrière quand on a perdu certaines richesses, certaines compétences et capacités à l'échelon de tout un pays !

        Alors ?

        La connaissance et l'amour dans la fraternité et l'égalité, c'est OUI.

        Mais le travail intenses, pendant des centaines, voire des milliers d'heures pour maîtriser très tôt l'apprentissage (jamais terminé) des langues (au pluriel !), même si cet effort n'est fait que par certains pour le plus grand bonheur de tous, c'est également OUI.

        Après la crise, avec un budget divinement généreux, l’Éducation nationale s'offrira le plaisir de réussir tout, mais oui vraiment : tout en même temps. D'ici là, ne précipitons pas la manœuvre en nous plaçant tous d'un seul côté du navire, ce qui le déséquilibrerait et le ferait couler à pic !  

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26/04/2015

L'islam, les doctrines et l'histoire

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« Histoire de l’islam Fondements et doctrines».

 

MERVIN Sabrina.

Collection Champs histoire,

Flammarion nouvelle édition 2010.

ISBN : 978-2-0812-2054-6  

 

 

 

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Impressions après lecture

 

 

        Ce livre est aussi riche, aussi condensé, aussi étourdissant qu’un grand dictionnaire placé sous le signe de l’érudition. Et parce qu’il n’est pas démesurément long, on ne peut pas poursuivre sans fin les perspectives ouvertes : c’est heureux dans la mesure où une vie n’y suffirait pas ! On est donc renvoyé à d’autres ouvrages si l’on souhaite approfondir telle époque de l’histoire, ou se familiariser avec une école de pensée, une théologie, un aspect de la religion musulmane.

 

        Qu’est-ce donc que ce livre, qui donne tout à la fois le goût d’apprendre davantage l’histoire et celui d’étudier la religion musulmane en tant que religion ? Serait-ce un mauvais livre d’histoire, ou bien un trop modeste traité de religion ?

 

        Ni l’un, ni l’autre. Sabrina Mervin place sa quête sur la ligne de crête, entre les deux versants que sont l’histoire et la religion. Elle perce du regard les profondeurs et la foisonnante richesse de l’une comme de l’autre. Mais elle garde assez de hauteur pour ne pas se laisser entraîner à un examen détaillé, car elle préfère rendre compte de cette autre réalité, trop peu souvent abordée nous semble-t-il : le mouvement de la pensée, le mouvement des faits historiques, leur nombre (impressionnant), leur sens, et le jeu sans cesse renouvelé de leurs rapprochements et de leurs éloignements.

 

        Même si l’on préfère découvrir la religion, ou l’histoire, d’une manière approfondie, il est recommandable de profiter tout d’abord de ce regard plus global : on évitera de la sorte de se trouver perdu au fond d’une vallée de la pensée théologique ou historique et de s’apercevoir qu’on avait, au départ, oublié de prendre un plan de l’ensemble du massif montagneux !

 

        L’étonnante continuité qui se dégage d’un passé multiple pour venir habiter la période présente, la nôtre, surprend le lecteur ainsi émerveillé, une fois encore, à la lecture de cet ouvrage.

 

        Après une première lecture, on souhaitera peut-être revenir sur le contenu de ce livre : à propos de tel sujet ou telle période, ou au détour d’un nom propre, voire d’une idée : qu’à cela ne tienne, les deux index ainsi que la chronologie et la bibliographie offrent des outils précis et précieux à la curiosité et à l’exigence du lecteur le plus passionné comme de celui qui, modestement, aimera revenir dans ce beau jardin de la connaissance.

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11/04/2015

Intelligence ou bête violente : que sommes-nous ?

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A.  Hospitalisée à Toulouse, elle avait été agressée à cause d'un vêtement qui cachait ses cheveux.

        L'agresseur aurait-il éprouvé, à la vue de l'article vestimentaire en question, une avalanche d'émotions furibondes qui l'auraient secoué intérieurement au point de l'amener à se conduire de façon violente ? Deux questions se trouvent donc posées :

 

Question numéro 1.

        Comment un être humain, l'un de nous, peut-il en arriver à de tels actes, comment se fait-il qu'il perçoive la réalité et l'éprouve en lui-même d'une façon telle qu'il se transforme, souffre, et fasse souffrir ? A cette question, la réponse ne semble pas vraiment s'étaler sur la voie publique. Un certain silence règne, alors qu'il nous semble que le sujet mérite une attention non seulement sérieuse, mais également immédiate, de toute urgence !

        Peut-on suggérer une explication simple ? Nous soulignerons donc ceci : d'une part, la perception d'une pièce de tissu n'est pas reçue par nous de la même façon si nous l'associons à la protection contre la chaleur du soleil ; ou si elle nous rappelle le temps où la France encore pas mal chrétienne revêtait ses "bonnes sœurs" de voiles divers et variés, dont par exemple la célèbre cornette des sœurs de la charité ; mais nous pouvons aussi associer le voile d'aujourd'hui à la pratique et à la présence d'une autre religion, elle-même assimilée de façon hâtive à un certain nombre de pays et à certaines choses qui nous déplaisent, ou nous dérangent, ou nous inquiètent à tort ou à raison. Or, on objectera que quel que soit le cas, la vue d'un peu de tissu ne peut pas, ne devrait pas raisonnablement conduire à des actes violents.

        Et c'est ici qu'intervient le deuxième facteur : la violence existe en nous avant même que le prétexte de son déclenchement ne nous soit fourni. Nous sommes par nature capables d'amour, d'émerveillement, de délicatesse, de souffrance, de compassion, et de bien d'autres choses encore parmi lesquelles la violence. La violence fait partie de ce dont nous sommes capables pour nous défendre, au même titre que l'appétit nous invite à nous nourrir ou que l'instinct de conservation nous évite la mort. C'est simple, et cela ne nous oblige pas forcément à être violents. Mais cela signifie que la violence qui nous habite, véritable force comparable à celle d'un fleuve, est régie par quelques lois. Le fleuve suit le cours qui lui est imposé par le relief. De même la violence qui sort de nous prend telle ou telle direction, selon les circonstances qui nous entourent, ou nous façonnent de l'intérieur. Et c'est ainsi que nous prenons avec force et détermination, dans notre activité, la direction du sport, ou de l'étude intellectuelle acharnée et passionnée, ou encore de l'ambition, de la création artistique, entre bien d'autres choses. Dis-moi à quoi tu "tournes" la violence saine et humaine qui t'habite, et je te dirai qui tu es.

        Dans certains cas, à certains moments de notre vie, notre violence saine et naturelle est sollicitée de façon plus combative, plus instinctive et irraisonnée, plus destructrice... Par exemple à la vue d'un ennemi qui va nous tuer,  ou à la vue d'un objet qui, pour notre vécu intérieur, représente quelque chose d'insupportable. 

        On pourrait donc envisager de mieux prendre conscience de cette présence en nous d'une certaine bonne violence, force saine, naturelle et utile. On pourrait donc aussi apprendre à se méfier des idées, ou des souvenirs, ou des images qui nous amènent à ressentir le réel d'une façon trop douloureuse, si bien que la violence s'éveille alors en nous et nous conseille mal.

        Connaître l'autre, les autres, réfléchir, méditer, prendre du temps pour accueillir en soi la diversité du réel et pour prendre du recul par rapport à ses propres instincts violents, voilà qui aiderait peut-être les uns à ne pas céder à l'impulsion d'un moment, et les autres à ne pas construire de façon délibérée des guerres fondées sur la bêtise, l'ignorance, le non-respect systématique de l'autre. Et cela vaut pour toutes les doctrines, toutes les chapelles, aussi bien celles qui haïssent l'étranger que celles qui haïssent les musées et les statues de l'Antiquité...

 

Question numéro  2. 

        Peut-on tolérer ce genre de comportement ?

        Cette fois, la réponse n'est pas bien loin, elle est même sous nos yeux, elle vient du ministre de l'intérieur lui-même.

On lira avec intérêt Le Monde, 27 03 2015. Lien : vêtement et intolérance.

 

 

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       B.  Pour Aurélie Filippetti, alors ministre de la culture et de la communication, c'est en se cultivant et en exerçant son intelligence que l'on combat au mieux les mauvaises idées d'une certaine droite extrême. Elle invoquait à ce sujet Albert Camus, dans une tribune de l'année 2013 que l'on trouvera sur le site de Libération (voir le lien ci-dessous). Et l'on voit comment se rejoignent un écrivain d'hier (ou d'avant-hier ?) et nos préoccupations, nos problèmes de ce début 2015.

        Il est urgent, en effet, de continuer à bâtir la France, pays de culture et de pensée, de finesse et d'éducation, aussi bien dans la société en général que dans le cadre de l’Éducation nationale dont il sera question ci-après. On ne prépare pas l'avenir en détruisant des dizaines de milliers d'emplois d'enseignants (précédent quinquennat). On le prépare en appliquant et en continuant d'appliquer le programme socialiste annoncé, notamment pour l’Éducation nationale, source d'intelligence et de tolérance pour aujourd'hui et pour demain...

Lire : Libération, 01 12 2013. Lien : Filippetti culture Front national

 

 

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        C.  "L'abandon progressif du latin et du grec" dure déjà depuis des décennies, mais est-ce une raison pour continuer de suivre cette mauvaise pente ? L'auteur de l'article auquel nous renvoyons le lecteur par le lien ci-dessous est passionné par ces deux langues, et il montre à quel point leur étude contribue à former l'esprit et à le rendre cultivé.

        Nous remarquerons par ailleurs que son propos revêt un caractère particulièrement pertinent en ce début de 2015 où des barbares, vrais et actuels, détruisent systématiquement et sauvagement des trésors archéologiques et historiques d'une valeur inestimable pour notre identité et pour les origines de notre civilisation.

        Devant les horreurs perpétrées par Daech, on hésitera peut-être à déclarer que l'étude des langues anciennes est d'une brûlante actualité... Et si la vérité se trouvait être le contraire ? Et si la cible de ces destructions écœurantes était non seulement les statues, les objets matériels hérités du passé, mais aussi, voire même davantage, notre pensée, notre esprit ? N'est-il pas grand, noble et courageux de cultiver l'histoire, la pensée, la vivacité de l'esprit et l'élargissement des connaissances ? Ce courage-là est, en vérité, aussi beau et réconfortant que le spectacle de la barbarie est laid et décourageant. L'intelligence, la culture sont à la fois notre avenir et la sauvegarde de notre passé. Ce sont des armes redoutables, que les imbéciles redoutent, et cherchent à supprimer. Voir le site Focus Campus, 04 04 2015. Lien : latin et grec pour l'intelligence

 

 

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L'homme est un animal curieux.

Il est barbare et fou furieux.

Il est cependant merveilleux,

Accueillant, doux, ami des dieux. 

Pour arrêter les flots barbares

Nous invitons l'esprit, et l'art.

 

 

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20/03/2015

Haine et violence de basse espèce !

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        Les djihadistes de la plus basse espèce font assaut de violences, de crimes, de prétention et de haine. Ils veulent régner par les armes, par le pouvoir. Ils veulent régner sur les territoires, sur les êtres vivants, sur les esprits, sur les cœurs, sur le présent et l'avenir, sur la passé lui-même !

        Les affreux qui osent s'en prendre aux musées les plus précieux pour l'esprit et la civilisation s'attirent le mépris et l'indignation de la part des gens ainsi que des institutions civilisées.

        La haine la plus bête, la plus aveugle ne date pas d'aujourd'hui. Et si les armes sont et doivent être mises à contribution contre ses débordements et ses prétentions, n'oublions pas que l'antidote le plus radical, le plus subtil, le plus fatal à la haine, c'est l'intelligence : et ses alliés se nomment culture, histoire, mémoire, droit universel, connaissances, science, élévation de l'esprit et du cœur, éducation.

       

 

        A.  Les djihadistes épris de califat ont attaqué l'Assyrie, la civilisation babylonienne, le passé de notre civilisation, notre mémoire, notre identité humaine, le trésor même que nous espérons léguer à nos enfants. Il s'agit donc bien, de la part de ces acteurs d'infamie, d'une véritable "soif de destruction", comme on s'en rendra compte en lisant Alexandre Bogaert in Le Monde, 26 02 2015 et 12 03 2015. Lien : Destruction musée Mossoul

 

        B.  Les réactions indignées n'ont pas tardé : Unesco, Ligue arabe, autorité musulmane égyptienne, musée du Louvre, François Hollande, Manuel Valls, François Bayrou, Jack Lang : et l'on pourrait sans aucun doute, nous semble-t-il, glaner à travers les pays du monde des dizaines, des centaines de voix qui s'expriment ou se sont déjà fait entendre pour abonder dans le même sens. Non seulement le monde se mobilise militairement, mais encore il manifeste la vigueur de l'esprit et de la civilisation, l'émotion et la détermination ! Lire Le Parisien, 27 02 2015. Lien : INDIGNATION CONTRE DAECH

 

        C.  Et nous voilà de retour en Europe, en 1933, dans l'Allemagne où Hitler vient, il y a quelques mois tout juste, de conquérir le pouvoir. Que voit-on ? Vingt mille livres sont brûlés à Berlin, sans compter ceux qui le sont ailleurs en Allemagne. La haine de la culture fera bientôt fuir à l'étranger d'éminents artistes, écrivains, penseurs, savants... Belle leçon à méditer si nous voulons essayer de prendre la mesure des événements de 2015, non ? Bel exemple de ce que peut donner de lui-même l'animal humain, d'un siècle à l'autre, d'un continent à d'autres, d'une prétendue théorie politique à une autre ! Mais cela n'éveille-t-il pas en nous un désir renouvelé d'intelligence, de culture, ces armes tant redoutées par les régimes atroces dont l'espèce humaine se montre hélas capable ? Il est bon et éminemment utile de lire ! On peut commencer par l'article de Fabrice Grenard, in Jalons, un site de l'INA. Lien : Autodafés nazis.

 

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        D.  En France, en 2015, le salut nazi et d'autres signes inquiétants sont apparus dans la population, y compris chez le collégiens, oui, au collège ! On peut, quand on est professeur, se trouver confronté à des indices désarmants de dégradation des esprits... On peut aussi essayer d'en faire bon usage par la réflexion, la concertation et l'action éducative. L'éducation dresse sa barrière d'amour et de lumière fasse à l'instinct bestial haineux et face aux ténèbres immondes. Ce n'est pas seulement un professeur, ce sont des foules de françaises et de français qui peuvent résister, qui résistent, dans toutes sortes de situations, de milieux sociaux, de cadres de responsabilité ! Mais à l'école, on peut apprendre, savoir, comprendre : redoutables pouvoirs que ceux de l'esprit face à l'Immonde ! Comme le dit un collégien dans l'article cité ci-dessous : "Sans histoire, on est perdu". Alors, que vivent les historiens ! Lire Matteo Maillard in Le Monde, 19 03 2015. Lien : Histoire contre barbarie

 

 

    Conclusion :

 

Dire bonjour à un ami,

Respecter même un ennemi,

Orner son cœur de belles pierres

Venues des fonds de l'Âge d'Or :

Autant de raisons d'être fiers

De nos pays, de nos trésors,

Autant de preuves qui abondent

Pour venir à bout de l'Immonde.

C'est en riant, c'est en aimant

Que l'on fait partie des vivants, 

La barbarie est bien trop bête : 

A nous de relever la tête !